Mardi 3 février 2015 (techniquement, on est déjà mercredi parce que hier soir j'étais tellement claquée que je me suis endormie à 22h sans demander mon reste)
Donc hier matin, j'avais rendez-vous à 9h pour le départ du ferry à destination de la statue de la Liberté et de Ellis Island. J'avais réservé et payé ça par Internet parce que sinon, vous avez de fortes chances de ne pas avoir de place. Comme c'est au sud de Manhattan (l’extrémité de Lower Manhattan), j'en avais pour quasi une heure de métro. Flippant un peu à l'idée de ne pas trouver et d'être en retard, rajouté au fait qu'à cause du décalage horaire, je ne pouvais plus dormir, je suis partie de chez Daphné sur les coups de 7h15. Elle m'a conseillée une station de métro beaucoup plus près que celle de la veille, et me voilà donc en quête de la station 137th Street, que je trouve très facilement. Je prends donc la ligne 1 (en local) et je descends au terminus South Ferry, après avoir demandé une carte de métro, car ça me manquait. Arrivée là, je tourne un peu en rond pour trouver Battery Park, tout est complètement gelé, une vraie patinoire, je dois faire extrêmement attention pour ne pas me prendre une gamelle et il fait un froid de gueux. Deux Asiatiques, me prenant peut-être pour une locale, me demande où se situe Battery Park. Je leur réponds que moi aussi je cherche Battery Park, et donc on commence à chercher ensemble. On finit par trouver sauf que là, le mec de la billetterie m'annonce que "sorry, mais le ferry est en retard et ne partira pas avant 10h30". Damn it ! Clairement, impossible de penser à attendre dehors, il fait beaucoup trop froid. Il va falloir trouver un café ou un endroit où se poser en attendant. Comme mes deux compères sont dans la même situation que moi, c'est ensemble que l'on se met en quête d'un endroit chaud où patienter. On trouve une sorte d'épicerie qui fait aussi café, petit dej, bar à salades, en gros tout et n'importe quoi. On se retrouve attablés devant un chai tea latte et des muffins. J'apprends alors qu'ils sont taïwanais mais ont émigré au Canada et vivent désormais à Vancouver, d'où le fait qu'ils parlent parfaitement anglais et qu'on peut discuter sans problème. Leurs noms occidentaux sont Jude et Jasmine mais en fait si j'ai bien compris ils s'appellent Tianj et Han (pas sûre). Toujours est-il qu'ils sont adorables, très ouverts, très souriants et on passe finalement une bonne partie de la matinée ensemble. Vers 10h10, on retourne au ferry et là on se retrouve devant une file d'attente assez démentielle, qui patiente... dehors. Heureusement, elle avance quand même très vite (j'ai remarqué ça ici, beaucoup de files d'attente décourageantes mais qui au final avancent au pas de course). Ceci dit, on reste quand même suffisamment dehors pour que nos pieds congèlent et il faudra attendre un bon moment avant qu'ils ne ressuscitent. On passe un premier contrôle de sécurité (exactement le même qu'à l'aéroport), puis on monte enfin à bord du ferry, qui tangue tellement à quai qu'on manque de se prendre encore une gamelle. Enfin, on quitte Manhattan. On arrive sur l'île de la Statue de la Liberté, qui offre cette vue si connue sur la skyline, et ça mitraille et ça mitraille. On commence la visite de la Statue de la Liberté mais chacun de notre côté car mes deux amis ont accès à la couronne alors que je devrai me contenter du piédestal (ceci dit, ils m'ont dit après que la couronne, c'était pas fou et que le piédestal était vachement mieux, donc je n'ai pas de regret). Je rappelle que la statue de la Liberté est un cadeau de la France aux Etats-Unis. Elle s'appelle en réalité "La Liberté éclairant le monde". La vue du piédestal sur la skyline est là encore canon. Je redescends au premier étage pour visiter le petit musée explicatif qui est vachement cool et j'attends ensuite mes deux Canado-Taïwanais pour reprendre le ferry. C'est là que l'on se dit au revoir car ils ne vont pas à Ellis Island mais rejoignent directement Manhattan. Je descends donc à Ellis Island, qui était la porte d'entrée des Etats-Unis pour les immigrants pendant des siècles. Le musée est vraiment super bien fait, hyper complet, hyper beau, le bâtiment en lui-même est superbe, bref si vous êtes intéressés par l'histoire des Etats-Unis et par l'histoire du monde en général car les candidats à l'immigration vers les States venaient d'absolument partout, Ellis Island est clairement à ne pas manquer. Vous pouvez prévoir beaucoup de temps car l'exposition est vraiment très très riche. Je regagne ensuite Manhattan pour commencer ce que j'avais prévu de faire à New York : simplement déambuler le long des rues et tenter de ressentir New York, de la sentir vivre, vibrer. Et ça vient, ça commence, l'incroyable énergie qui se dégage de cette ville commence à se faire sentir. Je me balade entre des gratte-ciels à perte de vue, qui vous donne la sensation d'être minuscule, d'être encerclé et en même temps protégé. Je précise que depuis que je suis sortie de la statue de la Liberté, il fait un temps magnifique, un soleil radieux, toujours froid bien sûr mais comme je remonte Broadway dos au soleil il me réchauffe le dos (et essaie de me sécher les pieds mais bon faut pas trop en demander non plus). Je remonte Broadway, passe par Wall Street, jette un coup d’œil à un premier Sephora, frôle la crise cardiaque, repars, continue de remonter. Il est temps de se restaurer, direction donc Shack-Shak sur les conseils d'Adeline et Damien (ma cousine et son mari pour ceux qui ne seraient pas au courant). Ils sont venus à New York en mai 2014 et m'avaient vivement conseillé cette chaîne de fast-food. Je commande donc un burger, des frites et un coca light (diet coke, please), le serveur (toujours souriant et aimable mais je commence presque à avoir l'habitude), me demande d'où je viens, je lui réponds de France, il a l'air surpris et me dit "oh ! good English !". Il a illuminé ma journée. Après la pause déjeuner (lunch break, yeah), je me dirige vers Ground Zero et le mémorial des attentats du 11 septembre 2001. Daphné m'avait à ce sujet donné un super tuyau. Normalement l'entrée du mémorial est payante (ce que je trouve quelque peu scandaleux, c'est comme si les Polonais s'amusaient à faire payer l'entrée d'Auschwitz) et même hors de prix puisqu'elle est à 24 dollars ! Mais fort heureusement, le mardi à partir de 17h, on peut rentrer gratuitement (attention, nombre de places limité mais j'ai pu avoir un billet !). On commence par le visionnage d'un film sur l'annonce des attaques terroristes, la réaction des membres du gouvernement américain, du maire de NYC, du président George W. Bush, etc. Quand à 8h46, le premier avion frappe la tour nord des Twin Towers, au début, tout le monde croit à un tragique et incroyable accident. Mais quand environ un quart d'heure plus tard, un deuxième avion fait de même et percute la tour sud, là, plus de doute. Peu de temps après, le président (qui visitait alors une école en Floride) est informé qu'un troisième avion s'est écrasé sur le Pentagone. Cette fois, c'est clair "America is under attack" (l'Amérique est attaquée). Initialement un quatrième avion détourné devait lui aussi s'écraser sur le Pentagone, mais les passagers et le personnel de bord, faisant preuve d'un grand courage, se rebellent à bord de l'avion contre les preneurs d'otages. L'avion s'écrase finalement dans un champ en Pennsylvanie. Quelques heures plus tard, alors qu'une horrible fumée se dégage déjà de Lower Manhattan, la tour sud s'effondre sur elle-même. Le maire de New York de l'époque, Rudolph Giuliani, raconte avec beaucoup d'émotion avoir demandé au chef des pompiers si l'on pouvait envoyer un hélicoptère pour tenter de secourir les malheureuses personnes prises au piège par les flammes. Celui-ci lui répond que ses gars sauveront les gens en dessous des flammes, mais que pour les autres... il n'y a hélas plus rien à faire. New York, et rapidement le monde entier, assistent à cet événement historique, qui changera la face du monde. Le mémorial est immense, bien fait et très complet. Il ne fait pas dans la demi-mesure, en même temps, on est à New York, c'est pas le genre de la maison. J'avoue que pendant la visite, je suis parcourue de frissons, et je ne suis pas sûre que cela vienne de mes chaussettes mouillées. En ressortant, et comme j'ai rendez-vous avec Daphné et sa coloc à 20h devant l'université Columbia, je décide de reprendre le métro pour Uptown et comme j'ai du temps, de m'arrêter à Times Square jeter un œil. Me voilà donc partie. Je descends à Times Square et là en sortant, clairement, je me prends une énorme claque. Et je comprends mon erreur. J'avais sous-estimé New York. J'avais sous-estimé son gigantisme, son énergie, sa démesure. Quand on dit qu'à Times Square la nuit, on y voit comme en plein jour, c'est VRAI. J'aperçois une pub pour la marque Covergirl sur un magasin, je décide donc d'aller jeter un œil. Et là je tombe sur la moitié des produits cosmétiques que je voulais ramener des USA. Baume à lèvres EOS, dentifrice Crest, mascara Covergirl, biscuits Reeses. Pour ceux qui se demandent ce que ces produits ont de particulier : déjà ils sont introuvables en France (et en République tchèque). Les baumes à lèvres Eos sont réputés sensationnels et en plus mon Neutrogena se termine. Le mascara Covergirl est lui aussi réputé excellent. Les dentifrices Crest sont des dentifrices blanchissants interdits en France car ils contiennent selon les critères de santé publique français trop d'agents blanchissants. (Concrètement ça fait rien, hein). Et les biscuits Reeses sont des petites barquettes de beurre de cacahuète recouvertes de chocolat. Plus un vernis Essie parce qu'à 8 dollars au lieu de 11 euros à Paname, ça vaut quand même le coup.
