lundi 8 août 2016

Yovo in Togo (#1) : Arrivée à Lomé

Lundi 1er août 2016

Il est grand temps de commencer ce nouveau journal. Je suis actuellement dans l’avion entre Casablanca et Lomé, et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai déjà pas mal de choses à raconter. Il était donc prévu que je parte de Paris ce soir à 21h30, direction Casablanca, escale d’une heure et ensuite, deuxième avion pour Lomé, arrivée prévue à 5h30 heure locale. Jusque là, rien d’extraordinaire.
C’était tout d’abord sans compter sur le plan Vigipirate, la grève d’Air France et le chassé-croisé du mois d’août qui se sont alliés pour transformer l’aéroport d’Orly en giga-salle d’attente, aire de jeux pour bambins et joyeux bazar haut en couleurs. Après avoir donc patienté trois bonnes heures dans l’aéroport, nous montons finalement à bord de l’avion. On a déjà une bonne heure de retard, heure de retard qui sera finalement doublée puisque la porte de la soute ne se ferme pas, et qu’on ne peut pas partir comme ça. Déjà, ça commençait pas terrible. A Paris, lors de l’enregistrement de mon bagage, on ne m’avait sorti que ma carte d’embarquement Paris-Casablanca, et pas ma seconde carte Casa-Lomé. Sur le coup, ça ne m’a pas plus affolée que ça. J’aurais dû. Bref, on décolle donc de Paris avec deux bonnes heures de retard, je me rends rapidement compte que ma voisine est une grosse relou, mon écran marche une fois sur deux et me coupe les films en plein milieu sans la moindre raison. Du coup, je m’acharne dessus et finis par me faire engueuler par le mec de devant. Ambiance. Rajoutez à ça que je meurs de faim. Le vol dure deux bonnes heures et demi, donc a priori il y a de fortes chances que je rate ma correspondance, mais comme les deux vols sont effectués par Royal Air Maroc, j’ai quand même bon espoir qu’ils nous attendent. De surcroît, beaucoup de passagers de mon vol ont eux aussi la correspondance pour Lomé, donc ça devrait le faire. Par contre, en discutant un peu avec les gens autour de moi (quand on trouve le temps long, c’est encore la meilleure chose à faire), je me rends compte que la plupart ont déjà leur seconde carte d’embarquement. Bizarrement, ça ne m’inquiète pas plus que ça. Ma voisine, après avoir parlé toute seule une demi-heure, m’avoir foutu son journal dans la figure, m’avoir attrapé la cuisse en se plaignant d’un craquement de dos, hurlé « du pain » une demi-douzaine de fois au stewart et renversé sa tasse de thé sur ses genoux, n’a rien trouvé de mieux à faire que de me désigner « porte-boîte de Kleenex ». Passe encore. Par contre, quand elle m’a demandé de lui remplir sa carte d’immigration (alors que moi-même je ne devais pas en remplir, n’étant au Maroc que pour un transit), j’ai prétendu ne pas avoir mes lunettes et ne rien voir (l’excuse de grand-mère, mais ce n’était qu’un demi-mensonge, il était 02h00 du mat’ heure de Paname et j’avais les yeux très fatigués). J’veux bien être gentille, mais faut pas pousser. Fort heureusement, elle s’arrêtait à Casablanca. En descendant de l’avion, je trace, le personnel nous attend « Où allez-vous ? _ Lomé, mais je n’ai pas ma carte d’embarquement. _ Allez au guichet alors. ». Arrivée au guichet, et après avoir attendu que le mec termine avec le premier monsieur, puis un deuxième qui a priori partait deux jours plus tard, je commence à piaffer d’impatience. Son collègue arrive, lui gueule dessus en arabe un truc du style « Mais sors-leur les cartes d’embarquement, ils sont sur le vol de Lomé », sachant que le vol nous attendait déjà depuis plus d’une heure et demi. Je tente un timide « Monsieur, s’il vous plaît, est-ce que je peux avoir ma carte d’embarquement ? ». Le mec s’empare de mon passeport, pianote sur son ordi, rien ne sort et il m’annonce « Vous êtes en stand-by ». Pardon ? Kesako en stand-by ? Derrière moi, trois autres personnes. « Le vol est surbooké, il ne reste que deux places ». PARDON ? Je veux bien passer beaucoup de choses aux compagnies aériennes, je comprends les retards dus aux soucis techniques, je peux excuser les grèves, mais le surbooking, NO WAY. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, c’est une pratique malhonnête qui consiste à vendre plus de places qu’il n’y en a dans l’avion et à annoncer à quatre pauvres passagers dans un terminal pourri à 1h du matin qu’ils vont devoir la jouer à la courte-paille pour savoir qui embarque et qui se tape la nuit d’hôtel avec un vol aux calendes grecques. Contre toute attente, je parviens à garder mon calme, j’explique au monsieur que des personnes viennent me chercher demain à l’aéroport, que je ne peux pas les joindre, qu’elles vont venir pour rien, etc. Je tente les yeux de cocker et l’air gentiment affolé. Bref, on patiente. Tout le monde commence un peu à râler, à s’énerver. Je reste étonnamment calme et polie. Un mec arrive, nous redit qu’il ne reste que deux places, etc. Tout ça dure une bonne vingtaine de minutes, un autre mec finit par arriver, nous dit que le monsieur à ma droite et moi-même partons et que les autres restent. « Suivez-moi, je vous emmène ». Il a nos cartes d’embarquement à la main, je le suis comme son ombre, on passe les contrôles à la va-comme-je-te-pousse, et on finit par arriver à bord de notre avion. C’est alors que je jette un coup d’œil à ma carte d’embarquement, place 3C, PREMIUM. What ? Dans la pagaille générale, et vu qu’il ne restait sans doute plus que ces places-là, j’ai été surclassée. Je voyage donc en business class. J’ouvre un coffre pour tenter d’y ranger mon sac à dos. Plein à craquer, et impossible de le refermer. Tout l’avion assiste à ma lutte acharnée avec le coffre. Je garderai finalement mon sac à mes pieds. Finalement, on indique au monsieur qui a été « sélectionné » pour embarquer qu’il doit aller s’asseoir au fond. On aperçoit le couloir qui revient. Et qui entre dans l’avion ? La Française en boubou qui faisait partie des lépreux dont on ne voulait pas à bord comme moi. Elle prend place devant moi, et le monsieur part au fond. Quinze minutes plus tard, on entend vociférer depuis le fond de l’avion. Finalement le monsieur revient, fort mécontent, car il n’a finalement pas de place. Ca parlemente, ça s’énerve, ça s’emporte. Les stewarts et hôtesses ont l’air de n’en avoir royalement rien à carrer. Finalement, le couloir revient pour la quatrième fois, le monsieur sort (en dépit de ses « je ne descendrai pas »). Mon voisin et moi observons la scène, stupéfaits. Pour une première avec Royal Air Maroc, je suis servie. Bon ceci dit, je vais pas pleurnicher, je suis dans mon avion, avec certes quasi trois heures de retard et j’ai l’impression qu’il fait une halte à Cotonou avant Lomé donc ça va pas arranger les choses, ma valise a probablement disparu au milieu de la Méditerranée, mais je suis en business class, on vient de m’apporter une petite trousse de toilette, j’ai mon postérieur posé sur un coussin fort moelleux et je sirote un jus de pomme et quelques amandes salées. On vient de jeter un coup d’œil au menu, ça n’a pas l’air dégueu ! Même si vu que j’ai déjà mangé dans l’avion entre Paris et Casablanca, et que j’ai l’estomac un peu noué de toutes ces péripéties, je ne suis pas sûre de l’apprécier à sa juste valeur.
On m’avait déjà parlé des multiples difficultés aériennes en Afrique mais j’avoue que je n’étais pas spécialement préparée à ce que ledit bordel commence à Paris.
Je considèrerai comme un miracle absolu le fait d’arriver à Lomé en un seul morceau, et si ma valise est elle aussi au rendez-vous je veux bien me convertir animiste dans la semaine qui suit.

