lundi 22 août 2016

Yovo in Togo (#3) : Week-end à Kpalimé

Vendredi 5 août 2016

Après un délicieux dîner hier soir à base de pâtes et d’une sauce tomate agrémentée de légumes et de piment (comme à la maison, le piment en plus !), je suis allée me coucher et me suis endormie comme un gros bébé. Ce matin, réveillée par les coqs et par un maudit piaf qui doit avoir élu domicile sous ma fenêtre (j’avais encore oublié les boules Quies…), je me rends compte qu’Internet ne marche plus. Je pensais avoir dépensé tout mon crédit mais en fait pas du tout, c’était juste un problème de réseau puisque Aleysha avait le même problème. (Finalement, tout est rentré dans l’ordre en fin de matinée).
On part donc pour le bureau, il est prévu que les enfants du quartier viennent à 10h pour une séance de sensibilisation sur l’importance de la déclaration de naissance. On discute un peu avec Martin, on peaufine notre affiche, et on prépare un jeu pour les enfants qui serait plus susceptible de les intéresser qu’un long discours sur une procédure administrative rébarbative pour tout le monde. Les enfants arrivent, arrivent, arrivent. On nous avait parlé de 20 enfants, déjà Aleysha trouvait ça beaucoup trop (elle dit elle-même qu’elle déteste les enfants) et moi-même je trouvais ça déjà un peu beaucoup et j’avais peur que ce soit difficile à gérer. Finalement on se retrouve avec 32 petits gamins entre 4 et 13 ans, qui nous regardent avec de grands yeux. Ils me prennent les mains, me touchent les cheveux, me caressent les bras. Il faut croire que « Yovo » suscite leur curiosité. Martin commence à leur dire de rapporter des chaises, tabourets et autres, mais comme le bureau n’est pas extensible, je suggère que les autres s’assoient par terre. C’est ce qu’on finit par faire, et je commence par nous présenter Aleysha et moi, et je demande ensuite aux enfants de se présenter les uns après les autres, de nous dire leur nom et leur âge. Certains se lèvent comme on faisait dans les écoles françaises il y a quelques années, et comme on fait sans doute toujours ici, les plus petits sont un peu intimidés. Je ne comprends pas tous les noms malheureusement, beaucoup ont des prénoms togolais traditionnels, ils ne parlent pas très fort, je suis obligée d’en faire répéter certains. D’autres ont des prénoms français typiques (voire même carrément rétros comme Georges, Jean-Pierre, Jean-Paul, etc.) et d’autres ont des prénoms arabes/musulmans (Malik, Saïd, etc.). Certains ont même des prénoms juifs, tels que Isaac, Ismaël et Israël. Je demanderai à Martin s’il y a une communauté juive au Togo, ou si c’est juste une coïncidence. Ils ont donc entre 4 et 13 ans, jusqu’à ce qu’Elisa, ma petite chouchoute fasse son apparition, passe devant tout le monde et vienne s’asseoir sur mes genoux. Après ça, on leur demande ce qu’ils savent à propos de leur naissance, où est-ce qu’ils sont nés, s’ils ont des frères et sœurs, etc. Et finalement on en arrive à la question cruciale : est-ce qu’ils savent s’ils ont été déclarés à la naissance et s’ils ont un acte de naissance ? Il semblerait que pour la plupart, ce soit le cas, sauf deux petits dont le grand frère nous confirme qu’ils n’ont pas d’acte de naissance et qu’ils n’ont pas été déclarés. (Information que nous avons l’intention de vérifier dans les semaines qui viennent, et tenter d’y remédier si c’est possible). On explique ensuite aux enfants, et on leur pose des questions pour voir s’ils ont retenu quelque chose de notre petit speech. Certains oui, les plus petits pas du tout mais c’est normal. On répète une fois, deux fois, trois fois. Certains qui n’avaient rien compris et qui commençaient à s’endormir sur leur banc commencent à se réveiller et à participer de bon cœur. C’est touchant de voir leur enthousiasme même sur un sujet pas du tout excitant, de les voir participer, lever la main, gigoter sur leur banc quand ils connaissent une réponse. Quand un petit gamin de 12 ans me parle de la procédure de jugement supplétif, j’ai peine à en croire mes oreilles. Quand une petite gamine haute comme trois pommes, et qui a 5 ans, s’empare d’une carte et la lit à haute voix alors que j’aurais parié cher qu’elle ne savait pas lire, j’en reste bouche bée et avec Martin on se regarde, sidérés. D’autres ont plus de difficultés, certains ont des accents plus forts que d’autres, mais tous comprennent le français. Je fais mon maximum pour parler le plus lentement et le plus distinctement possible, pour adapter mon vocabulaire et mes phrases à de jeunes enfants. Plus tard, quand je dirai à Aleysha que c’est la première fois que je fais des activités avec des enfants, elle est très surprise. Je devais paraître plutôt à l’aise, et contre toute attente, je l’étais. Ces enfants étaient tellement pleins de vie, tellement mignons, tellement affectueux et réceptifs à ce que nous essayions de leur transmettre. On les fait ensuite jouer à un jeu pour tenter de leur faire mémoriser ce que nous leur avons appris, et je redécouvre avec surprise le temps que mettent les enfants à se lasser de quelque chose. Ils veulent tous participer. Quand on les libère, ils se ruent tous sur moi, m’entourent la taille de leurs petits bras, s’accrochent à mes bras, me touchent les mains, me caressent l’avant-bras, touchent mes cheveux, me demandent si ce sont des vrais, si la couleur est vraie, pourquoi je ne fais pas de tresses, etc. Ils ne veulent plus me lâcher. Une jeune fille me parle d’une émission qu’elle a vue sur TV5 Monde, me demande de lui montrer mon téléphone, me pose des questions, etc. Ils sont tellement curieux, ils ont tous de larges sourires. La directrice de l’association leur distribue des biscuits, ils veulent tous les partager avec moi, je refuse gentiment, pauvres gosses je vais pas leur manger leurs gâteaux. Ils finissent par se disperser et doivent normalement revenir la semaine prochaine. Je trouvais déjà les gamins particulièrement mignons ici, mais je n’aurais pas pensé être aussi touchée par tous ces mômes, par leur enthousiasme, leurs sourires, leurs câlins. On est ensuite rentrées avec Aleysha, on a mangé un plat à base de riz, de viande et de piment (heureusement, Loulou avait mis le piment à part parce qu’il arrachait vraiment). Après ça, on a tout simplement passé l’après-midi à discuter avec Aleysha, attablées à la grande table du salon. On a parlé de tout et de rien, principalement en anglais. Ce soir, il est prévu que l’on sorte avec des volontaires, car c’est le dernier soir de Toby et Nicole, ils partent demain.