Je rejoins ensuite Daphné et Nikita devant la Columbia University (absolument canon le campus !), et on va dîner chez Five Guys, fast-food apparemment top. Hot-dog au bacon et à la moutarde, frites Cajun style (avec des épices quoi) et boisson que l'on remplit à volonté. Là j'ai compris pourquoi les Américains ont un problème d'obésité. Clairement, la taille "regular" (normal) de la boisson fait déjà peur, le hot-dog est un concentré de gras (mais délicieux) et tout ceci a l'inconvénient d'être abordable sur le plan du tarif. Quand je vais pour remplir ma boisson, je clique sur Sprite, m'attendant à mon Sprite normal au citron, et là, on me propose une bonne dizaine de goûts différents. Je décide de tester, et donc Sprite à la pêche (pas mauvais du tout).
Finalement, on prend le métro et on rentre à la maison où je peux enfin faire ce dont je rêvais depuis le matin : enlever mes chaussettes mouillées. Je précise que mes pompes ont pas du tout kiffé les trottoirs new-yorkais, le sel et la neige, et elles sont bonnes à foutre à la poubelle en rentrant. 22h, extinction des feux, je suis vannée. Good night guys !
Mercredi 4 février 2015
Réveillée encore une fois de bonne heure ce matin, je décide de profiter de ma journée et de me lever. C'est censé être la journée la plus "chaude" du séjour, c'est-à-dire que le thermomètre daigne passer au dessus de la barre du zéro, je décide donc de faire un maximum de choses en extérieur aujourd'hui. Petite douche et je décide de m'accorder un petit dej américain. Direction le quartier de Chinatown et de Little Italy (plus précisément le quartier de NoLiTa, c'est-à-dire le nord de Little Italy). Je trouve une adresse sympa dans le Routard, Dieu merci, elle existe encore. Je rentre et je m'installe, un jeune serveur m'amène le menu, je commande un thé et des pancakes aux fruits et au sirop d'érable. En attendant que ça arrive, je demande au serveur le mot de passe du wifi, il me dit qu'il n'y en a pas et qu'il faut choisir un autre wifi. Il va pour cliquer sur le bon wifi sur l'écran de mon téléphone, il se trompe et lâche un "mamma mia !". Italien ? Oui, de la région du lac de Côme et nous voilà partis à papoter en italien, ce qui a l'air de lui faire plaisir. Le sourire italien mêlé au sourire américain, ça donne un sourire super Colgate. Il m'amène mes pancakes, tout bonnement délicieux, et c'est bien repue que je prends la direction de Chinatown. Même si Little Italy est un quartier plus vieux que Chinatown, il est aujourd'hui réduit à l'état de peau de chagrin, le quartier chinois ne cessant de s'étendre. Cependant, grâce à mon gentil serveur, j'aurais eu un petit goût de Little Italy quand même. Bref, Chinatown. Clairement, retour en Chine. A part les bâtiments dont les façades indiquent clairement que nous sommes à New York (les fameux escaliers extérieurs), rien d'autre ne pourrait le laisser deviner. Les affichages, vitrines des magasins et autres panneaux sont en chinois, les produits vendus dans les épiceries sont aussi étranges qu'ils l'étaient en Chine et le quartier est à peu près aussi propre que l'était la Chine, c'est-à-dire passablement craspouille. Rajoutez à ça que comme la neige commence à fondre, ça fait une espèce de bouillasse marron assez dégueu. Je mets aussi un bon moment à réaliser que je suis la seule pas chinoise dans le quartier. Il faut signaler qu'à Chinatown, on parle davantage cantonais que mandarin, car la majorité des immigrants chinois venaient du sud de la Chine, où l'on parle principalement cantonais. Étals de fruits et légumes, aquariums pleins de crabes encore vivants, paniers de crevettes séchées, etc, etc. Je remonte ensuite vers Soho, et reprends Broadway à l'endroit où il commence à y avoir plein de boutiques sympas. C'est parti pour une bonne session shopping. Tout d'abord TopShop mais clairement c'est beaucoup trop cher. Ensuite Forever 21, où je craque sur un haut en même temps qu'une dame, et c'est ensemble qu'on va l'essayer. Finalement je l'achète mais pas elle. "It looks better on you !" (Ça vous va mieux, en gros). Ensuite, je fais une incursion dans Greenwich Village et tombe sur une boutique où les vernis Essie et OPI sont à 4 dollars. J'ai comme l'impression qu'on se fait violemment arnaquer en France. Je repars avec 4 vernis pour le prix d'un à Paris, plus quelques autres petits trucs qu'on ne trouve qu'aux Etats-Unis. Enfin, je tombe sur la boutique que je cherchais depuis que je suis arrivée : Bath and Body Works. C'est la marque dont parlent toutes les Youtubeuses et blogueuses beauté américaines et même françaises maintenant, la marque qui fait les super bougies, produits pour le corps, etc. Je rentre donc dans la boutique prête à faire une violente razzia. Et pour être tout à fait honnête, je suis un peu déçue. Alors oui, la boutique est très jolie, les vendeuses très aimables et avenantes (même le vigile me tape la discute), mais je suis déçue par le choix de bougies. Il n'y en a pas autant que je l'imaginais et surtout, ils ont déjà la collection d'été alors que la météo donnerait plus envie de senteurs sucrées et réconfortantes. Pour l'instant, les odeurs de pastèque et de monoï, bof quoi. Et en plus, ils n'ont pas d'offre sur les grosses bougies, elles sont au prix normal, soit 22 dollars la bougie, donc c'est quand même pas un cadeau. J'en trouve néanmoins une absolument divine, qui selon la vendeuse sent "l'homme sexy", et j'approuve totalement cette description. Par contre je me lâche sur les désinfectants pour les mains, c'est 5 dollars les 5, je repars donc avec un lot de 10. Puis, comme il fait vraiment pas froid, je décide de remonter Broadway jusqu'à Times Square. Chinatown-Times Square à pied, ceux qui connaissent New York reconnaîtront que ça fait un bout (j'ai regardé sur Google, c'est 4,6 kilomètres au bas mot). Lorsque (à mi-chemin), je demande à un monsieur si c'est bien tout droit, il a l'air de me prendre pour une folle furieuse. Je n'ose pas lui dire que je remonte déjà l'avenue depuis Chinatown, il aurait fait un malaise... Je suis en quête d'un wifi pour pouvoir demander à Daphné quand elle rentre chez elle et du coup, quand je peux venir récupérer mes affaires (je déménage ce soir). Je m'arrête donc dans un café, paie quatre dollars pour un chai tea latte, et leur wifi ne marche pas. Putain. Dégoûtée, je repars. Finalement cent mètres plus loin, je trouve un wifi gratuit dans une cabine téléphonique qui marche du feu de Dieu. Cherchez l'erreur. Finalement arrivée à Times Square, je prends le métro direction Central Park. Je déambule dans les allées, en tout cas celles qui sont suffisamment déblayées, et je tombe sur un des écureuils de Central Park. La bestiole n'est pas farouche du tout, et si j'avais eu quelque chose à lui donner à manger, il est évident qu'il serait venu le manger dans ma main. Finalement, comme il est presque 16h, et que je n'ai rien avalé depuis mes pancakes, je décide de prendre plein ouest vers Upper West Side, direction une adresse de bagels. L'adresse ne paie pas de mine, c'est tenu par des Chinois mais le mec me prépare un bagel au pavot, bacon, cheddar et cream cheese en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Je dois avoir une tête qui lui plaît bien, car il me fait un immense sourire et me dit "You stay here" en rigolant (vous restez ici). Je cale au bout de la moitié de mon bagel, et je garde l'autre moitié pour plus tard. De toutes façons, ici personne ne vous regarde de travers si vous demandez un "doggy bag", alors pourquoi se priver. Je remonte ensuite à pied jusqu'à chez Daphné et putain, ça fait un bout. En chemin, je me fais alpaguer par un jeune homme qui tente de récolter des fonds pour Médecins sans frontières. Il me sort son baratin, je l'écoute religieusement, et quand je refuse d'un air navré de donner des sous à l'assoc', il me sort "There is something you could do for me" (il y a quelque chose que vous pourriez faire pour moi). Ah quoi ? "Can I ask you your phone number ?". Je rêve où il me drague ? Nan je rêve pas, puisqu'il enchaîne sur un "I love your eyes, they are so green." J'ai dû briser un cœur, désolée. Enfin j'arrive chez Daphné à qui je raconte ma journée, je rassemble mes affaires, direction le Queens, chez Sal et Tanya qui vont m'héberger pour le restant de mon séjour. Lui est américain, ingénieur, et elle ukrainienne et designer. Ils ont l'air bien crevés, puisque après avoir un peu papoté avec moi, ils sont allés se coucher, et je pense que je ne vais pas tarder à faire de même, parce que Broadway m'a achevée.