(…) Après donc une deuxième escale à Cotonou mais sans sortir de l’avion, je suis finalement arrivée à Lomé, dans un aéroport tout neuf, dernier cri, inauguré il y a à peine trois mois. Petit contrôle du carnet de vaccinations, contrôle du visa, photo, passage de la douane et me voilà dehors. Pas de tee-shirt vert « Projects Abroad » en vue. J’attends un peu et finis par tenter d’appeler un des numéros de la liste. Ca décroche, mais impossible d’avoir une conversation, ce ne sont que des craquements et ça coupe sans arrêt. Je finis par raccrocher, sans même savoir si mon interlocuteur a compris un traître mot de ce que je lui ai dit. Finalement, je vois arriver Delphine, vêtue du fameux tee-shirt vert, tout sourire. Petite bise, Koffi le chauffeur me serre la main. On discute un peu et on doit attendre une autre volontaire, Tiffanie. Après une bonne vingtaine de minutes d’attente, elle sort elle aussi de l’aéroport. En voiture, les valises sont dans le coffre, Tiffanie et moi à l’arrière, on se rue sur les ceintures de sécurité, heureusement il y en a (ce qui n’était pas le cas en Chine). Koffi prend le volant, dépose Delphine qui doit faire plusieurs petites courses, on poursuit notre route. En une demi-heure de voiture environ, on a déjà un aperçu de Lomé. Quelques routes en macadam mais la plupart ne sont que des chemins de terre battue (rouge, évidemment), où le nid-de-poule laisse la place à son cousin togolais, le nid d’autruche, on est bringuebalées à l’arrière au rythme des coups de klaxon de Koffi qui pourrait rivaliser avec le plus acharné des Parisiens. Tiffanie est une Française qui travaille dans une banque à Londres, et elle va faire ici une mission dans un orphelinat. On la dépose chez elle, et on continue en direction de ma famille d’accueil. On arrive, je fais la connaissance de Aleysha, une Ecossaise qui fait elle aussi une mission droits de l’homme. Je rencontre également la maman de la famille, Louise, dite Loulou et son petit neveu, Prudence qui aide aux tâches ménagères (faire la vaisselle, aller chercher de l’eau, etc.). On discute, elle me sert un thé, du jus d’oranges (pressé !) et du pain avec au choix de la margarine, une sorte de Nutella ou de la Vache qui rit. Mais vu ce que j’ai déjà mangé dans l’avion, je n’ai pas super faim. Elle me montre ensuite ma chambre, pour l’instant je suis à l’intérieur même de la maison, en attendant que le volontaire qui occupe la seconde chambre dans le bâtiment indépendant s’en aille. Ma chambre est plutôt spartiate, mais semble propre. Une fenêtre est équipée de moustiquaires, un lit avec des draps, quelques cintres dans une sorte de penderie, un fil pour faire sécher le linge, une table avec une chaise. Elle me montre les toilettes et la salle de bains. J’en profite pour soulager ma vessie, mise à rude épreuve depuis que l’hôtesse m’a servie une délicieuse tasse de thé à la menthe marocain. Et je décide de prendre « une douche ». Bon alors, la « douche » se résume à un carré dans le sol, un robinet d’où s’écoule une eau jaunâtre, un seau et une petit broc pour se verser l’eau dessus. Je précise que bien évidemment, l’eau est froide, mais pas non plus super froide. Le premier « broc » me saisit un peu, mais on s’habitue vite. Je me sèche, et enfile un autre haut, vu que j’ai transpiré à grosses gouttes dans mon pull de voyage. L’Ecossaise me dit qu’elle a toujours froid ici, j’espère qu’elle n’est pas sérieuse, sinon je m’en vais lui rappeler l’auberge écossaise sans chauffage dans les chambres ni les salles de bains alors qu’il NEIGEAIT dehors. Alors si une Ecossaise me dit qu’elle a froid au Togo, laissez-moi rire. Bref, j’installe un peu mon bazar, prend bien soin de pulvériser du répulsif à moustiques sur tout ce que je peux. On m’a également prêté un casque pour si je suis amenée à prendre le taxi-moto. Vu la circulation à Lomé, ça risque d’être une grande expérience.