Dimanche 7 août 2016

C’est déjà la fin du week-end, et il faut que je vous le raconte dans son intégralité. Vendredi soir, nous sommes donc sortis prendre un verre avec les autres volontaires. C’était fort heureusement juste à côté de chez nous, du coup on a pu y aller à pied. J’ai commandé un coca, sauf que ici les bouteilles sont gigantesques, c’est les ¾ d’un litre et j’ai eu toutes les peines du monde à le terminer. Parmi les nouveaux arrivants, on en trouve deux prêts à nous accompagner ce week-end à Kpalimé. Je demande à Emmanuel, le chauffeur de taxi-moto s’il peut venir me chercher demain pour m’emmener au rond-point « La Douane », lieu de départ des taxis pour Kpalimé. Il est d’accord, on se donne rendez-vous à 7h20 devant chez moi. Retour à la maison, je prépare mon sac et gros dodo. Le lendemain, petite toilette, petit déjeuner et à 7h18, je suis devant la porte, avec Loulou qui m’accompagne de peur que Emmanuel soit en retard. Elle me dit « Tu sais, l’heure togolaise… ». Je commence à me dire qu’elle a peut-être raison quand à 7h20 pétantes, Emmanuel arrive sur sa mobylette. Il est génial. Il me dépose au point de rendez-vous et comme nous sommes les premiers arrivés, il attend gentiment avec moi que tout le monde arrive. Enfin on est tous les 6, Tiffanie, Sam, Anna, Isabel, Diana et moi. On trouve un taxi, c’est 2 000 francs par personne, on embarque à 7 dans une bagnole, quatre derrière et trois devant. Alors que Tiffanie et moi commençons à nous serrer devant, cela ne semble visiblement pas logique au chauffeur qui nous dit « Non, la grosse devant » en parlant d’Isabel, un peu plus ronde que nous. Affreusement gênées, ne sachant plus si l’on doit rire ou prendre ça sérieusement, on fait comme si on n’avait pas entendu. Mais le chauffeur et les autres personnes autour pensent réellement que l’on n’a pas entendu et répètent tous à voix très haute « Non, la grosse devant » en montrant la pauvre Isabel du doigt. Finalement, Isabel restera à l’arrière avec Anna, Diana et Sam qui finit par s’endormir comme un bébé alors que la situation est on-ne-peut-plus inconfortable ni cocasse. Je fais le trajet avec une fesse sur les genoux de Tiffanie et l’autre sur la boîte de vitesses. C’est parti pour une bonne heure et demi de route. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça tourne pas, c’est une route toute droite, qui traverse plusieurs villages, et qui contre toute attente n’est pas trop pourrie. On achète quelques trucs à bouffer aux gens qui nous les proposent à travers les fenêtres de la voiture, notamment les espèces de vieux chichis qu’un chauffeur de taxi nous avait fait goûter le premier jour. Après donc un peu plus de 150 kilomètres dans des positions improbables, on arrive à Kpalimé. On a rendez-vous avec notre guide à une station-essence. Jojo arrive une minute après, on fourre les sacs dans le coffre, on remonte à 7 dans la bagnole et c’est parti direction l’auberge. Les chambres sont des chambres de deux, je suis avec Tiffanie, on largue les sacs, on y reste juste le temps de se rendre compte que la chasse d’eau ne fonctionne pas et on repart pour une balade en forêt. On s’engage avec la bagnole sur un chemin, la route est déjà beaucoup moins bonne que la route nationale pour faire Lomé-Kpalimé, la voiture est une voiture lambda, pas un 4x4 donc elle touche quand il y a trop d’irrégularités (doux euphémisme). On finit par laisser la voiture dans le village de Kouma-Konda et on poursuit à pied. Dans le village, on nous montre comment les peintres locaux utilisent les plantes qu’ils trouvent dans la forêt pour réaliser des tableaux. Il y a de l’indigo pour le bleu, une écorce originaire de Madagascar pour le jaune, une plante avec des fleurs poilues pour le rouge (roukou, un nom comme ça…) et aussi le teck pour un rouge plus sombre. Il y a bien sûr des peintures à vendre, mais comme le week-end va finalement nous coûter plus cher que prévu, je dois faire attention à mes sous (je n’ai pas emmené tout mon argent mais juste ce que je pensais être nécessaire et qui au train où vont les choses, ne va peut-être pas suffire). En effet, quand on est arrivés, Jojo nous a expliqué que la voiture et l’essence n’étaient pas compris dans le prix qu’on nous avait annoncé et qu’il fallait rajouter 7 500 francs par personne. Le problème n’est pas tellement que ce soit plus cher, mais juste que je n’ai prévu qu’une somme limitée et que donc je dois faire attention si je veux pouvoir rentrer à Lomé sans devoir emprunter à quelqu’un. On part donc en forêt, Jojo nous explique les différents arbres et plantes, les fruits que l’on peut y cueillir, les bienfaits médicinaux que l’on peut en tirer. C’est intéressant, et surtout la forêt est magnifique, luxuriante, une vraie jungle. Ensuite on redescend vers un petit resto où l’on a déjà commandé notre déjeuner. Au menu, poulet, fufu et sauce à l’arachide. C’est la première fois que je goûte du fufu, qui est quasiment une institution togolaise. C’est une sorte de pâte à base d’igname pilé (on peut parfois voir des gens le piler dans de grands mortiers), que l’on accompagne d’une sauce, en l’occurrence une sauce à l’arachide. C’est plutôt bon. En fait, ça n’a pas réellement de goût, c’est assez neutre et le goût est apporté par la sauce, donc à partir du moment où la sauce est bonne, c’est bon. C’est un peu le même principe que les knedliky. D’ailleurs, je trouve que ça ressemble à du knedliky pas cuit. Ca se mange normalement avec les mains, mais les miennes sont tellement sales que je préfère ne pas prendre de risque et m’en tenir à une fourchette. On repart ensuite direction le haut d’une petite montagne, d’où on peut apercevoir le mont Agu (le mont le plus haut du Togo, qui culmine à 986 mètres si ma mémoire est bonne). A droite, c’est le Ghana. Il commence un peu à pleuvoir, du coup on ne s’éternise pas, juste le temps de contempler la vue magnifique et de prendre quelques photos. On redescend à Kpalimé en voiture, et Jojo nous laisse faire un tour d’une heure et demi dans le marché. Comme d’habitude, je n’ose pas vraiment prendre de photo mais j’arrive quand même à en prendre une d’une dame avec un magnifique étal de piments et de tomates. Je suis avec Diana, la volontaire espagnole qui est arrivée hier, on marche, on marche, on essaie de ne pas se faire renverser par une mobylette, on sourit aux nombreux « Yovo » qui nous sont adressés. Quand on arrive au milieu du « rayon poisson séché », on est obligées de faire demi-tour tant l’odeur est insoutenable. On finit par se perdre comme on a toutes les deux un très mauvais sens de l’orientation. Mais on retrouve bien vite le chemin. Diana est comme moi, elle est un peu juste niveau monnaie, donc on se comprend bien toutes les deux haha. On rejoint finalement les autres et Jojo, on retourne un peu à l’auberge et le soir, on va manger dans une sorte de restaurant où en fait ils n’ont rien, quand tu commandes quelque chose, ils doivent aller l’acheter au marché ou à la petite épicerie à côté. Je dîne d’une omelette et d’une salade d’avocats, malheureusement noyée de mayonnaise. On rentre dormir, Tiffanie branche le ventilateur (je n’en ai pas chez moi), on discute un peu et on s’endort bercées par Michel Sardou et sa maladie d’amour. Véridique.