jeudi 5 février 2015
mardi 3 février 2015
I love New York !
Bonjour, bonjour, ou plutôt devrais-je dire "Hi everybody !", je pars quelques jours à New York, j'y suis d'ailleurs au moment même où je vous écris. Récit de mon escale dans la Ville éternelle sur le chemin de la Grosse Pomme et mes premières heures dans la ville. Enjoy !
Dimanche 1er février 2015
Dans mon dernier journal de bord (Vilnius Bonus, de décembre dernier), j'espérais que 2015 me réserverait d'aussi beaux voyages que l'avait fait 2014. Pour l'instant, c'est plutôt bien parti puisque c'est outre-Atlantique que je m'envole désormais. Direction New York, les Etats-Unis, the Big Apple, LA Ville avec un grand V. Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier New York. New York, c'est la ville que tout le monde connaît avant même d'y être allé, tant on a pu la voir dans les films, les séries, etc, etc. New York, tout le monde en a des images, une idée, un fantasme. Si je dois avouer que New York n'était pas mon rêve absolu comme il l'est pour certaines personnes (n'est-ce pas Damien ?), plus le temps passe et plus l'excitation monte. J'ai déjà fait une liste assez scandaleuse de choses que je veux voir, manger, acheter, etc, etc. C'est aussi ma première fois aux Etats-Unis et ça me fait tout drôle. Quand j'étais plus jeune, je disais que j'irai aux Etats-Unis pour fêter mes 21 ans (l'âge de la majorité là-bas). Finalement, il aura fallu attendre l'orée de mes 24 ans pour que je me décide. J'ai sur le chemin de New York, une escale d'une nuit à Rome, ce qui tombe scandaleusement bien, puisque Léa et son amie Jacqueline sont à Rome pour quelques jours. Que demander de plus pour une escale que de déguster un bon plat de pasta avec sa meilleure amie dans une des plus belles villes d'Europe ?
Ma valise bouclée (à moitié vide, je précise, que serait un voyage à New York sans une petite virée shopping ?), je dis au revoir à Lisa et Igor, et direction l'aéroport. Dans le métro, un jeune Tchèque (avec de toute évidence, quelques origines vietnamiennes), intrigué par ma valise, me demande où je pars en voyage. On papote cinq minutes le temps qu'il me demande si je suis américaine et de me dire que lui rêve d'aller voir la tour Eiffel. J'arrive à l'aéroport après avoir attendu mon bus, il fait un temps magnifique à Prague, un soleil radieux (j'aime cette ville, mon dieu, que j'aime cette ville). En revanche, je suis arnachée globalement comme pour la Lituanie, vu que les températures à New York ne sont pas au plus haut, qu'une tempête de neige s'est abattue sur la ville il n'y a même pas une semaine et que la Grosse Pomme est connue pour être vraiment glaciale en hiver. Si je veux profiter de mon séjour, je dois me couvrir ! Au moment d'enregistrer ma valise (que je dois normalement récupérer à Rome pour ce soir, l'ayant bien précisé à la jeune femme), j'ai fait le pied de grue pendant trente minutes à cause de deux greluches qui avaient des bagages trop lourds et ne voulaient pas payer. J'ai fini par passer à un autre comptoir sous le regard compatissant des autres voyageurs.
Lundi 2 février 2014
Il est 12h06 heure de Rome-Paris-Prague et je suis actuellement dans l'avion pour New York. La soirée d'hier a été riche en péripéties et rebondissements. Bien arrivée à l'aéroport de Rome-Fiumicino, je récupère rapidement ma valise et me dirige vers la gare pour prendre le Leonardo Express, qui relie directement l'aéroport à la gare de Roma Termini. J'achète mon billet (28 euros aller-retour, bande de voleurs), je le composte et je vois tout le monde se hâter pour monter dans un train. En bon gros mouton, je fais de même en me demandant quand même si ce train va vraiment à Termini. Par précaution, je demande à un monsieur, puis à une jeune femme, puis pour être sûre à une dame. Tous les trois sont unanimes : oui, oui (d'ailleurs la dernière dame y va aussi). Je précise que tous les trois étaient italiens hein, j'ai pas pris des touristes. Sauf que quand le train a démarré et que le chauffeur a annoncé les gares desservies, point de Termini. Je lance un regard dubitatif et incertain aux autres passagers, qui me disent que finalement non, il n'y va pas. Are you serious guys ? Et merde. Bon, je demande alors à la jeune femme comment je peux rejoindre facilement Termini depuis une des stations desservies par le train. Elle me conseille de descendre à Tiburtina (pour ainsi dire la fin de la ligne), pour ensuite prendre le métro. Mais vu qu'elle a pas l'air franchement dégourdie et qu'elle m'a déjà induite en erreur, je vérifie quand même sur la page du Guide du Routard que j'ai prise en photo à la Fnac de la rue de Rennes. Bien m'en a pris. Finalement je pouvais descendre à Ostiense et prendre le métro pour rejoindre Termini en quatre stations. Je préviens donc Léa et Jacqueline de ce petit contre-temps et leur dit de m'attendre comme prévu à Termini. La dame qui allait elle aussi à Termini a l'air complètement paumée, elle flippe parce que son train de nuit part de Termini et en plus, elle revient de Patagonie par un vol direct donc elle a 18 heures de vol dans les pattes. La jeune femme, elle, est originaire des Pouilles mais vit à Rome depuis 4 ans. Quant au mec qui m'a certifié que oui, oui le train allait à Termini, c'est un Romain mais il ne prend jamais les transports en commun. Je fais donc une demi-heure de train avec cette équipe de bras cassés, qui ont tout de même l'avantage d'être extrêmement sympathiques. Et ça papote, et ça papote, de la difficulté de se déplacer en voiture à Rome et surtout de se garer, de la quasi impossibilité de circuler en vélo à cause de la typographie de la ville, et blabla, et blabla. Tout ça en italien je précise. Il ne manquait que les olives et le prosciutto. Je précise également que pendant tout ce temps, on est debout, coincés entre une douzaine de valises parce que le train est bondé. Ce train (de merde) a l'inconvénient de ne disposer d'aucune liste des gares, de ne rien annoncer, et même le panneau lumineux qui devrait faire le boulot ne fonctionne pas puisqu'il est resté coincé à la première station. Rajoutez à ça qu'il fait nuit noire, que les vitres sont tellement crades qu'on voit pas à dix centimètres, donc pour savoir où on en est et quand est-ce qu'on va descendre à Ostiense, c'est pas triste. Enfin, une annonce est faite. Quand je demande à la nana si Ostiense est bien après, elle m'achève. "Ca se peut". Meuf putain, je te demande pas si ça se peut, je demande si oui ou non. Bref, fort heureusement pour moi, ils annoncent quand même Ostiense et je descends, toujours avec ma dame de retour de Patagonie qui me dit qu'elle va me suivre parce qu'elle n'a pas du tout l'habitude du métro. Corde please... Me voilà dans une ville où je n'ai pas foutu les pieds depuis 11 ans, dans un métro que je n'ai jamais pris, dans une langue que je ne maîtrise quand même que moyennement, avec une dame qui se repose sur moi pour ne pas louper son train. Bon, on rencontre fort heureusement un jeune homme qui nous dit quelle ligne prendre pour rejoindre Termini et où acheter les tickets. Et hop, 1,50 euro de plus... Je suis même obligée d'acheter celui de la dame pour elle, sinon je crois qu'elle y serait encore. Bref, on arrive quand même sur le quai du métro, et là je retrouve (Dio grazie !) mes habitudes de Parisienne-Pragoise et donc on descend sans problème quatre stations plus loin à Termini. Finalmente. Je dis ciao à ma petite dame et je retrouve Léa et Jacqueline qui m'emmènent à l'auberge. Je largue littéralement mes valises dans la chambre où on rencontre un Chinois et un Brésilien, et direction une pizzeria parce que mon estomac n'admet plus aucun délai. Pizza Capricciosa pour moi, aux aubergines pour Jacqueline et végétarienne pour Léa. Repues, les filles sont partantes pour une balade et nous voilà parties dans les rues, direction le Colisée, qui est, comme il y a 11 ans, toujours partiellement en travaux. Rome est magnifique la nuit aussi, on passe par le forum romain, la piazza Venezia et son palais gigantesque. On remonte par une petite rue, et là l'appel de la glace se fait le plus fort. Triple parfum, bacio (chocolat-noisettes), stracciatella et melon. On ressort et deux minutes plus tard, il se met à grêler (je déconne pas), du coup on finit nos glaces sous le porche d'un hôtel sous le regard attendri du voiturier. Les filles me racontent leur séjour, elles ont arpenté tout Rome du Vatican à la piazza Navona, du Colisée au mont Palatin, etc, etc, et on finit par rentrer à l'auberge, car demain on se lève toutes très tôt. Je tiens à préciser que si le prix du train m'a laissée pantoise (Paris est battu, est-ce possible ?), en revanche, nos pizzas (pizze pour les puristes) et nos glaces étaient très bon marché.