Après ça, je discute un peu avec Loulou, elle m’apprend les rudiments du éwé (la langue locale), et on discute un peu de la politique française. Elle en connaît définitivement plus sur la question que moi sur la politique togolaise…
Delphine est revenue, elle est en train de manger je-ne-sais-trop-quoi et Loulou envoie Prudence (le jeune garçon) chercher de l’eau « pour madame ». Il revient avec un plateau et deux sachets en plastique d’eau. Je déconne pas, de l’eau dans des sachets en plastique. Jamais vu ça, mais soit. Ce matin, il est prévu qu’on aille faire quelques courses (change, carte SIM locale, etc.) et cet après-midi c’est activités avec tous les volontaires, cours de djembé et de danse africaine. Tout de suite dans le bain !

(…) Il est 17h30, et je viens de rentrer, complètement claquée de ma journée. Delphine est venue me chercher vers 10h, on est allées chercher Tiffanie en taxi-moto. Pour moi, c’était le baptême du feu. Pour tenter de vous rassurer, sachez que Projects Abroad nous fournit à tous un casque pour les fois où l’on est amenés à prendre le taxi-moto. Donc, je me hisse sur la mobylette, je m’accroche au porte-bagages et c’est parti ! Soyons honnête, c’est sportif. Bon déjà, le trafic est assez dense, des mobylettes de partout, quelques voitures, des gens qui traversent plus ou moins n’importe où (pas vraiment moyen de faire autrement…), quelques animaux qui passent (ânes, chèvres, poules, chiens…). Je tiens à dire que je suis quand même étonnée, la plupart des chauffeurs de taxis-motos ont des casques, malheureusement c’est rarement le cas des passagers. Le code de la route n’existe clairement pas, les compteurs des mobylettes sont de toutes façons cassés donc adieu limitations de vitesse et autres réglementations. Bref, on récupère Tiffanie chez elle, on poursuit un peu à pied et on finit par prendre un taxi voiture. On va chercher des cartes SIM locales pour nos téléphones. Delphine s’occupe de tout pour nous, c’est royal, incroyablement confortable. La jeune femme de TogoCell s’occupe de faire fonctionner le truc, de toutes évidence elle sait ce qu’elle fait car une vingtaine de minutes plus tard, nos portables sont équipés de cartes SIM togolaises et de la 3G, que demander de plus ? On poursuit avec la banque pour faire du change et contre toute attente, c’est beaucoup plus compliqué et surtout incroyablement long. On ressort enfin avec nos billets de francs CFA, Delphine nous arrête trois taxis-motos, négocie la course et zou, direction un restaurant. Clairement, je pense qu’on n’a pas mangé dans le truc le plus miteux de Lomé ni le plus crade. Pour Tiffanie et moi, poulet yassa accompagné de bananes plantain. Vous dire la quantité de bananes plantain que j’ai mangé serait indécent. Toujours est-il que je n’ai pas encore faim… Et mon Dieu, c’était vraiment trop bon. Delphine profite également du repas pour nous expliquer plein de choses sur le Togo et la culture togolaise, c’est hyper intéressant et bien trop court à mon goût, puisque nos plats arrivent. Après le repas, on met le cap sur le grand marché de Lomé. Clairement, je m’étais imaginé pas mal de choses à propos de ce marché. Mais clairement pas ça ! Le marché est immense, IMMENSE, divisé en parties selon ce que l’on y vend. Il y a le coin des légumes et des fruits, puis des épices, puis des vêtements, puis des chaussures (en grande partie des « chinoiseries » comme dit si bien Delphine). On y trouve aussi des tissus pour faire des vêtements, avec de jolis imprimés. Delphine fait d’ailleurs un peu de shopping. Il y a des fruits magnifiques, des avocats à vous donner faim malgré les bananes plantain qui vous ont bien calée (Pierrot, tu serais heureux), des poissons séchés, du bazar, des gens de partout. Ca sent parfois mauvais (le poisson séché…), parfois super bon (on est passés devant des gens qui vendaient un truc sur un petit réchaud qui sentait divinement bon). Plus on avance dans le marché et plus la foule se fait dense, compacte, plus Delphine est obligée de vérifier qu’on arrive à