Le lendemain, réveillées assez tôt par une autre musique, et par le raffut global du dehors. Petite douche (une vraie douche cette fois !), par contre toujours à l’eau froide et en fait c’est même plus désagréable qu’avec les seaux. Jojo vient nous chercher à 8h et ils nous emmènent prendre le petit déjeuner dans un boui-boui, où on se retrouve tous attablés à une table avec une toile cirée en lambeaux. Je commande une omelette et un Milo, c’est une sorte de chocolat en poudre additionné de lait concentré sucré sur lequel on verse de l’eau chaude. Pas dégueu, ça gagne à être connu même si c’est extrêmement sucré. Après ça, on embarque à nouveau dans la bagnole pour une heure de voiture sur les pires routes que j’ai pu voire de ma vie. Par moments, il y a un reste de goudron, mais il est littéralement fendu en deux et c’est en réalité une sorte de tranchée. Je ne parle même pas des trous qui parsèment la route et entre lesquels Jojo slalome. Arrive un moment où il n’est même plus question de goudron, le problème c’est que ce n’est pas une simple piste de sable, ce qui ne poserait pas de vrais problèmes. J’ai l’impression de tenter de faire passer une bagnole dans une carrière de pierres. De surcroît, ce n’est pas un 4x4 donc on cogne le sol ou les pierres assez régulièrement. Je profiterai d’un arrêt un peu plus loin pour regarder le nombre de kilomètres au compteur. Plus de 230 000… Quand Jojo va pour ouvrir sa portière, la poignée lui reste dans la main. Celle côté passager ne fonctionne plus depuis belle lurette, et on est obligés d’ouvrir avec la poignée intérieur en passant le bras à travers la vitre. On finit par se garer et on commence à marcher dans la forêt. Le chemin est un peu difficile, surtout pour Isabel qui souffre d’asthme. Enfin, on arrive à la cascade. Comme on est partis assez tôt, il n’y a encore personne, on peut profiter tranquillement de la cascade, du paysage magnifique, prendre des photos. On commence à se mouiller les pieds, puis n’y tenant plus, Anna et Diana se lancent. Je les regarde, je meurs d’envie de faire pareil sauf que j’ai évidemment oublié mon maillot de bain. Tiffanie me prête son bandeau, je me baignerai donc en bandeau et en culotte, et visiblement tout le monde s’en fout. Entre temps, une bonne trentaine de personnes sont arrivées. Pas mal de touristes accompagnés par des groupes de Togolais. Ils sortent les djembés et ça commence à chanter et à danser. Jojo nous a prévu un pique-nique à base d’avocats, de pain et d’ananas. Les avocats sont exquis, les ananas encore plus. Pour se changer, c’est vestiaire dans une espèce de grotte, je tiens une serviette autour d’Anna pour qu’elle puisse se changer. On redescend de la cascade, on se retape le chemin de l’extrême en sens inverse et arrivés à Kpalimé, Jojo nous dit qu’il va nous appeler un chauffeur. On voit alors une grosse voiture arriver, une sorte de monospace d’un autre âge, mais plus que confortable pour les six personnes que nous sommes. Jojo nous dit que comme la voiture est pour 8 personnes, le chauffeur prendra 2 personnes de plus. Ok, pas de souci. Mais c’était sans compter que nous sommes au Togo, que la notion de place n’est pas la même qu’en Europe. On finit à 16 dans la voiture, serrés comme des sardines. Une petite fille pique un roupillon dans les bras d’Isabel, la maman s’endort sur l’épaule de la dame qu’elle a quasi sur les genoux. Sam assis à côté du chauffeur, finit également avec une jeune femme sur les genoux. Nous n’avions pas vraiment compris que le véhicule dans lequel nous étions montés était un taxi-brousse, c’est-à-dire un de ces taxis qui s’arrêtent un peu partout, dès qu’une personne le demande, qui charge un nombre incalculable de personnes, de bagages. Je finis avec mon sac entre les jambes puisqu’il tombe à chaque fois que l’on ouvre le coffre, globalement tous les kilomètres. On s’arrête, des gens montent, descendent, prennent des bagages, en redéposent, achètent des ananas. A chaque fois que l’on s’arrête, des mains et des bras font irruption dans la voiture par la fenêtre pour nous proposer d’acheter des choses à grignoter. Les espèces de vieux chichis que l’on a déjà goûtés, mais aussi des œufs. Quand je vois un petit gamin s’emparer d’un œuf, je me demande ce qu’il va bien pouvoir en faire, mais il s’agit en fait d’un œuf dur, que Tiffanie lui épluche pour qu’il le mange en guise de goûter. Evidemment, les coquilles finissent par la fenêtre. Ayant demandé à Emmanuel (le chauffeur de taxi-moto) de venir me chercher, je me demande combien de temps le malheureux va devoir m’attendre. J’essaie de lui envoyer des messages pour le tenir au maximum au courant de notre progression. Mais ça n’a pas l’air de l’affoler plus que ça. Arrivés à Lomé, Diana et moi devons aller faire du change pour payer le taxi puisque celui-ci nous proposait de payer 2 500 au lieu de 2 000 parce qu’il ne pouvait pas nous rendre la monnaie. Mais on a trouvé la parade et les magasins alentour ont eu la gentillesse de nous faire la monnaie. Je rejoins finalement Emmanuel qui m’a gentiment attendue et il me ramène à la maison. Je lui donne un peu plus que le prix de la course pour le remercier de m’avoir attendue aussi longtemps et je rentre finalement à la maison. Je vais dire bonjour à Prudence et faire un bisou à Loulou que je trouve occupée à frire des rondelles de banane plantain dans de l’huile. Elle m’annonce que ce sera notre petit goûter. Je vais voir Aleysha pour lui raconter mon week-end. Loulou nous appelle finalement pour déguster les exquises bananes que l’on grignote dans le jardin. Les bananes plantain frites, c’est clairement un des meilleurs trucs que j’ai pu manger dans ma vie. Je dois impérativement me laver les cheveux puisque ça fait une semaine qu’ils n’ont pas vu un shampooing, qu’ils sont dégueulasses et ont moyennement apprécié la cascade. Sauf que laver ma tignasse avec un robinet et deux seaux, ça va être quelque chose. Bref, je finis avec un quasi torticolis à force de me contorsionner pour réussir à me rincer la tête. Le soir, Aleysha et moi dînons de viande de porc grillée et de frites. On fait quelques parties de cartes dans le jardin et épuisée par mon week-end, je m’endors dans ma nouvelle chambre. Comme Toby est parti, j’ai déménagé dans l’autre bâtiment. Bonne nuit ! 

jeudi 18 août 2016

Yovo in Togo (#2)

Mercredi 3 août 2016

Bonjour, bonjour. Première nuit réussie peut-on dire. Hier soir, complètement épuisée par le voyage et par ma première journée, plus un petit décalage horaire de deux heures en moins par rapport à Paris, je me suis endormie à 20h30 comme un gros bébé. L’oreiller étant atrocement raide, je l’ai tout simplement poussé et j’ai dormi la tête sur le matelas. Le tout sous ma moustiquaire aspergée de répulsif anti-moustiques, dans mon pyjama imprégné de répulsif à moustiques, étant moins même enduite de répulsif à moustiques. Plus les moustiquaires aux fenêtres et les divers « pschitt » que j’ai pu mettre un peu partout dans la chambre. Moi paranoïaque ? Un peu sans doute, mais faut pas déconner, le palu ça me tente moyen. Gros dodo disais-je donc, j’ai juste été réveillée à 4h30 par tous les coqs du quartier pour qui il était visiblement l’heure de se réveiller, puis une nuée de piafs en tous genres a pris le relais sur les coups de 5h du mat’ et de toutes façons le soleil se levait donc j’ai renoncé à me rendormir. Oui, il faut bien savoir que ici le soleil se lève et se couche très tôt. Genre à 4h30 il fait déjà très très clair par contre à 17h30, la nuit commence vraiment à tomber. Je me suis donc levée et je suis allée prendre ma douche. Tout du moins me laver. Pour l’instant ça va, par contre quand je vais devoir me laver les cheveux, on va rigoler. Pour l’instant, je ne me sens pas encore trop crade, mais mes vêtements sont encore propres et sentent bon la lessive (plus un peu de répulsif à moustiques…). On en reparle dans trois semaines. Et je ne vous parle pas de la couleur de l’eau (enfin si, parlons-en, elle est un peu jaunâtre et un peu trouble, mais ça pourrait clairement être pire).