Grande conversation avec le Brésilien qui a désormais ajouté Prague à la liste des villes européennes qu'il doit visiter avant de rentrer au Brésil et je finis par me coucher. Pour découvrir qu'il n'y a pas de barrière à mon lit (je suis en haut) et que vu qu'il est juste à côté d'un renfoncement, si je bouge trop, je fais une chute de deux mètres de haut. Bref, nuit assez mouvementée, j'ai dû me réveiller en gros toutes les demi-heures. Finalement, le Chinois se lève, je décide donc de faire pareil, j'avoue que je squeeze la douche parce que l'odeur et la température des sanitaires communs me découragent, j'ai un paquet de lingettes qui fera l'affaire, je rassemble mes affaires et je rejoins Léa et Jacqueline dans le hall. Direction la gare pour prendre le train (le bon, cette fois), on arrive à l'aéroport et je dis au revoir à mes deux bichettes qui vont au terminal 2 tandis que pour moi, c'est le 3.
J'ai deux heures d'avance, ce qui pour un vol à destination des Etats-Unis n'est rien du tout, surtout en Italie où tout prend un peu de temps... Pour vous dire, je ne resterai finalement en salle d'embarquement que 20 petites minutes, le temps de batailler pour tenter de me connecter au wifi. J'enregistre ma valoche, je passe les contrôles (spécifiques pour les vols à destination des Etats-Unis et d'Israël), un peu plus tatillons que d'habitude mais avec un sourire tout italien. Le mec qui checke semble beaucoup apprécier la grenouille avec une couronne qui pend de mon sac. Bref, passage des contrôles de sécurité, vérification des passeports, une fois, deux fois, vingt minutes en salle d'embarquement à batailler avec un wifi bof bof, et après un énième checkage de passeport, on monte à bord du bus qui nous conduit à l'avion. Je suis côté allée, ce qui est un peu moins cool pour dormir, mais la dame à côté de moi, une Américaine née en Californie mais vivant à New York depuis 25 ans est très gentille et me donne de bons conseils pour visiter. Premier snack, petits gressini comme hier, puis repas, lasagnes aux légumes, l'avantage de voler avec Alitalia, c'est que la bouffe est plutôt bonne. Niveau films c'est pas trop mal, je regarde pour la sans doute 15ème fois Black Swan (en anglais, of course), puis une comédie française devant laquelle je m'endors (deux bonnes heures), et là un film italien avec le deuxième petit snack.
Je signale que j'ai enlevé mes pompes au bout d'une demi-heure de vol parce qu'elles n'avaient pas vraiment séché depuis hier soir, et c'était assez désagréable. Il m'aura fallu neuf heures de vol pour me rendre compte que je n'ai pas les deux mêmes chaussettes. VDM.
Il est actuellement 23h à New York, c'est-à-dire 5h du matin en France. J'ai donc atterri à l'aéroport JFK aux alentours de 14h, c'est-à-dire au moment même où New York était pris dans une tempête de neige. On a donc mis un peu de temps à débarquer de l'avion. Ensuite passage de contrôle des passeports. Les questions du mec se sont résumées à "Que venez-vous faire aux Etats-Unis ? Allez-vous seulement visiter New York ? Voyagez-vous avec de la famille ou des amis ? Avez-vous de la famille ou des amis à NY ?". Voilà. Prise des empreintes digitales, photo et tampon sur mon passeport, et c'est tout. Point d'horrible douane américaine, point d'interrogatoire interminable, même pas la moindre question sur mes visas russe ou chinois. Bref, easy. J'ai ensuite récupéré ma valise, j'ai retrouvé Michele (ma voisine d'avion), nous avons donné nos déclarations de douane à une gentille dame souriante et nous sommes sorties. Pendant ce temps, un couple de Chinois, visiblement très en colère, tapait un méga scandale. La femme hurlait en chinois sur une dame de la sécurité, pendant que son mari, en fauteuil roulant, tentait de taper le vigile noir d'1m90-110 kilos à première vue avec sa béquille. Ils sont fous les Chinois. J'ai retiré mes premiers dollars à un distributeur, et ensuite nous avons pris ensemble le Airtrain, le train qui relie l'aéroport à la ville de New York. Au moment de payer l'Aitrain (il se paie en sortant), deux personnes nous informent que c'est gratuit aujourd'hui. Petit coup de bol. On demande au jeune homme de nous aider pour m'acheter une carte de métro pour la semaine. Il me demande d'où je viens, "I am from France", "T'as pas l'accent français toi dis donc !", me répond-il dans la langue de Molière. Il s'agissait d'un jeune Sénégalais qui avait passé quelques années à Houilles, en banlieue parisienne. Le monde est finalement minuscule. Il me dit d'ailleurs que la première fois qu'il est allé en France, c'était en 1991, soit l'année de ma naissance pour ceux qui l'ignoreraient. Bref, charmant accueil dans ma langue maternelle. Je prends le métro avec Michele et c'est finalement chez elle que j'ai fini l'après-midi, dans son adorable petit appartement situé dans un quartier carrément canon de Brooklyn. Je voyais qu'elle culpabilisait de me laisser toute seule avec mes bagages dans la neige et donc elle m'a très gentiment proposé de venir me mettre à l'abri chez elle. Elle m'a dit qu'elle avait plein de jeunes neveux et nièces et qu'elle aimait bien l'idée que quelqu'un les aiderait lors de leurs voyages. Nous avons beaucoup discuté, sommes allées jeter un œil à la vue depuis Brooklyn Heights et avons finalement dégusté mon premier burger vraiment américain dans un adorable petit resto de Brooklyn. Elle m'a ensuite consciencieusement expliqué comment me rendre chez Daphné, l'amie de Léa qui m'héberge pour deux jours, sachant que ma Couchsurfeuse m'a plantée. Une vraie belle rencontre. Et là, la galère a commencé. J'ai eu la chance de prendre un express, et j'ai surtout eu de la chance que ledit express desserve ma station de métro, à savoir 145th Street. En gros, il y a deux types de métros à New York, le local, qui dessert toutes les stations, et le express qui n'en dessert que certaines. J'ai eu du pot. Surtout que je n'entendais absolument rien de ce que le chauffeur annonçait à cause d'un mec bourré qui vociférait depuis vingt bonnes minutes. Bref, je descends victorieusement à 145th Street. Sauf que là en fait, la maison de Daphné est encore méchamment loin, et donc une jeune fille qui a l'air de bien connaître le quartier, me conseille de prendre le bus Bx19 pour descendre à Broadway. Sauf que le bus vient de passer, que le prochain est dans un bon quart d'heure, qu'il fait -9°C (j'ai toujours pas compris comment on compte en Fahrenheit), qu'il y a un vent de taré et que les trottoirs sont couverts d'une bonne vingtaine de centimètres de neige. Bref, vingt minutes plus tard, complètement frigorifiée, mes mains ne répondant plus à l'appel, un monsieur me hisse ma valise dans le bus et je demande au chauffeur où je dois descendre. "Broadway, me répond-il". Ce nom mythique sonne pour moi comme l'espoir d'être bientôt arrivée. En effet, après quelques minutes de marche qui achèvent définitivement mes mains, j'arrive chez Daphné, dans son joli petit appartement où elle vit avec ses deux colocs, Diana et Nikita, toutes deux américaines.