la suivre. On quitte le marché en taxi pour rejoindre le « bureau » comme dit Delphine où nous attend le cours de djembé et de danse africaine. On rencontre le président de Projects Abroad Togo (le monsieur que j’ai appelé ce matin à l’aéroport lorsque je ne voyais pas Delphine, et que malheureusement je n’entendais pas, car le réseau avec ma carte SIM française était trop mauvais). Cours de djembé donc, avec mon sens du rythme c’était pas ça, mais c’était marrant quand même, j’ai aussi tenté les maracas sans beaucoup plus de succès. La danse c’était pas vraiment ça non plus mais c’était marrant, il y avait une bonne ambiance. Ca nous a permis de rencontrer les autres volontaires, on a déjà trouvé des potes avec qui essayer de partir en week-end à Kpalimé. On a bu de l’eau dans des sachets (si, si) et ensuite, complètement claquée, je suis rentrée avec Emmanuel, un des chauffeurs de taxi-moto qui travaille avec Projects Abroad. Sa conduite n’a rien à voir avec celle de ceux que j’ai pu tester jusqu’à présent ! Il conduit doucement, délicatement, contourne les nids d’autruche, passe les quadruples dos d’âne avec douceur, semble connaître le sens du mot « priorité », a ralenti pour éviter d’écraser un môme et a même réussi à contourner un chevreau qui se jetait sous ses roues. Merci Emmanuel ! J’arrive à la maison, je peux enfin retirer mes lentilles, on dîne avec les deux autres volontaires, Aleysha et Toby, et je ne demande pas mon reste pour aller me coucher !


Au terme de cette première journée, je tiens vraiment à remercier du fond du cœur Delphine pour son accueil, pour nous avoir tout fait (on peut dire ça, le change, la carte de téléphone, etc.). Elle nous a permis de passer une merveilleuse première journée à Lomé et c’était vraiment génial.

lundi 4 juillet 2016

Genève en été !

Le charme estival de Genève. 

lundi 2 mai 2016

La belle Andalouse : Séville, J4.

Dimanche 1er mai 2016


C’est notre dernier jour à Séville, et bien entendu c’est aussi un jour férié, en France comme en Espagne. On range nos affaires et on laisse nos bagages dans l’appartement puisque ce sont Yolanda et Jorge qui les récupèreront avant de nous redéposer à l’aéroport dans l’après-midi. On se dirige vers notre petit bar d’hier pour le petit déjeuner, le serveur nous reconnaît, on déjeune de nouveau en terrasse sous le soleil malgré un petit vent qui rafraîchit un peu trop l’atmosphère à mon goût. On marche ensuite jusqu’aux arènes. Evidemment, hors de question pour moi d’assister à une corrida, je suis absolument contre ce genre de pratiques d’un autre âge, cruelles et inutiles. On jette un œil à l’arène mais on ne voit rien de l’extérieur. On remarche ensuite jusqu'à la Plaza d’Espana et on loue une petite barque. Nico s’attelle à la rame car après mes exploits de Slovénie, on ne va pas prendre de risques supplémentaires. Après la barque, on se balade un peu dans le parc et on rentre déjeuner dans le centre-ville dans un petit bar à tapas que l’on avait déjà repéré mais où nous étions arrivés trop tôt la veille (12h30, ils en étaient encore au petit déjeuner…). Là, nous sommes « à l’heure », enfin à l’heure espagnole, et on commande une demi-douzaine de tapas. Je commande, je commande, et le serveur finit par me stopper d'un "mucho", qui signifie globalement, basta ma fille, tu pourras pas tout manger. Effectivement, les portions sont encore plus généreuses que la veille et on a presque du mal à finir, c’est dire ! Mention spéciale pour le salmorejo, sorte de crème de poivrons que nous avions déjà goûtée et particulièrement appréciée. Service sympathique comme partout. Enfin, c’est le moment de prendre le chemin de l’appartement de Yolanda et Jorge pour que ce dernier nous raccompagne à l’aéroport. On a préféré éviter de tester les transports en commun un dimanche et jour férié de surcroît. Jorge nous dépose à l’aéroport, on patiente un bon moment et on embarque. On est actuellement à bord de l’avion pour Paris-Beauvais et vu à quel point cet aéroport est paumé, on n’est pas encore arrivés.