(…) Dans la maison, il y a un jeune garçon qui vit avec nous. Il s’appelle Prudence, il a 16 ans et il aide Loulou pour les tâches ménagères, etc. Et ça me gêne toujours un peu quand il m’apporte mon thé, quand il débarrasse la table, etc. Du coup ce matin, comme il était dehors quand j’ai fini mon petit déjeuner, j’ai fait ma vaisselle moi-même. Après je me suis installée sur la terrasse pour lire le petit livret qui nous est fourni par Projects Abroad et j’en ai profité pour discuter un peu avec lui. On a entre autres parlé foot. Ensuite une dame est arrivée, je l’ai saluée. Elle s’appelle Stella et elle est couturière. On a commencé à discuter, et dix minutes plus tard on se montrait les photos de nos familles respectives et elle m’avait déjà invitée à aller visiter son village d’origine près de Togoville. C’est donc comme ça que Delphine m’a trouvée en arrivant. Papi, un des chauffeurs de taxi-moto qui travaillent pour Projects Abroad nous accompagnait. J’ai pu noter qu’il était d’une grande galanterie envers Delphine et envers moi. Par exemple, il portait le sac de Delphine, nous tenait la porte lorsque nous sortions, etc. Après quelques minutes de marche, nous arrivons au RELUTET, une des associations avec lesquelles Projects Abroad travaille. Malheureusement la directrice était partie le matin même en voyage, et du coup on ne pouvait pas m’insérer dans l’association. Du coup, Delphine m’a emmenée à ASFEEN, une autre association qui fait en fait exactement la même chose que le RELUTET, à savoir lutter pour les droits des femmes et des enfants, et tout particulièrement lutter contre la traite des enfants par le biais de la scolarisation. Delphine me présente Madame Brigitte, la directrice de l’association, ainsi que ses collaborateurs, Martin et Salomé. Elle m’explique un peu les principales actions de l’association, me montre des photos des interventions qu’ils font dans les écoles, etc. Ensuite, on part en voiture, avec madame Brigitte, Salomé, et Aleysha, la volontaire écossaise qui vit avec moi et fait aussi le projet « Droits de l’homme ». En allant chercher la voiture, on croise la fille de Salomé, une adorable petite gamine de 2 ans. Et je fais un coucou à sa copine qui l’attend sur le pas de la porte, je lui envoie un bisou avec ma main et la petite me le renvoie. Ca peut paraître idiot mais j’en avais les larmes aux yeux. Bref, on part en voiture rendre une « visite de courtoisie » au chef de la brigade des mineurs du coin. Sauf qu’il va nous falloir une autorisation du service pénitentiaire pour aller visiter pour de bon. Soit, les démarches seront lancées. Ensuite on rentre au bureau et j’en profite pour lire un peu des documents sur la traite des enfants dans cette région du monde (l’Afrique de l’ouest pour ceux qui seraient vraiment fâchés avec la géographie).  
Je discute un peu avec Aleysha et finit par germer dans notre esprit l’idée de promouvoir auprès de la population, et plus particulièrement des femmes, l’importance de déclarer son enfant aux registres d’état-civil. En effet, ce qui semble être une formalité incontournable en France n’est pas automatique ici, et malheureusement beaucoup d’enfants ne sont pas déclarés. Sauf que ne pas déclarer son enfant signifie le priver de personnalité juridique et donc d’avenir globalement. Car sans personnalité juridique, on ne peut pas dépasser l’école primaire, on ne peut pas ouvrir de compte en banque, on ne peut pas se marier, ni avoir de nationalité, etc. Bref, une catastrophe. Notre objectif est donc d’aller dans les hôpitaux, maternités, écoles de sages-femmes, rencontrer le personnel hospitalier, leur expliquer l’importance et la démarche de déclaration de naissance, afin qu’eux-mêmes transmettent l’information aux futures et jeunes mamans. Le tout, armés de notre petite affichette soigneusement rédigée. On ira aussi au marché, et auprès des groupements de femmes du quartier pour essayer de les sensibiliser aussi. Voilà un peu le programme pour le moment. Après avoir peaufiné ça, on en a fait part à Martin et Salomé, dont le visage s’est fendu d’un large sourire et leur enthousiasme faisait plaisir à voir. Même son de cloche auprès de Madame Brigitte qui a semblé en total accord avec notre projet. On est ensuite rentrées déjeuner à la maison. Loulou nous avait préparé une délicieuse omelette aux tomates et au piment avec du riz, j’ai mangé comme quatre. Repue, j’ai accompagné Aleysha qui voulait aller acheter un truc dans une épicerie, on a fait un petit tour à pied. Les enfants sont trop mignons, ils nous observent, nous regardent avec de grands yeux curieux, nous font des sourires et des signes de la main. Et ils chantent la chanson du « Yovo ». « Yovo » au Togo ça veut dire « le Blanc » (ou la Blanche en l’occurrence, et en ce qui me concerne, le surnom n’est pas volé…). Là, je suis en train de rédiger ce journal sur la terrasse et on va bientôt retourner travailler.

(…) Nous sommes donc retournées travailler de 15h à 17h, on a peaufiné les questions que l’on veut poser au centre d’état-civil demain, ainsi qu’aux enfants vendredi. On a rediscuté du projet avec madame Brigitte, elle aussi très enthousiaste. On est allées demander à la pharmacie du quartier si on pourrait y mettre notre affiche, là encore, oui c’est possible. Ce qui me semble pour le moment très encourageant, c’est que les gens ont l’air toujours motivés, enthousiastes à l’idée d’essayer d’améliorer les choses, même s’il faut bien garder à l’esprit que le problème crucial reste les moyens financiers. On a discuté avec Martin et Salomé et on a appris avec horreur que non seulement, les mères devaient payer pour enregistrer leur enfant au registre d’état-civil (en théorie, c’est gratuit mais dans les faits il faut payer). Puis, il faut payer pour avoir la nationalité togolaise, et enfin payer pour obtenir une carte d’identité. Ce qui m’a le plus sciée était qu’il faille payer pour avoir une nationalité. Je demande donc à Martin « Mais les gens qui n’ont pas les moyens de payer, ils n’ont pas de nationalité ? », « Non ». Je précise que dans les textes de lois togolais, il est inscrit que tout enfant « a droit à une nationalité ». Et je précise également que les plus hauts textes internationaux (conventions de Genève, etc.) interdisent aux Etats de rendre les gens apatrides, c’est à dire sans nationalité. Martin me répond « C’est le problème de l’Afrique, ici tu n’as un droit que si tu as le moyen de le payer ». J’avoue qu’Aleysha et moi, on est restées sans voix. Juridiquement, pour moi, c’est catastrophique, ça bafoue les droits les plus élémentaires, mais Martin a raison, c’est la réalité togolaise, et plus largement africaine.
Après cette conversation édifiante, la fille de Salomé (Benny) et son amie (la petite qui m’envoyait des bisous le matin), sont entrées dans le bureau. Benny se juche sur les genoux de sa maman, et la petite Elisabeth ne tarde pas à faire pareil sur les miens. Elle y passe une bonne partie de l’après-midi, à jouer avec mes doigts. Cette gamine est à croquer tellement elle est mignonne.
On est ensuite rentrées, Toby et Nicole (une volontaire qui habite dans une autre maison) étaient là, on a discuté un bon moment, je suis tombée amoureuse de la robe que Nicole s’est fait faire ici dans un tissu africain, il n’est pas exclu que je m’en fasse faire une aussi. Loulou avait préparé du poisson ce soir, j’avoue que j’ai tenté, mais c’était du poisson séché et fumé, le truc absolument épouvantable pour moi, donc à la première bouchée et après être tombée sur une arête et un restant d’écaille, j’ai déclaré forfait, et me suis rabattue sur les œufs qu’Aleysha ne voulait pas, sur les ignames que je mangeais pour la première fois et la sauce à base de tomates et de piment. Contre toute attente, le piment passe pas trop mal ici. Les autres sortaient prendre un verre car demain une des volontaires s’en va mais je ne vois pas exactement qui, j’étais claquée et le taxi-moto de nuit ne me disait pas plus que ça, du coup je suis allée me coucher.