Je disais donc, il y a une quantité de neige sur les trottoirs new-yorkais assez impressionnante, la moitié est fondue, l'autre moitié non, ce qui donne des méchantes flaques d'eau impossible à contourner et vous trempe les pieds jusqu'à vos sous-chaussettes en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Sinon je tiens à souligner quelque chose. Ceux qui sont déjà allés aux Etats-Unis m'approuveront peut-être. Les gens sont incroyablement avenants, aimables et prêts à rendre service. Les personnes à qui j'ai demandé mon chemin ont pris le temps de m'expliquer tout en détail, le monsieur me voyant galérer avec ma grosse valise hier me l'a montée dans le bus, le chauffeur n'a pas eu l'air exaspéré que je lui demande où je devais descendre. Les Américains, en tout cas les New Yorkais, semblent avoir un contact incroyablement facile, sachant que je tapais la discute au bout de deux minutes avec la dame qui attendait le bus avec moi. Ils sont ouverts, on n'a pas l'impression de faire chier en demandant de l'aide, et surtout, évidemment, la grosse différence avec la plupart des pays dans lesquels j'ai voyagé jusqu'à présent, c'est qu'ici, je parle la langue. Même si je ne suis pas bilingue, loin de là, je parle suffisamment anglais pour demander tout ce que je veux, pour papoter d'à peu près tout et n'importe quoi avec quelqu'un, ce qui n'est le cas dans aucune autre langue. Et surtout, l'accent américain est définitivement mille fois plus simple à comprendre que les divers accents britanniques et autres, où je me demande parfois s'ils parlent vraiment anglais. Ça fait donc évidemment une différence majeure avec la Russie ou la Chine par exemple, où la barrière de la langue était énorme, voire infranchissable en Chine.
Bref, pour finir, il est actuellement 5h30 du matin à New York, et bon dieu mais qu'est-ce que je fous réveillée à cette heure-là, et bien je suis quelque peu victime du décalage horaire et je me suis réveillée à 4h30 dans une forme olympique après m'être couchée à minuit et avoir dormi deux heures en plus de 24 heures. Blague.
Dimanche 1er février 2015
Dans mon dernier journal de bord (Vilnius Bonus, de décembre dernier), j'espérais que 2015 me réserverait d'aussi beaux voyages que l'avait fait 2014. Pour l'instant, c'est plutôt bien parti puisque c'est outre-Atlantique que je m'envole désormais. Direction New York, les Etats-Unis, the Big Apple, LA Ville avec un grand V. Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier New York. New York, c'est la ville que tout le monde connaît avant même d'y être allé, tant on a pu la voir dans les films, les séries, etc, etc. New York, tout le monde en a des images, une idée, un fantasme. Si je dois avouer que New York n'était pas mon rêve absolu comme il l'est pour certaines personnes (n'est-ce pas Damien ?), plus le temps passe et plus l'excitation monte. J'ai déjà fait une liste assez scandaleuse de choses que je veux voir, manger, acheter, etc, etc. C'est aussi ma première fois aux Etats-Unis et ça me fait tout drôle. Quand j'étais plus jeune, je disais que j'irai aux Etats-Unis pour fêter mes 21 ans (l'âge de la majorité là-bas). Finalement, il aura fallu attendre l'orée de mes 24 ans pour que je me décide. J'ai sur le chemin de New York, une escale d'une nuit à Rome, ce qui tombe scandaleusement bien, puisque Léa et son amie Jacqueline sont à Rome pour quelques jours. Que demander de plus pour une escale que de déguster un bon plat de pasta avec sa meilleure amie dans une des plus belles villes d'Europe ?
Ma valise bouclée (à moitié vide, je précise, que serait un voyage à New York sans une petite virée shopping ?), je dis au revoir à Lisa et Igor, et direction l'aéroport. Dans le métro, un jeune Tchèque (avec de toute évidence, quelques origines vietnamiennes), intrigué par ma valise, me demande où je pars en voyage. On papote cinq minutes le temps qu'il me demande si je suis américaine et de me dire que lui rêve d'aller voir la tour Eiffel. J'arrive à l'aéroport après avoir attendu mon bus, il fait un temps magnifique à Prague, un soleil radieux (j'aime cette ville, mon dieu, que j'aime cette ville). En revanche, je suis arnachée globalement comme pour la Lituanie, vu que les températures à New York ne sont pas au plus haut, qu'une tempête de neige s'est abattue sur la ville il n'y a même pas une semaine et que la Grosse Pomme est connue pour être vraiment glaciale en hiver. Si je veux profiter de mon séjour, je dois me couvrir ! Au moment d'enregistrer ma valise (que je dois normalement récupérer à Rome pour ce soir, l'ayant bien précisé à la jeune femme), j'ai fait le pied de grue pendant trente minutes à cause de deux greluches qui avaient des bagages trop lourds et ne voulaient pas payer. J'ai fini par passer à un autre comptoir sous le regard compatissant des autres voyageurs.