(...) Après une bonne heure et demie de bus, plus vingt minutes de métro qui nous ont fait jurer de ne plus jamais arriver à Beauvais, on est bien rentrés à la maison. Petit choc thermique en sortant de l'avion (on a perdu environ 15°C...) et on garde plein de merveilleux souvenirs de cette ville magnifique qui nous a d'ores et déjà donné envie de découvrir le reste de l'Andalousie. Hasta pronto !

La belle Andalouse : Séville, J3.

Samedi 30 avril 2016

Nuit de nouveau assez agitée toujours à cause des moustiques. On se réveille finalement une heure plus tard que prévue histoire de récupérer un peu. Le soleil a finalement décidé de se lever sur Séville et j’attaque cette journée en short. On part en quête d’un petit déjeuner que l’on prendra sur une terrasse au soleil. Je parlemente avec le serveur, sans carte ni anglais pour m’aider, et je ne suis pas mécontente, même si ma prononciation de « naranja » (orange) est toujours un peu laborieuse. On marche jusqu’à la Casa Pilates, une maison construite toujours dans le style mudéjar, et absolument somptueuse. Visite guidée du premier étage en anglais et flânerie dans les jardins du rez-de-chaussée. Orangers, azulejos et petites fontaines sont une fois de plus au rendez-vous. 

On se dirige ensuite vers un autre quartier de la ville, la Plaza d’Espana et le parc Maria Luisa. On passe par le fameux quartier du Barrio de Santa Cruz, dans les petites ruelles qui font le charme de Séville. On marche un bon moment, le soleil est à son zénith, il fait de plus en plus chaud, un thermomètre affiche 30°C. On arrive enfin à la Plaza d’Espana et je tombe immédiatement amoureuse de cette place, tant elle est parfaite, harmonieuse et mise en valeur par le soleil éclatant. Un bâtiment en arc de cercle, bien dégagé, autour duquel un mini-canal permet à quelques rameurs amateurs de s’adonner à la barque. Le bâtiment date de 1929 seulement et a été construit pour l’Exposition universelle. Il est tout simplement magnifique. On se balade ensuite dans le parc, Nicolas attrape deux oranges qui poussent sur les nombreux orangers de la ville, et on finit par rebrousser chemin direction le centre pour le déjeuner. On arrive au centre sur les coups de 14h45 mais ici, on est parfaitement dans les temps. Comme on en a un peu marre de marcher, qu’on a faim, soif, chaud, on se rabat sur le premier truc que l’on croise, l’attrape-touristes par excellence, attirés par ses petites tables à l’ombre. On limite la casse en choisissant les mini-sandwichs et on s’en tire pas trop mal. On décide de s’accorder un petit dessert et pour cela, on met le cap sur un glacier signalé par le Guide du Routard, Bolas. Evidemment, comme toutes les adresses du Routard, l’endroit est pris d’assaut par les Français, haha. On choisit les parfums typiquement espagnols/andalous vantés par le guide, turron (sorte de nougat espagnol) et Sevilla Mora (mélange de cannelle, de cheveux d’ange et de je ne sais quoi, un DELICE !!!). On déguste ça dans un petit parc et on décide ensuite de s’adonner à cette grande tradition espagnole : la sieste. On rentre à l’appartement pour un petit somme, la chaleur soudaine nous ayant fatigués et la soirée s’annonçant encore chargée. Dodo d’une petite heure. Et on repart, direction la Casa della memoria, pour un spectacle de flamenco traditionnel que j’avais préalablement réservé. On récupère nos billets, on boit un petit verre dans un bar en attendant le début du spectacle et on s’installe. Les artistes arrivent, un guitariste, une chanteuse, un danseur et une danseuse. La chanteuse a un certain âge (environ 50 ans), le guitariste est plus jeune, les danseurs aussi. Le spectacle commence, la femme chante d’une voix incroyable, je ne saisis hélas pas les paroles des chansons mais le ton suffit à transmettre les émotions. Je suppose que les thèmes sont les thèmes classiques du flamenco : l’amour, Dieu, la mort, etc. Les danseurs sont géniaux, l’ambiance est très intimiste et les prestations sont saluées par les « olé » des quelques spectateurs espagnols. En ressortant, on emprunte une petite ruelle pour rejoindre un restaurant que l’on a sélectionné sur le guide. Là on entend une sorte de fanfare dans la rue. Intrigués, on jette un œil. Et on se retrouve derrière une procession, mais genre une procession de MALADE ! La procession où une dizaine d’hommes portent une sorte de statue en argent, couverte de fleurs, d’orfèvrerie et visiblement à la gloire de la Vierge ou d’une quelconque sainte. Le tout est précédé par une douzaine de prêtres, une vingtaine de personnes habillées sur leur 31, une autre dizaine de femmes âgées dont certaines arborent une mantille noire qui tombe jusqu’aux chevilles et les autres la même chose mais en blanc. Le tout est agrémenté de cierges plus gros les uns que les autres. Enfin, une fanfare d’environ 30 musiciens de tous âges ferment la marche. Le tout fait un bon 800 mètres de long. On reste bouche bée. Je savais bien sûr que les processions existaient encore en Espagne, notamment pendant la Semaine sainte (la semaine entre les Rameaux et Pâques), mais on n’est pas du tout pendant ladite semaine, et quand je demande à un Espagnol de quoi il s’agit, il me répond que c’est une procession « normale » qui a lieu semble-t-il toutes les semaines. Véridique. On s’amuse pas mal de la procession, surtout quand on voit la rangée de baskets blanches sous la statue. La dizaine d’hommes qui portent le truc sont relayés tous les environ 300 mètres et portent une sorte de torchon sur la tête pour les protéger du poids. Bref, je ne m’attendais véritablement pas à ça. On arrive enfin au resto. La carte est très variée, extrêmement alléchante, et on commande une demi-douzaine de tapas. Tout est absolument excellent et les portions sont généreuses. Nicolas finit même par commander un véritable plat, un poulpe à la plancha avec des légumes. Délicieux repas en terrasse et on rentre se coucher. 