Jeudi 4 août 2016

Ce matin, réveillée à 5h30 par un raffut de tous les diables dehors. J’ai pas compris ce que c’était, mais ensuite les coqs et la volière ont pris le relais. Ce soir, je mets les boules Quies. Toilette, fringues plutôt classes car aujourd’hui nous allons au tribunal et normalement interviewer quelqu’un responsable de l’état-civil pour obtenir des informations sur l’enregistrement de naissance. Petit déjeuner toujours à base de pain et de confiture, thé et jus d’oranges pressées. Je pars au bureau avec Aleysha. Quand je passe devant la maison de la petite fille d’hier, elle se jette aussitôt dans mes bras et vient au bureau avec nous. A 8h30, on prend la voiture direction l’hôtel de ville. On arrive en plein mariage, un grand groupe de personnes vêtues de costumes traditionnels aux couleurs vives. On se faufile pour arriver au secrétariat. J’explique notre démarche, on nous envoie au bureau d’à côté. Je réexplique notre démarche. Là on nous dit qu’il faut aller directement à l’état-civil. On s’y rend toujours en voiture (l’association a une voiture avec un chauffeur à disposition, qui est en fait je crois la voiture et le chauffeur de la directrice mais qu’elle nous a laissés pour la matinée). On arrive donc à l’état-civil, on nous fait rentrer dans le bureau du responsable. Au début, j’ai eu peur qu’il nous envoie balader direct. Il semblait regarder dans le vide les yeux mi-clos et je n’arrivais pas à savoir s’il réfléchissait, s’il se foutait royalement de ce que je lui avais expliqué ou s’il avait envie de nous tordre le cou parce qu’on avait posé la mauvaise question. Il semblerait qu’il réfléchissait puisqu’il a fini par répondre à toutes nos questions avec précision et exhaustivité. On a pu obtenir toutes les informations que nous souhaitions. Il semble que des campagnes de sensibilisation aient déjà été effectuées mais de toute évidence, une petite piqûre de rappel ne serait pas inutile. Il a eu l’air d’approuver notre idée de sensibiliser le personnel médical, les sages-femmes, etc. Au cours de la conversation, je constate avec surprise que Salomé a d’ores et déjà retenu le slogan que j’ai proposé hier, preuve sans doute qu’il est susceptible d’interpeller les gens et de rester dans les esprits. Après quasi une heure, nous ressortons du bureau avec toutes les informations nécessaires. D’après ce que ce monsieur nous a expliqué, l’enregistrement de naissance est gratuit auprès des communes, malheureusement quelques fonctionnaires « indélicats » (je dirais malhonnêtes) profitent de l’ignorance des gens pour leur soutirer de l’argent. On se dirige ensuite vers le tribunal, malheureusement il n’y a pas d’audience aujourd’hui. On retentera la semaine prochaine. On rentre donc au bureau en voiture. On a décidé de faire désormais des journées « continues », sans pause pour se dégager les après-midi et pouvoir en profiter pour visiter des trucs. Sauf que à l’heure qu’il est je regrette amèrement ma décision, car je meurs littéralement de faim, Salomé aussi, et je pourrais m’envoyer une igname entière (et pourtant, Dieu sait si c’est bourratif).

Ah oui, j’ai aussi testé pour la première fois (et peut-être la dernière), les « toilettes » du bureau. Alors, ça ne mérite pas réellement le nom de toilettes. Il faut sortir, descendre quelques marches, entrer dans un petit couloir et là tu finis par tomber sur une cuvette de toilette d’un autre âge, affreusement sale, sans chasse d’eau, sans papier, sans lavabo et le pire de tout peut-être, sans porte. Mais ma vessie ne permettait aucun délai et après ce que j’ai déjà vécu à Shanghai, je ne suis plus à ça près.

Sur les coups de midi, Aleysha et moi étions totalement affamées, du coup on a demandé à Martin si on pouvait aller acheter quelque chose à manger, des fruits par exemple. Il a tenu à nous accompagner. On avait envie de bananes (même si malheureusement, ce n’est pas vraiment la saison), hélas la première vendeuse de fruits n’avait pas de bananes. On continue à marcher et on passe devant une dame qui coupe les noix de coco à la machette et les vend. Martin nous demande si on veut goûter. Aleysha n’aime pas ça mais moi je n’ai jamais vraiment goûté. Selon Martin, l’eau de coco est très riche nutritivement parlant et ils en boivent pour se protéger du paludisme. Soit, de toutes façons ça ne peut pas faire de mal. Martin m’offre généreusement la noix de coco, et en profite pour demander à la dame si je peux la prendre en photo pendant qu’elle découpe les noix de coco. Elle accepte de bonne grâce. Je bois l’eau de la coco, délicieuse, et Martin me montre comment récupérer la chair molle à l’aide d’une cuillère taillée dans les morceaux coupés de la coco. Il a l’air très heureux de me faire goûter ça, et s’ensuit une conversation sur la nourriture togolaise. Malheureusement, je n’ai pas encore eu l’occasion de goûter le « fufu » ni la « pâte », par contre bananes plantain et ignames, pas de souci pour moi. On poursuit notre chemin jusqu’à trouver une jeune fille qui vend des bananes. Martin négocie un peu pour nous, et on déguste nos bananes sur le chemin du retour (j’en garde une demain pour le petit déjeuner).

Au retour, Martin propose de nous diffuser un film qui a été réalisé par un groupement d’associations pour dénoncer les mariages forcés. J’apprends avec horreur que les mariages forcés ne sont pas seulement un arrangement entre familles dans lequel la jeune fille n’aurait pas son mot à dire. Cela prend purement et simplement la forme d’un enlèvement, la famille de la jeune fille étant parfaitement consentante, et la jeune fille est parfois séquestrée pendant plusieurs semaines jusqu’à ce que l’on soit convaincu qu’elle ne va pas s’échapper.  J’aurai d’autres questions à poser à Martin demain sur ce sujet.