Lundi 2 février 2014
Il est 12h06 heure de Rome-Paris-Prague et je suis actuellement dans l'avion pour New York. La soirée d'hier a été riche en péripéties et rebondissements. Bien arrivée à l'aéroport de Rome-Fiumicino, je récupère rapidement ma valise et me dirige vers la gare pour prendre le Leonardo Express, qui relie directement l'aéroport à la gare de Roma Termini. J'achète mon billet (28 euros aller-retour, bande de voleurs), je le composte et je vois tout le monde se hâter pour monter dans un train. En bon gros mouton, je fais de même en me demandant quand même si ce train va vraiment à Termini. Par précaution, je demande à un monsieur, puis à une jeune femme, puis pour être sûre à une dame. Tous les trois sont unanimes : oui, oui (d'ailleurs la dernière dame y va aussi). Je précise que tous les trois étaient italiens hein, j'ai pas pris des touristes. Sauf que quand le train a démarré et que le chauffeur a annoncé les gares desservies, point de Termini. Je lance un regard dubitatif et incertain aux autres passagers, qui me disent que finalement non, il n'y va pas. Are you serious guys ? Et merde. Bon, je demande alors à la jeune femme comment je peux rejoindre facilement Termini depuis une des stations desservies par le train. Elle me conseille de descendre à Tiburtina (pour ainsi dire la fin de la ligne), pour ensuite prendre le métro. Mais vu qu'elle a pas l'air franchement dégourdie et qu'elle m'a déjà induite en erreur, je vérifie quand même sur la page du Guide du Routard que j'ai prise en photo à la Fnac de la rue de Rennes. Bien m'en a pris. Finalement je pouvais descendre à Ostiense et prendre le métro pour rejoindre Termini en quatre stations. Je préviens donc Léa et Jacqueline de ce petit contre-temps et leur dit de m'attendre comme prévu à Termini. La dame qui allait elle aussi à Termini a l'air complètement paumée, elle flippe parce que son train de nuit part de Termini et en plus, elle revient de Patagonie par un vol direct donc elle a 18 heures de vol dans les pattes. La jeune femme, elle, est originaire des Pouilles mais vit à Rome depuis 4 ans. Quant au mec qui m'a certifié que oui, oui le train allait à Termini, c'est un Romain mais il ne prend jamais les transports en commun. Je fais donc une demi-heure de train avec cette équipe de bras cassés, qui ont tout de même l'avantage d'être extrêmement sympathiques. Et ça papote, et ça papote, de la difficulté de se déplacer en voiture à Rome et surtout de se garer, de la quasi impossibilité de circuler en vélo à cause de la typographie de la ville, et blabla, et blabla. Tout ça en italien je précise. Il ne manquait que les olives et le prosciutto. Je précise également que pendant tout ce temps, on est debout, coincés entre une douzaine de valises parce que le train est bondé. Ce train (de merde) a l'inconvénient de ne disposer d'aucune liste des gares, de ne rien annoncer, et même le panneau lumineux qui devrait faire le boulot ne fonctionne pas puisqu'il est resté coincé à la première station. Rajoutez à ça qu'il fait nuit noire, que les vitres sont tellement crades qu'on voit pas à dix centimètres, donc pour savoir où on en est et quand est-ce qu'on va descendre à Ostiense, c'est pas triste. Enfin, une annonce est faite. Quand je demande à la nana si Ostiense est bien après, elle m'achève. "Ca se peut". Meuf putain, je te demande pas si ça se peut, je demande si oui ou non. Bref, fort heureusement pour moi, ils annoncent quand même Ostiense et je descends, toujours avec ma dame de retour de Patagonie qui me dit qu'elle va me suivre parce qu'elle n'a pas du tout l'habitude du métro. Corde please... Me voilà dans une ville où je n'ai pas foutu les pieds depuis 11 ans, dans un métro que je n'ai jamais pris, dans une langue que je ne maîtrise quand même que moyennement, avec une dame qui se repose sur moi pour ne pas louper son train. Bon, on rencontre fort heureusement un jeune homme qui nous dit quelle ligne prendre pour rejoindre Termini et où acheter les tickets. Et hop, 1,50 euro de plus... Je suis même obligée d'acheter celui de la dame pour elle, sinon je crois qu'elle y serait encore. Bref, on arrive quand même sur le quai du métro, et là je retrouve (Dio grazie !) mes habitudes de Parisienne-Pragoise et donc on descend sans problème quatre stations plus loin à Termini. Finalmente. Je dis ciao à ma petite dame et je retrouve Léa et Jacqueline qui m'emmènent à l'auberge. Je largue littéralement mes valises dans la chambre où on rencontre un Chinois et un Brésilien, et direction une pizzeria parce que mon estomac n'admet plus aucun délai. Pizza Capricciosa pour moi, aux aubergines pour Jacqueline et végétarienne pour Léa. Repues, les filles sont partantes pour une balade et nous voilà parties dans les rues, direction le Colisée, qui est, comme il y a 11 ans, toujours partiellement en travaux. Rome est magnifique la nuit aussi, on passe par le forum romain, la piazza Venezia et son palais gigantesque. On remonte par une petite rue, et là l'appel de la glace se fait le plus fort. Triple parfum, bacio (chocolat-noisettes), stracciatella et melon. On ressort et deux minutes plus tard, il se met à grêler (je déconne pas), du coup on finit nos glaces sous le porche d'un hôtel sous le regard attendri du voiturier. Les filles me racontent leur séjour, elles ont arpenté tout Rome du Vatican à la piazza Navona, du Colisée au mont Palatin, etc, etc, et on finit par rentrer à l'auberge, car demain on se lève toutes très tôt. Je tiens à préciser que si le prix du train m'a laissée pantoise (Paris est battu, est-ce possible ?), en revanche, nos pizzas (pizze pour les puristes) et nos glaces étaient très bon marché.
Grande conversation avec le Brésilien qui a désormais ajouté Prague à la liste des villes européennes qu'il doit visiter avant de rentrer au Brésil et je finis par me coucher. Pour découvrir qu'il n'y a pas de barrière à mon lit (je suis en haut) et que vu qu'il est juste à côté d'un renfoncement, si je bouge trop, je fais une chute de deux mètres de haut. Bref, nuit assez mouvementée, j'ai dû me réveiller en gros toutes les demi-heures. Finalement, le Chinois se lève, je décide donc de faire pareil, j'avoue que je squeeze la douche parce que l'odeur et la température des sanitaires communs me découragent, j'ai un paquet de lingettes qui fera l'affaire, je rassemble mes affaires et je rejoins Léa et Jacqueline dans le hall. Direction la gare pour prendre le train (le bon, cette fois), on arrive à l'aéroport et je dis au revoir à mes deux bichettes qui vont au terminal 2 tandis que pour moi, c'est le 3.
J'ai deux heures d'avance, ce qui pour un vol à destination des Etats-Unis n'est rien du tout, surtout en Italie où tout prend un peu de temps... Pour vous dire, je ne resterai finalement en salle d'embarquement que 20 petites minutes, le temps de batailler pour tenter de me connecter au wifi. J'enregistre ma valoche, je passe les contrôles (spécifiques pour les vols à destination des Etats-Unis et d'Israël), un peu plus tatillons que d'habitude mais avec un sourire tout italien. Le mec qui checke semble beaucoup apprécier la grenouille avec une couronne qui pend de mon sac. Bref, passage des contrôles de sécurité, vérification des passeports, une fois, deux fois, vingt minutes en salle d'embarquement à batailler avec un wifi bof bof, et après un énième checkage de passeport, on monte à bord du bus qui nous conduit à l'avion. Je suis côté allée, ce qui est un peu moins cool pour dormir, mais la dame à côté de moi, une Américaine née en Californie mais vivant à New York depuis 25 ans est très gentille et me donne de bons conseils pour visiter. Premier snack, petits gressini comme hier, puis repas, lasagnes aux légumes, l'avantage de voler avec Alitalia, c'est que la bouffe est plutôt bonne. Niveau films c'est pas trop mal, je regarde pour la sans doute 15ème fois Black Swan (en anglais, of course), puis une comédie française devant laquelle je m'endors (deux bonnes heures), et là un film italien avec le deuxième petit snack.
Je signale que j'ai enlevé mes pompes au bout d'une demi-heure de vol parce qu'elles n'avaient pas vraiment séché depuis hier soir, et c'était assez désagréable. Il m'aura fallu neuf heures de vol pour me rendre compte que je n'ai pas les deux mêmes chaussettes. VDM.
Il est actuellement 23h à New York, c'est-à-dire 5h du matin en France. J'ai donc atterri à l'aéroport JFK aux alentours de 14h, c'est-à-dire au moment même où New York était pris dans une tempête de neige. On a donc mis un peu de temps à débarquer de l'avion. Ensuite passage de contrôle des passeports. Les questions du mec se sont résumées à "Que venez-vous faire aux Etats-Unis ? Allez-vous seulement visiter New York ? Voyagez-vous avec de la famille ou des amis ? Avez-vous de la famille ou des amis à NY ?". Voilà. Prise des empreintes digitales, photo et tampon sur mon passeport, et c'est tout. Point d'horrible douane américaine, point d'interrogatoire interminable, même pas la moindre question sur mes visas russe ou chinois. Bref, easy. J'ai ensuite récupéré ma valise, j'ai retrouvé Michele (ma voisine d'avion), nous avons donné nos déclarations de douane à une gentille dame souriante et nous sommes sorties. Pendant ce temps, un couple de Chinois, visiblement très en colère, tapait un méga scandale. La femme hurlait en chinois sur une dame de la sécurité, pendant que son mari, en fauteuil roulant, tentait de taper le vigile noir d'1m90-110 kilos à première vue avec sa béquille. Ils sont fous les Chinois. J'ai retiré mes premiers dollars à un distributeur, et ensuite nous avons pris ensemble le Airtrain, le train qui relie l'aéroport à la ville de New York. Au moment de payer l'Aitrain (il se paie en sortant), deux personnes nous informent que c'est gratuit aujourd'hui. Petit coup de bol. On demande au jeune homme de nous aider pour m'acheter une carte de métro pour la semaine. Il me demande d'où je viens, "I am from France", "T'as pas l'accent français toi dis donc !", me répond-il dans la langue de Molière. Il s'agissait d'un jeune Sénégalais qui avait passé quelques années à Houilles, en banlieue parisienne. Le monde est finalement minuscule. Il me dit d'ailleurs que la première fois qu'il est allé en France, c'était en 1991, soit l'année de ma naissance pour ceux qui l'ignoreraient. Bref, charmant accueil dans ma langue maternelle. Je prends le métro avec Michele et c'est finalement chez elle que j'ai fini l'après-midi, dans son adorable petit appartement situé dans un quartier carrément canon de Brooklyn. Je voyais qu'elle culpabilisait de me laisser toute seule avec mes bagages dans la neige et donc elle m'a très gentiment proposé de venir me mettre à l'abri chez elle. Elle m'a dit qu'elle avait plein de jeunes neveux et nièces et qu'elle aimait bien l'idée que quelqu'un les aiderait lors de leurs voyages. Nous avons beaucoup discuté, sommes allées jeter un œil à la vue depuis Brooklyn Heights et avons finalement dégusté mon premier burger vraiment américain dans un adorable petit resto de Brooklyn. Elle m'a ensuite consciencieusement expliqué comment me rendre chez Daphné, l'amie de Léa qui m'héberge pour deux jours, sachant que ma Couchsurfeuse m'a plantée. Une vraie belle rencontre. Et là, la galère a commencé. J'ai eu la chance de prendre un express, et j'ai surtout eu de la chance que ledit express desserve ma station de métro, à savoir 145th Street. En gros, il y a deux types de métros à New York, le local, qui dessert toutes les stations, et le express qui n'en dessert que certaines. J'ai eu du pot. Surtout que je n'entendais absolument rien de ce que le chauffeur annonçait à cause d'un mec bourré qui vociférait depuis vingt bonnes minutes. Bref, je descends victorieusement à 145th Street. Sauf que là en fait, la maison de Daphné est encore méchamment loin, et donc une jeune fille qui a l'air de bien connaître le quartier, me conseille de prendre le bus Bx19 pour descendre à Broadway. Sauf que le bus vient de passer, que le prochain est dans un bon quart d'heure, qu'il fait -9°C (j'ai toujours pas compris comment on compte en Fahrenheit), qu'il y a un vent de taré et que les trottoirs sont couverts d'une bonne vingtaine de centimètres de neige. Bref, vingt minutes plus tard, complètement frigorifiée, mes mains ne répondant plus à l'appel, un monsieur me hisse ma valise dans le bus et je demande au chauffeur où je dois descendre. "Broadway, me répond-il". Ce nom mythique sonne pour moi comme l'espoir d'être bientôt arrivée. En effet, après quelques minutes de marche qui achèvent définitivement mes mains, j'arrive chez Daphné, dans son joli petit appartement où elle vit avec ses deux colocs, Diana et Nikita, toutes deux américaines.