La belle Andalouse : Séville, J2.

Vendredi 29 avril 2016


Aujourd’hui, c’est notre anniversaire avec Nicolas. Trois ans que nous sommes ensemble. Le réveil a été un peu difficile pour Nicolas qui a passé une partie de la nuit à se battre avec un moustique tandis que je dormais paisiblement. On se lève, on se prépare et direction une jolie pâtisserie que l’on a repérée pour un petit déjeuner. On goûte les tostadas, sorte de pain grillé recouvert d’huile d’olive, et de tomate ou de jambon. Le tout arrosé de jus d’orange, ce qui signifie incontournablement ici une orange pressée. C’est bon, et on mange ça sur une petite terrasse. Malheureusement, il ne fait pas super beau, le ciel est assez couvert et il fait encore un peu frais. On se dirige ensuite vers la cathédrale, pour commencer les choses sérieuses. Quarante minutes d’attente pour pénétrer dans ladite cathédrale. Mais on ne les regrette pas, la cathédrale est incroyable, d’une taille défiant l’imagination. Il paraît que ses constructeurs auraient dit qu’ils souhaitaient construire « une cathédrale si grande que les gens penseraient que nous étions fous ». Effectivement ! On visite entre deux groupes de Chinois et de Français. Une fois de plus, nos compatriotes sont omniprésents. On monte ensuite dans la tour, la Giralda, bonne montée à pied mais ce ne sont pas des escaliers, car ceux qui l’ont construite souhaitaient pouvoir y accéder à cheval. Rien que ça ! Arrivés là-haut, on bataille pour accéder à la vue et prendre quelques photos. Une chose est absolument saisissante lorsque l’on regarde Séville d'en haut : la ville est quasi exclusivement blanche. Le blanc est la couleur archi dominante, alors que si l’on regarde Paris de la sorte, c’est plutôt le gris. On aperçoit au loin les arènes, le palais, etc. On visite ensuite le jardin attenant à la cathédrale, le Jardin des Orangers, absolument ravissant. En ressortant, direction un bar à tapas pour déjeuner. On goûte une sorte de purée de poivrons dont j’aurais pu faire une consommation industrielle ainsi que les traditionnels petits morceaux de jambon ibérique, les olives, etc. En ressortant, direction le Real Alcazar. L’entrée est hors de prix pour Nicolas (9,50 euros !!!) et beaucoup plus raisonnable pour moi (2 euros, tarif étudiant). En revanche, les audio guides sont indistinctement à 5 euros. Non seulement les audio guides sont chers mais en plus les explications ne sont vraiment pas inoubliables, quoi qu’en dise le Guide de Routard. Franchement, vous pouvez garder vos 5 euros. Le palais est magnifique, construit dans un style mudéjar incroyable, les jardins invitent à la détente et à la rêverie à coups de fontaines, azulejos et orangers. En ressortant, on décide de s’acheter un petit goûter, on tente la pâtisserie du matin mais elle est littéralement prise d’assaut, on se rabat sur quelque chose dans notre quartier, on finit à l’appartement avec trois grosses pâtisseries/viennoiseries. Elles sont bonnes, mais j’ai quand même une grosse préférence pour nos viennoiseries françaises. Après ça, Nico ayant repéré un restaurant dans le guide, on part dîner. Je mets exceptionnellement des talons, histoire de dire de ne pas y aller en Converses. En arrivant, le resto est archi bondé, on est sur liste d’attente. J’avoue que je supporte de moins en moins de devoir patienter je ne sais combien de temps pour un resto, je trouve cela très rarement justifié et ça me tape rapidement sur le système. Rajoutez à cela que je suis en talons hauts et que rester debout devient vite très pénible. 50 minutes plus tard, alors que je suis à deux doigts de porter plainte pour actes de torture et de barbarie envers mes pieds, on nous file enfin une table. Personnellement, je ne tombe pas en extase devant la cuisine dudit resto, surtout après 50 minutes d’attente debout. Leur mi-cuit de foie gras est une vulgaire mousse de canard et leurs deux croquettes ont leurs copines chez Picard. C’est pas fondamentalement mauvais, c’est raisonnable niveau prix mais ça ne méritait pas 50 minutes d’attente, car ça n’a rien d’inoubliable. En revanche, si vous voulez tester l'ambiance archi-bondée à la sévillane, l'adresse est parfaite. On décide d’aller se prendre un petit dessert sous forme de frozen yoghurt et on rentre ensuite (en clopinant en ce qui me concerne). Buenas noches !