On rentre à la maison, on déguste un délicieux plat de lentilles aux légumes concocté par Loulou et on prend ensuite la direction du marché de Totsi. C’est à un quart d’heure à pied environ. Marcher à pied dans Lomé quand on est blanc, ça veut dire devoir décliner toutes les trois minutes environ les propositions des chauffeurs de taxi-moto. Mais ils ne sont pas plus insistants que ça. On arrive au marché, Aleysha cherche un tissu pour se faire faire des vêtements, j’ai aussi dans l’idée d’investir mais je commence par regarder. On fait environ une demi-douzaine de stands. Arrivées dans l’un d’entre eux, et alors que l’on discute avec la vendeuse, plusieurs femmes discutent et rigolent au stand d’en face. Je comprends qu’elles parlent de nous, car elles disent sans cesse « Yovo » (le Blanc). Je m’en amuse et dit à Aleysha que l’on parle de nous. Les jeunes femmes comprennent alors que je connais « Yovo » et ça a l’air de les faire beaucoup rire. Souvent quand on marche dans la rue, les enfants chantent une chanson dont je n’ai pas encore réussi à identifier toutes les paroles. C’est un truc du style « Yovo, yovo, bonsoir, bonsoir ».

On rentre à pied, on est complètement claquées, il faut dire qu’il fait assez chaud aujourd’hui et je crois qu’on ne va rien faire de particulier ce soir à part dîner et discuter.

lundi 8 août 2016

Yovo in Togo (#1) : Arrivée à Lomé

Lundi 1er août 2016

Il est grand temps de commencer ce nouveau journal. Je suis actuellement dans l’avion entre Casablanca et Lomé, et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai déjà pas mal de choses à raconter. Il était donc prévu que je parte de Paris ce soir à 21h30, direction Casablanca, escale d’une heure et ensuite, deuxième avion pour Lomé, arrivée prévue à 5h30 heure locale. Jusque là, rien d’extraordinaire.
C’était tout d’abord sans compter sur le plan Vigipirate, la grève d’Air France et le chassé-croisé du mois d’août qui se sont alliés pour transformer l’aéroport d’Orly en giga-salle d’attente, aire de jeux pour bambins et joyeux bazar haut en couleurs. Après avoir donc patienté trois bonnes heures dans l’aéroport, nous montons finalement à bord de l’avion. On a déjà une bonne heure de retard, heure de retard qui sera finalement doublée puisque la porte de la soute ne se ferme pas, et qu’on ne peut pas partir comme ça. Déjà, ça commençait pas terrible. A Paris, lors de l’enregistrement de mon bagage, on ne m’avait sorti que ma carte d’embarquement Paris-Casablanca, et pas ma seconde carte Casa-Lomé. Sur le coup, ça ne m’a pas plus affolée que ça. J’aurais dû. Bref, on décolle donc de Paris avec deux bonnes heures de retard, je me rends rapidement compte que ma voisine est une grosse relou, mon écran marche une fois sur deux et me coupe les films en plein milieu sans la moindre raison. Du coup, je m’acharne dessus et finis par me faire engueuler par le mec de devant. Ambiance. Rajoutez à ça que je meurs de faim. Le vol dure deux bonnes heures et demi, donc a priori il y a de fortes chances que je rate ma correspondance, mais comme les deux vols sont effectués par Royal Air Maroc, j’ai quand même bon espoir qu’ils nous attendent. De surcroît, beaucoup de passagers de mon vol ont eux aussi la correspondance pour Lomé, donc ça devrait le faire. Par contre, en discutant un peu avec les gens autour de moi (quand on trouve le temps long, c’est encore la meilleure chose à faire), je me rends compte que la plupart ont déjà leur seconde carte d’embarquement. Bizarrement, ça ne m’inquiète pas plus que ça. Ma voisine, après avoir parlé toute seule une demi-heure, m’avoir foutu son journal dans la figure, m’avoir attrapé la cuisse en se plaignant d’un craquement de dos, hurlé « du pain » une demi-douzaine de fois au stewart et renversé sa tasse de thé sur ses genoux, n’a rien trouvé de mieux à faire que de me désigner « porte-boîte de Kleenex ». Passe encore. Par contre, quand elle m’a demandé de lui remplir sa carte d’immigration (alors que moi-même je ne devais pas en remplir, n’étant au Maroc que pour un transit), j’ai prétendu ne pas avoir mes lunettes et ne rien voir (l’excuse de grand-mère, mais ce n’était qu’un demi-mensonge, il était 02h00 du mat’ heure de Paname et j’avais les yeux très fatigués). J’veux bien être gentille, mais faut pas pousser. Fort heureusement, elle s’arrêtait à Casablanca. En descendant de l’avion, je trace, le personnel nous attend « Où allez-vous ? _ Lomé, mais je n’ai pas ma carte d’embarquement. _ Allez au guichet alors. ». Arrivée au guichet, et après avoir attendu que le mec termine avec le premier monsieur, puis un deuxième qui a priori partait deux jours plus tard, je commence à piaffer d’impatience. Son collègue arrive, lui gueule dessus en arabe un truc du style « Mais sors-leur les cartes d’embarquement, ils sont sur le vol de Lomé », sachant que le vol nous attendait déjà depuis plus d’une heure et demi. Je tente un timide « Monsieur, s’il vous plaît, est-ce que je peux avoir ma carte d’embarquement ? ». Le mec s’empare de mon passeport, pianote sur son ordi, rien ne sort et il m’annonce « Vous êtes en stand-by ». Pardon ? Kesako en stand-by ? Derrière moi, trois autres personnes. « Le vol est surbooké, il ne reste que deux places ». PARDON ? Je veux bien passer beaucoup de choses aux compagnies aériennes, je comprends les retards dus aux soucis techniques, je peux excuser les grèves, mais le surbooking, NO WAY. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, c’est une pratique malhonnête qui consiste à vendre plus de places qu’il n’y en a dans l’avion et à annoncer à quatre pauvres passagers dans un terminal pourri à 1h du matin qu’ils vont devoir la jouer à la courte-paille pour savoir qui embarque et qui se tape la nuit d’hôtel avec un vol aux calendes grecques. Contre toute attente, je parviens à garder mon calme, j’explique au monsieur que des personnes viennent me chercher demain à l’aéroport, que je ne peux pas les joindre, qu’elles vont venir pour rien, etc. Je tente les yeux de cocker et l’air gentiment affolé. Bref, on patiente. Tout le monde commence un peu à râler, à s’énerver. Je reste étonnamment calme et polie. Un mec arrive, nous redit qu’il ne reste que deux places, etc. Tout ça dure une bonne vingtaine de minutes, un autre mec finit par arriver, nous dit que le monsieur à ma droite et moi-même partons et que les autres restent. « Suivez-moi, je vous emmène ». Il a nos cartes d’embarquement à la main, je le suis comme son ombre, on passe les contrôles à la va-comme-je-te-pousse, et on finit par arriver à bord de notre avion. C’est alors que je jette un coup d’œil à ma carte d’embarquement, place 3C, PREMIUM. What ? Dans la pagaille générale, et vu qu’il ne restait sans doute plus que ces places-là, j’ai été surclassée. Je voyage donc en business class. J’ouvre un coffre pour tenter d’y ranger mon sac à dos. Plein à craquer, et impossible de le refermer. Tout l’avion assiste à ma lutte acharnée avec le coffre. Je garderai finalement mon sac à mes pieds. Finalement, on indique au monsieur qui a été « sélectionné » pour embarquer qu’il doit aller s’asseoir au fond. On aperçoit le couloir qui revient. Et qui entre dans l’avion ? La Française en boubou qui faisait partie des lépreux dont on ne voulait pas à bord comme moi. Elle prend place devant moi, et le monsieur part au fond. Quinze minutes plus tard, on entend vociférer depuis le fond de l’avion. Finalement le monsieur revient, fort mécontent, car il n’a finalement pas de place. Ca parlemente, ça s’énerve, ça s’emporte. Les stewarts et hôtesses ont l’air de n’en avoir royalement rien à carrer. Finalement, le couloir revient pour la quatrième fois, le monsieur sort (en dépit de ses « je ne descendrai pas »). Mon voisin et moi observons la scène, stupéfaits. Pour une première avec Royal Air Maroc, je suis servie. Bon ceci dit, je vais pas pleurnicher, je suis dans mon avion, avec certes quasi trois heures de retard et j’ai l’impression qu’il fait une halte à Cotonou avant Lomé donc ça va pas arranger les choses, ma valise a probablement disparu au milieu de la Méditerranée, mais je suis en business class, on vient de m’apporter une petite trousse de toilette, j’ai mon postérieur posé sur un coussin fort moelleux et je sirote un jus de pomme et quelques amandes salées. On vient de jeter un coup d’œil au menu, ça n’a pas l’air dégueu ! Même si vu que j’ai déjà mangé dans l’avion entre Paris et Casablanca, et que j’ai l’estomac un peu noué de toutes ces péripéties, je ne suis pas sûre de l’apprécier à sa juste valeur.
On m’avait déjà parlé des multiples difficultés aériennes en Afrique mais j’avoue que je n’étais pas spécialement préparée à ce que ledit bordel commence à Paris.
Je considèrerai comme un miracle absolu le fait d’arriver à Lomé en un seul morceau, et si ma valise est elle aussi au rendez-vous je veux bien me convertir animiste dans la semaine qui suit.