Je disais donc, il y a une quantité de neige sur les trottoirs new-yorkais assez impressionnante, la moitié est fondue, l'autre moitié non, ce qui donne des méchantes flaques d'eau impossible à contourner et vous trempe les pieds jusqu'à vos sous-chaussettes en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Sinon je tiens à souligner quelque chose. Ceux qui sont déjà allés aux Etats-Unis m'approuveront peut-être. Les gens sont incroyablement avenants, aimables et prêts à rendre service. Les personnes à qui j'ai demandé mon chemin ont pris le temps de m'expliquer tout en détail, le monsieur me voyant galérer avec ma grosse valise hier me l'a montée dans le bus, le chauffeur n'a pas eu l'air exaspéré que je lui demande où je devais descendre. Les Américains, en tout cas les New Yorkais, semblent avoir un contact incroyablement facile, sachant que je tapais la discute au bout de deux minutes avec la dame qui attendait le bus avec moi. Ils sont ouverts, on n'a pas l'impression de faire chier en demandant de l'aide, et surtout, évidemment, la grosse différence avec la plupart des pays dans lesquels j'ai voyagé jusqu'à présent, c'est qu'ici, je parle la langue. Même si je ne suis pas bilingue, loin de là, je parle suffisamment anglais pour demander tout ce que je veux, pour papoter d'à peu près tout et n'importe quoi avec quelqu'un, ce qui n'est le cas dans aucune autre langue. Et surtout, l'accent américain est définitivement mille fois plus simple à comprendre que les divers accents britanniques et autres, où je me demande parfois s'ils parlent vraiment anglais. Ça fait donc évidemment une différence majeure avec la Russie ou la Chine par exemple, où la barrière de la langue était énorme, voire infranchissable en Chine.
Bref, pour finir, il est actuellement 5h30 du matin à New York, et bon dieu mais qu'est-ce que je fous réveillée à cette heure-là, et bien je suis quelque peu victime du décalage horaire et je me suis réveillée à 4h30 dans une forme olympique après m'être couchée à minuit et avoir dormi deux heures en plus de 24 heures. Blague.
jeudi 29 janvier 2015
mardi 27 janvier 2015
Vacances en France !
Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de rentrer en France pour une dizaine de jours. Le mal du pays, non non, mais très envie de passer un peu de temps avec Nicolas. Après quelques jours à Paris, nous avons décidé de partir en week-end, direction le Val de Loire et ses fameux châteaux !
Mea culpa, je n'avais jamais visité les châteaux de la Loire, étrange me direz-vous, c'est pas si loin. Deux heures et demi par l'autoroute, départ de bonne heure pour échapper au périph' en mode heure de pointe, et nous voilà à Chenonceaux !
Fréquemment appelé "le château des Dames", il était celui que je voulais visiter en priorité. Impossible de le confondre avec un autre, il est le seul construit littéralement sur une rivière (le Cher, et non la Loire !), et sa silhouette est connue dans le monde entier. Pas mal de touristes d'ailleurs pour un mois de janvier, et une météo plutôt frisquette. Un car de Brésiliens et un autre de Japonais. Chenonceau a été construit par Katherine Briçonnet en 1519, puis offert en cadeau par le roi Henri II à sa favorite et grand amour de sa vie, Diane de Poitiers. La belle Diane embellit le château, et fait construire ce qui n'est alors qu'un pont sur le Cher. A la mort du roi (mais si, vous savez, ce stupide éclat de lance dans l’œil), la reine Catherine de Médicis exige que la favorite lui restitue Chenonceau et lui donne en échange le château de Chaumont-sur-Loire. Transaction uniquement symbolique puisque sur le plan foncier, Chaumont-sur-Loire a plus de valeur que Chenonceau. Inspirée sans doute par le Ponte Vecchio de sa ville d'origine (Florence), la reine fait construire les grandes galeries sur le pont déjà existant. Le château a alors son aspect actuel.
A la mort du roi Henri III (assassiné), Louise de Lorraine, sa veuve, se retire à Chenonceau dans le plus total recueillement. Sa chambre est peinte en noire, avec toutes sortes d'éléments de décoration lugubres et morbides : larmes, ossements, etc. Située au deuxième étage du château, elle est restée telle quelle et honnêtement, elle fait froid dans le dos.
Le château traverse les siècles, arrive la Révolution française et son lot de destructions. Heureusement, le château étant également l'un des seuls ponts sur le Cher, son aspect pratique le sauve de la démolition.
Pendant la Première Guerre Mondiale, le château est transformé en hôpital militaire, et les malades sont installés dans les galeries de Diane et de Catherine de Médicis. On a d'ailleurs visité dans un des bâtiments la reconstitution de cet hôpital militaire.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, le château marque la ligne de démarcation. Un côté est en zone libre, l'autre en zone occupée. Le conservateur de l'époque parvient d'ailleurs à faire passer clandestinement quelques résistants à travers le château.
Jolie visite, cheminée allumée au rez-de-chaussée car il fait vraiment pas chaud. Le château est aujourd'hui une propriété privée, et vous devrez vous acquitter d'une dizaine d'euros pour le visiter. En revanche, le parking est gratuit.
Petite précision orthographique : Il faut distinguer Chenonceaux (le village) et Chenonceau (le château). Le château de Chenonceau est donc situé dans le village de Chenonceaux. ;)
Pause au McDo (que nous avons eu un peu de mal à trouver malgré le GPS), puis cap sur Amboise, pour visiter cette fois le château royal.
Ou plutôt ce qu'il en reste. En effet, château royal de grande importance au XVIè siècle, Amboise a été en majeure partie détruit au début du XIXè siècle, à l'époque, on n'y voyait là qu'une bonne réserve de pierres ! La visite du château d'Amboise ne prend donc pas beaucoup de temps, nous avons donc décidé de faire une visite guidée pour le rendre un peu plus attractif. Guide très sympa, anecdotes sur le château et sur l'histoire de France. C'est effectivement à Amboise que Charles VIII est né et mort, d'une de ces morts stupides dont l'histoire a le secret. En effet, il s'est tout bonnement cogné la tête sur le linteau de la galerie. Quelques heures plus tard, il décède. Aujourd'hui, on parlerait de traumatisme crânien. Le plus cocasse de l'histoire, c'est que Charles VIII ne mesurait que 1m58... La question est donc : mais bon sang, comment a-t-il fait son compte ?