vendredi 29 avril 2016

La belle Andalouse : Séville, J1.


Jeudi 28 avril 2016

Nouveau voyage, nouveau journal, vous commencez à avoir l’habitude. Court séjour de 4 jours dans le sud de l’Espagne, en Andalousie et à Séville plus précisément. Ce voyage sera l’occasion pour Nicolas et moi de fêter nos 3 ans de relation. Mais oui, souvenez-vous, il y a trois ans Pékin et la Grande Muraille de Chine. Bref, nous bouclons nos bagages et quittons notre appartement parisien. Ayant étudié les 1 001 façons de se rendre à l’aéroport d’Orly, j’ai évidemment retenu la moins onéreuse. Trois métros plus la quasi totalité de la ligne de tramway depuis Villejuif. Pour moi c’est gratuit, vacances scolaires et carte Imagine’R dézonée oblige, pour Nicolas, c’est 3,60 euros, on est loin des 7 ou 8 euros de l’Orlyval et des 10 euros pour aller à Roissy. Un bon plan pour les Parisiens fauchés qui seraient amenés à se rendre à Orly ;)

Bref, nous arrivons, et c’est pour moi l’occasion de pousser un mini-coup de gueule. Ce n’est pas souvent mais devant tant d’imbécillité, je me dois a minima de la signaler. Nous arrivons donc à Orly, là deux espèces de vigiles nous attendent, et nous demandent d’ouvrir nos sacs. On passera sur le fait que je suis obligée de répéter trois fois bonjour avant qu’il ne me réponde… Et on insistera sur le fait qu’ils « fouillent les sacs » (ou plus exactement jettent un coup d’œil dans ton sac à mains), par contre on trimballe notre valise au bout du bras mais jamais on ne nous la fera ouvrir. Alors très sincèrement, l’état d’urgence, laissez-moi rigoler. Dois-je également signaler qu’on ne nous demande pas nos papiers d’identité, jusqu’au dernier moment, où juste avant d’embarquer, on nous demande de les sortir avec notre carte d’embarquement et le gars y jette un regard archi-furtif en scannant notre papelard. En un mot, tout ceci n’est qu’une vaste plaisanterie qui pourrait être drôle si leurs approximations n’avaient pas fait 130 victimes le soir du 13 novembre. Je referme la parenthèse.

J’en ouvre une nouvelle pour un autre mini-coup de gueule et après, promis j’arrête de râler. Nous voyageons avec Transavia, compagnie low-cost d’origine hollandaise, que j’avais déjà pris plusieurs fois pour faire Prague-Paris et inversement. Jusqu’à présent, cette compagnie m’avait semblé tout à fait correcte. Sauf que là, est-ce à cause de la grève des contrôleurs aériens, je ne sais pas, toujours est-il que leur organisation est navrante. Nous avons droit avec notre billet à un bagage en cabine, je me suis donc décarcassée pour trouver une valise adéquate, limiter les vêtements que j’emmenais, trouver des formats voyage pour tous mes cosmétiques, et aller acheter des sachets de congélation pour les transporter. Et c’est alors qu’on m’annonce que le vol est plein et qu’il va falloir mettre ma valise (ainsi que celle d’une bonne trentaine de passagers) dans la soute. Horreur, malheur. Je suis déjà passablement agacée de m’être enquiquinée à tout trouver en mini-format, agacement qui atteindra son maximum lorsque je me rendrais compte que les coffres à bagages sont vides et qu’il était totalement inutile de nous séparer de nos bagages. Plutôt que de taper un scandale devant tout le monde, je me défoule sur Twitter, où la community manager de Transavia me répond que cela arrive en cas de vol surchargé et quand je lui envoie une photo des coffres à bagages vides en lui demandant si elle appelle ça un coffre surchargé, elle est obligée de s’excuser platement en me disant qu’elle fait remonter l’information pour que cela ne se reproduise plus. Le vol se déroule sans autre encombre, à part un mini-retard d’un quart d’heure dû évidemment à la grève et nous atterrissons à Séville sous le soleil et un thermomètre qui affiche un agréable 24°C. Je laisse tomber le Perfecto et le gilet, on récupère notre malheureuse valise, et on sort de l’aéroport.