(…) Après donc une deuxième escale à Cotonou mais sans sortir de l’avion, je suis finalement arrivée à Lomé, dans un aéroport tout neuf, dernier cri, inauguré il y a à peine trois mois. Petit contrôle du carnet de vaccinations, contrôle du visa, photo, passage de la douane et me voilà dehors. Pas de tee-shirt vert « Projects Abroad » en vue. J’attends un peu et finis par tenter d’appeler un des numéros de la liste. Ca décroche, mais impossible d’avoir une conversation, ce ne sont que des craquements et ça coupe sans arrêt. Je finis par raccrocher, sans même savoir si mon interlocuteur a compris un traître mot de ce que je lui ai dit. Finalement, je vois arriver Delphine, vêtue du fameux tee-shirt vert, tout sourire. Petite bise, Koffi le chauffeur me serre la main. On discute un peu et on doit attendre une autre volontaire, Tiffanie. Après une bonne vingtaine de minutes d’attente, elle sort elle aussi de l’aéroport. En voiture, les valises sont dans le coffre, Tiffanie et moi à l’arrière, on se rue sur les ceintures de sécurité, heureusement il y en a (ce qui n’était pas le cas en Chine). Koffi prend le volant, dépose Delphine qui doit faire plusieurs petites courses, on poursuit notre route. En une demi-heure de voiture environ, on a déjà un aperçu de Lomé. Quelques routes en macadam mais la plupart ne sont que des chemins de terre battue (rouge, évidemment), où le nid-de-poule laisse la place à son cousin togolais, le nid d’autruche, on est bringuebalées à l’arrière au rythme des coups de klaxon de Koffi qui pourrait rivaliser avec le plus acharné des Parisiens. Tiffanie est une Française qui travaille dans une banque à Londres, et elle va faire ici une mission dans un orphelinat. On la dépose chez elle, et on continue en direction de ma famille d’accueil. On arrive, je fais la connaissance de Aleysha, une Ecossaise qui fait elle aussi une mission droits de l’homme. Je rencontre également la maman de la famille, Louise, dite Loulou et son petit neveu, Prudence qui aide aux tâches ménagères (faire la vaisselle, aller chercher de l’eau, etc.). On discute, elle me sert un thé, du jus d’oranges (pressé !) et du pain avec au choix de la margarine, une sorte de Nutella ou de la Vache qui rit. Mais vu ce que j’ai déjà mangé dans l’avion, je n’ai pas super faim. Elle me montre ensuite ma chambre, pour l’instant je suis à l’intérieur même de la maison, en attendant que le volontaire qui occupe la seconde chambre dans le bâtiment indépendant s’en aille. Ma chambre est plutôt spartiate, mais semble propre. Une fenêtre est équipée de moustiquaires, un lit avec des draps, quelques cintres dans une sorte de penderie, un fil pour faire sécher le linge, une table avec une chaise. Elle me montre les toilettes et la salle de bains. J’en profite pour soulager ma vessie, mise à rude épreuve depuis que l’hôtesse m’a servie une délicieuse tasse de thé à la menthe marocain. Et je décide de prendre « une douche ». Bon alors, la « douche » se résume à un carré dans le sol, un robinet d’où s’écoule une eau jaunâtre, un seau et une petit broc pour se verser l’eau dessus. Je précise que bien évidemment, l’eau est froide, mais pas non plus super froide. Le premier « broc » me saisit un peu, mais on s’habitue vite. Je me sèche, et enfile un autre haut, vu que j’ai transpiré à grosses gouttes dans mon pull de voyage. L’Ecossaise me dit qu’elle a toujours froid ici, j’espère qu’elle n’est pas sérieuse, sinon je m’en vais lui rappeler l’auberge écossaise sans chauffage dans les chambres ni les salles de bains alors qu’il NEIGEAIT dehors. Alors si une Ecossaise me dit qu’elle a froid au Togo, laissez-moi rire. Bref, j’installe un peu mon bazar, prend bien soin de pulvériser du répulsif à moustiques sur tout ce que je peux. On m’a également prêté un casque pour si je suis amenée à prendre le taxi-moto. Vu la circulation à Lomé, ça risque d’être une grande expérience.

Après ça, je discute un peu avec Loulou, elle m’apprend les rudiments du éwé (la langue locale), et on discute un peu de la politique française. Elle en connaît définitivement plus sur la question que moi sur la politique togolaise…
Delphine est revenue, elle est en train de manger je-ne-sais-trop-quoi et Loulou envoie Prudence (le jeune garçon) chercher de l’eau « pour madame ». Il revient avec un plateau et deux sachets en plastique d’eau. Je déconne pas, de l’eau dans des sachets en plastique. Jamais vu ça, mais soit. Ce matin, il est prévu qu’on aille faire quelques courses (change, carte SIM locale, etc.) et cet après-midi c’est activités avec tous les volontaires, cours de djembé et de danse africaine. Tout de suite dans le bain !