Je me dois d’apporter une petite précision concernant notre hébergement. C’est la première fois que j’utilise AirBnB pendant un de mes voyages. J’ai sélectionné un petit studio sur le site, échangé plusieurs mails avec une femme absolument charmante, tout est organisé et son mari doit venir nous chercher en voiture à l’aéroport pour nous déposer à l’appartement. En effet, deux minutes plus tard Jorge arrive au volant de sa Citroën, avec un petit garçon d’environ 9 ans (Marco) à l’arrière. Nous montons à bord, Jorge porte la barbe bien fournie et des tatouages de barbelés sur les avant-bras, il écoute une sorte de pop serbe que son fils chantonne à côté de moi, il est super sympa et parle un anglais un peu hésitant mais tout à fait compréhensible. Il nous explique toutes sortes de choses sur Séville, et après une conduite un peu musclée, nous arrivons à l’appartement, qui n’est pas exactement dans le centre touristique mais dans un quartier un peu plus authentique. Nous faisons le tour du patio (on se croirait dans un film d’Almodovar), pour grimper au premier étage. L’appartement est adorable, exactement comme sur les photos, Jorge nous donne le mot de passe du wifi et nous explique toutes sortes de choses sur la carte. Pour notre première soirée, nous décidons de suivre ses conseils et allons dîner du côté de la place Almeida de Hercules, la place avec les fameuses colonnes, vaste, aérée, très agréable. On dîne dans un bar à tapas appelé Duo Tapas, c’est super bon, pas très cher et incroyablement bien présenté. Tortilles frites aux petites crevettes (que j’ai laissé à Nico mais j’ai quand même goûté et ça aurait pu passer), croquettes de poulet, aubergines frites, patatas bravas et viande de porc avec un oignon rouge dont j’aurais pu me faire exploser la panse tellement c’était bon. Le tout arrosé d’une bière pour Nico et d’un « zumo de mélocoton » pour moi. Kesako ? C’est tout simplement un jus de pêche-abricot. Petite dédicace à mes parents qui m’ont emmenée tant d’années en Espagne, sur la Costa Brava, où j’ai dû boire des litres et des litres de jus d’abricot tant et si bien que près de quinze ans après, je me souviens encore du mot. 

Petit topo sur la langue tant qu’on y est. Si l’espagnol fait généralement moins se dresser les cheveux des Français sur leur tête que le tchèque ou le polonais, pour moi il est quasi tout aussi inconnu car je n’ai jamais eu la moindre minute de cours d’espagnol de ma vie. Tout ce que je connais en espagnol vient de mes vacances de gosse, de quelques films et chansons et de ce que l’on peut connaître de manière générale d’une langue. Autrement dit pas grand-chose. Evidemment, l’espagnol, pour un francophone, c’est 1 000 fois plus facile que le tchèque ou le polonais, on est d’accord. On comprend sans effort environ 70% de ce qui est écrit, l’italien m’aide pour un 15% supplémentaire, toujours est-il que quand je demande à une serveuse si on peut juste prendre un verre et que j’enchaîne sur la commande l’air de rien, je ne suis quand même pas mécontente de moi. Je précise aussi que l’espagnol n’est pas ma langue préférée, désolée, d’où le fait que je n’ai jamais cherché à l’apprendre, mais il faudra un jour que je m’y mette, puisqu’elle ouvre les portes de l’Espagne mais aussi de la quasi totalité de l’Amérique centrale et du sud. (Je sais, exception faite du Brésil, c’est pour ça que je disais quasi). 

Nous voilà donc attablés dans notre resto à tapas, on a essayé de respecter les horaires d’ici, il est donc un bon 22h quand on sort de table, mais je crois qu’on est encore un peu en avance. On marche dans les rues, on arrive jusqu’au monument moderne en forme de champignon, on tourne un peu, l’ambiance de Séville est très particulière. Beaucoup de monde dans les rues et aux terrasses. Finalement, on rentre complètement claqués et gros dodo.


PS : J’ai oublié de le signaler mais l’appartement a, je pense, le pire vis-à-vis au monde. En tendant bien le bras, je pourrais serrer la paluche du voisin d’en face. Qui chantait en calbut en se faisant à bouffer. J’adore.