(…) Il est 17h30, et je viens de rentrer, complètement claquée de ma journée. Delphine est venue me chercher vers 10h, on est allées chercher Tiffanie en taxi-moto. Pour moi, c’était le baptême du feu. Pour tenter de vous rassurer, sachez que Projects Abroad nous fournit à tous un casque pour les fois où l’on est amenés à prendre le taxi-moto. Donc, je me hisse sur la mobylette, je m’accroche au porte-bagages et c’est parti ! Soyons honnête, c’est sportif. Bon déjà, le trafic est assez dense, des mobylettes de partout, quelques voitures, des gens qui traversent plus ou moins n’importe où (pas vraiment moyen de faire autrement…), quelques animaux qui passent (ânes, chèvres, poules, chiens…). Je tiens à dire que je suis quand même étonnée, la plupart des chauffeurs de taxis-motos ont des casques, malheureusement c’est rarement le cas des passagers. Le code de la route n’existe clairement pas, les compteurs des mobylettes sont de toutes façons cassés donc adieu limitations de vitesse et autres réglementations. Bref, on récupère Tiffanie chez elle, on poursuit un peu à pied et on finit par prendre un taxi voiture. On va chercher des cartes SIM locales pour nos téléphones. Delphine s’occupe de tout pour nous, c’est royal, incroyablement confortable. La jeune femme de TogoCell s’occupe de faire fonctionner le truc, de toutes évidence elle sait ce qu’elle fait car une vingtaine de minutes plus tard, nos portables sont équipés de cartes SIM togolaises et de la 3G, que demander de plus ? On poursuit avec la banque pour faire du change et contre toute attente, c’est beaucoup plus compliqué et surtout incroyablement long. On ressort enfin avec nos billets de francs CFA, Delphine nous arrête trois taxis-motos, négocie la course et zou, direction un restaurant. Clairement, je pense qu’on n’a pas mangé dans le truc le plus miteux de Lomé ni le plus crade. Pour Tiffanie et moi, poulet yassa accompagné de bananes plantain. Vous dire la quantité de bananes plantain que j’ai mangé serait indécent. Toujours est-il que je n’ai pas encore faim… Et mon Dieu, c’était vraiment trop bon. Delphine profite également du repas pour nous expliquer plein de choses sur le Togo et la culture togolaise, c’est hyper intéressant et bien trop court à mon goût, puisque nos plats arrivent. Après le repas, on met le cap sur le grand marché de Lomé. Clairement, je m’étais imaginé pas mal de choses à propos de ce marché. Mais clairement pas ça ! Le marché est immense, IMMENSE, divisé en parties selon ce que l’on y vend. Il y a le coin des légumes et des fruits, puis des épices, puis des vêtements, puis des chaussures (en grande partie des « chinoiseries » comme dit si bien Delphine). On y trouve aussi des tissus pour faire des vêtements, avec de jolis imprimés. Delphine fait d’ailleurs un peu de shopping. Il y a des fruits magnifiques, des avocats à vous donner faim malgré les bananes plantain qui vous ont bien calée (Pierrot, tu serais heureux), des poissons séchés, du bazar, des gens de partout. Ca sent parfois mauvais (le poisson séché…), parfois super bon (on est passés devant des gens qui vendaient un truc sur un petit réchaud qui sentait divinement bon). Plus on avance dans le marché et plus la foule se fait dense, compacte, plus Delphine est obligée de vérifier qu’on arrive à la suivre. On quitte le marché en taxi pour rejoindre le « bureau » comme dit Delphine où nous attend le cours de djembé et de danse africaine. On rencontre le président de Projects Abroad Togo (le monsieur que j’ai appelé ce matin à l’aéroport lorsque je ne voyais pas Delphine, et que malheureusement je n’entendais pas, car le réseau avec ma carte SIM française était trop mauvais). Cours de djembé donc, avec mon sens du rythme c’était pas ça, mais c’était marrant quand même, j’ai aussi tenté les maracas sans beaucoup plus de succès. La danse c’était pas vraiment ça non plus mais c’était marrant, il y avait une bonne ambiance. Ca nous a permis de rencontrer les autres volontaires, on a déjà trouvé des potes avec qui essayer de partir en week-end à Kpalimé. On a bu de l’eau dans des sachets (si, si) et ensuite, complètement claquée, je suis rentrée avec Emmanuel, un des chauffeurs de taxi-moto qui travaille avec Projects Abroad. Sa conduite n’a rien à voir avec celle de ceux que j’ai pu tester jusqu’à présent ! Il conduit doucement, délicatement, contourne les nids d’autruche, passe les quadruples dos d’âne avec douceur, semble connaître le sens du mot « priorité », a ralenti pour éviter d’écraser un môme et a même réussi à contourner un chevreau qui se jetait sous ses roues. Merci Emmanuel ! J’arrive à la maison, je peux enfin retirer mes lentilles, on dîne avec les deux autres volontaires, Aleysha et Toby, et je ne demande pas mon reste pour aller me coucher !


Au terme de cette première journée, je tiens vraiment à remercier du fond du cœur Delphine pour son accueil, pour nous avoir tout fait (on peut dire ça, le change, la carte de téléphone, etc.). Elle nous a permis de passer une merveilleuse première journée à Lomé et c’était vraiment génial.

lundi 4 juillet 2016

Genève en été !

Le charme estival de Genève. 

lundi 2 mai 2016

La belle Andalouse : Séville, J4.

Dimanche 1er mai 2016


C’est notre dernier jour à Séville, et bien entendu c’est aussi un jour férié, en France comme en Espagne. On range nos affaires et on laisse nos bagages dans l’appartement puisque ce sont Yolanda et Jorge qui les récupèreront avant de nous redéposer à l’aéroport dans l’après-midi. On se dirige vers notre petit bar d’hier pour le petit déjeuner, le serveur nous reconnaît, on déjeune de nouveau en terrasse sous le soleil malgré un petit vent qui rafraîchit un peu trop l’atmosphère à mon goût. On marche ensuite jusqu’aux arènes. Evidemment, hors de question pour moi d’assister à une corrida, je suis absolument contre ce genre de pratiques d’un autre âge, cruelles et inutiles. On jette un œil à l’arène mais on ne voit rien de l’extérieur. On remarche ensuite jusqu'à la Plaza d’Espana et on loue une petite barque. Nico s’attelle à la rame car après mes exploits de Slovénie, on ne va pas prendre de risques supplémentaires. Après la barque, on se balade un peu dans le parc et on rentre déjeuner dans le centre-ville dans un petit bar à tapas que l’on avait déjà repéré mais où nous étions arrivés trop tôt la veille (12h30, ils en étaient encore au petit déjeuner…). Là, nous sommes « à l’heure », enfin à l’heure espagnole, et on commande une demi-douzaine de tapas. Je commande, je commande, et le serveur finit par me stopper d'un "mucho", qui signifie globalement, basta ma fille, tu pourras pas tout manger. Effectivement, les portions sont encore plus généreuses que la veille et on a presque du mal à finir, c’est dire ! Mention spéciale pour le salmorejo, sorte de crème de poivrons que nous avions déjà goûtée et particulièrement appréciée. Service sympathique comme partout. Enfin, c’est le moment de prendre le chemin de l’appartement de Yolanda et Jorge pour que ce dernier nous raccompagne à l’aéroport. On a préféré éviter de tester les transports en commun un dimanche et jour férié de surcroît. Jorge nous dépose à l’aéroport, on patiente un bon moment et on embarque. On est actuellement à bord de l’avion pour Paris-Beauvais et vu à quel point cet aéroport est paumé, on n’est pas encore arrivés.

(...) Après une bonne heure et demie de bus, plus vingt minutes de métro qui nous ont fait jurer de ne plus jamais arriver à Beauvais, on est bien rentrés à la maison. Petit choc thermique en sortant de l'avion (on a perdu environ 15°C...) et on garde plein de merveilleux souvenirs de cette ville magnifique qui nous a d'ores et déjà donné envie de découvrir le reste de l'Andalousie. Hasta pronto !