En 1515, lorsqu'il monte sur le trône, François Ier invite à Amboise Léonard de Vinci et l'installe au Clos Lucé, à proximité du roi. C'est ici que le grand Léonard s'éteint en 1519, et selon son souhait, est inhumé dans la collégiale du château d'Amboise (qui n'existe plus aujourd'hui). Ses ossements sont soustraits aux nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale et reposent aujourd'hui dans la chapelle du château.
Visite intéressante de ce qu'il reste du château (1/5 seulement...) et la guide nous indique ensuite le meilleur emplacement pour prendre une photo d'ensemble du château. A savoir, l'île située en face, au niveau des peupliers. C'est paraît-il l'emplacement préféré des Japonais, et quand on connaît leur amour de la photo... On a testé, on confirme !
Le lendemain, après une nuit de bébé et un excellent petit dej', nous mettons le cap sur Chambord à une bonne centaine de kilomètres de là. Il a gelé pendant la nuit, donc on fait gaffe aux éventuelles plaques de verglas. Le château le plus connu du Val de Loire, et aussi le plus grand, nous attend ! On pénètre dans le domaine national de Chambord. Il faut savoir que le mastodonte est entouré d'un "parc" absolument immense puisqu'il fait la taille de Paris intra-muros (rien que ça !). Ledit parc est entouré par un mur de 32 kilomètres de long, ce qui en fait une réserve de chasse parfaite, sauf que si vous voulez venir y chasser, il vous faudra une invitation de monsieur le président de la République, hé oui. Ne chasse pas qui veut sur les terres de feu les rois de France. Chambord est impressionnant, grandiose, et en tant que monument national, il est gratuit pour les ressortissants de l'Union Européenne de 18 à 25 ans. Néanmoins, Nico tenait absolument à faire la "visite insolite", nous avons donc payé environ 7,50 euros. Le problème de Chambord, c'est que ça caille. Mais genre, grave. Je vous explique le truc. En gros François Ier s'est mis en tête de construire un château immense et grandiose, mais absolument inhabitable. Premièrement, c'est totalement inchauffable. 10 000 m² habitables, malgré les 282 cheminées, c'est la mort. Surtout que c'est construit en tuffeau, pierre facile à tailler mais pas du tout imperméable, les toits sont des toits-terrasses et on n'est pas dans un climat particulièrement sec, donc infiltrations, fuites et humidité de ouf. Trente ans après sa construction, on constatait déjà des infiltrations d'eau qui endommageaient les sculptures... Par dessus le marché, il fait pas particulièrement chaud en hiver et à l'époque, on atteignait les - 15°C à l'intérieur du château ! Résidence d'été me direz-vous ? Que nenni ! Au XVIè siècle, la région est marécageuse, infestée de moustiques et l'endroit parfait pour choper la malaria. Il faudra attendre l'assainissement des marais au XIXè siècle pour que Chambord devienne fréquentable à la belle saison. Pour résumer, François Ier a lancé le chantier titanesque d'un château qu'il n'a jamais eu la moindre intention d'habiter. Il a d'ailleurs déclaré à ce sujet "Si on se souciait de l'achèvement des choses, on n'entreprendrait jamais rien". En gros, après moi le déluge, désolé les mecs, vous vous chargerez du bébé quand je mangerai les pissenlits par la racine. Sympa François. Bref, si c'est ça, pourquoi Chambord ? En un mot, pour en mettre plein la vue à Charles Quint, l'éternel rival. Le château est rempli de salamandres et de F, les emblèmes de François Ier. Quand Charles Quint traverse la France pour aller mater une révolte dans les Flandres, c'est à Chambord qu'on l'invite. Si François Ier a décidé la construction d'un château aussi énorme, dans un endroit aussi peu propice et avec autant d'innovations architecturales et esthétiques, c'est uniquement pour montrer qu'il était capable de le faire.
La visite insolite nous a donc ouvert des endroits inaccessibles autrement, a duré deux heures et demi, était passionnante et dispensée par une guide adorable, néanmoins les finances de l'Etat français ne permettant d'allumer que deux des cheminées du truc, ça a aussi été le meilleur moyen de nous congeler définitivement.
En reprenant la route, Nico se souvient du conseil de la guide selon lequel "faites attention en conduisant, il y a beaucoup de sangliers dans le parc". Alors que je balaie cette mise en garde d'un "mais t'inquiète, les sangliers c'est la nuit, le jour ils se cachent", un beau spécimen décide de se jeter sous nos roues, et un coup de frein réactif de Nico ponctué d'un beuglement de ma part nous sauve de la collision. Ça s'appelle perdre une occasion de se taire !
Une des curiosités de Chambord est bien sûr son escalier à double révolution, dans lequel deux personnes peuvent monter et descendre sans jamais se croiser, mais en s'apercevant néanmoins à travers les ouvertures. Cependant, il était en travaux, donc perdait quelque peu de son intérêt.
Pour terminer, second McDo du séjour (le GPS nous a encore une fois baladés, nous annonçant "vous êtes arrivés à destination" au beau milieu de nulle part. Décidément, il est fâché avec les Big Macs.
Mea culpa, je n'avais jamais visité les châteaux de la Loire, étrange me direz-vous, c'est pas si loin. Deux heures et demi par l'autoroute, départ de bonne heure pour échapper au périph' en mode heure de pointe, et nous voilà à Chenonceaux !
Fréquemment appelé "le château des Dames", il était celui que je voulais visiter en priorité. Impossible de le confondre avec un autre, il est le seul construit littéralement sur une rivière (le Cher, et non la Loire !), et sa silhouette est connue dans le monde entier. Pas mal de touristes d'ailleurs pour un mois de janvier, et une météo plutôt frisquette. Un car de Brésiliens et un autre de Japonais. Chenonceau a été construit par Katherine Briçonnet en 1519, puis offert en cadeau par le roi Henri II à sa favorite et grand amour de sa vie, Diane de Poitiers. La belle Diane embellit le château, et fait construire ce qui n'est alors qu'un pont sur le Cher. A la mort du roi (mais si, vous savez, ce stupide éclat de lance dans l’œil), la reine Catherine de Médicis exige que la favorite lui restitue Chenonceau et lui donne en échange le château de Chaumont-sur-Loire. Transaction uniquement symbolique puisque sur le plan foncier, Chaumont-sur-Loire a plus de valeur que Chenonceau. Inspirée sans doute par le Ponte Vecchio de sa ville d'origine (Florence), la reine fait construire les grandes galeries sur le pont déjà existant. Le château a alors son aspect actuel.
A la mort du roi Henri III (assassiné), Louise de Lorraine, sa veuve, se retire à Chenonceau dans le plus total recueillement. Sa chambre est peinte en noire, avec toutes sortes d'éléments de décoration lugubres et morbides : larmes, ossements, etc. Située au deuxième étage du château, elle est restée telle quelle et honnêtement, elle fait froid dans le dos.
Le château traverse les siècles, arrive la Révolution française et son lot de destructions. Heureusement, le château étant également l'un des seuls ponts sur le Cher, son aspect pratique le sauve de la démolition.
Pendant la Première Guerre Mondiale, le château est transformé en hôpital militaire, et les malades sont installés dans les galeries de Diane et de Catherine de Médicis. On a d'ailleurs visité dans un des bâtiments la reconstitution de cet hôpital militaire.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, le château marque la ligne de démarcation. Un côté est en zone libre, l'autre en zone occupée. Le conservateur de l'époque parvient d'ailleurs à faire passer clandestinement quelques résistants à travers le château.
Jolie visite, cheminée allumée au rez-de-chaussée car il fait vraiment pas chaud. Le château est aujourd'hui une propriété privée, et vous devrez vous acquitter d'une dizaine d'euros pour le visiter. En revanche, le parking est gratuit.
Petite précision orthographique : Il faut distinguer Chenonceaux (le village) et Chenonceau (le château). Le château de Chenonceau est donc situé dans le village de Chenonceaux. ;)
Pause au McDo (que nous avons eu un peu de mal à trouver malgré le GPS), puis cap sur Amboise, pour visiter cette fois le château royal.
Ou plutôt ce qu'il en reste. En effet, château royal de grande importance au XVIè siècle, Amboise a été en majeure partie détruit au début du XIXè siècle, à l'époque, on n'y voyait là qu'une bonne réserve de pierres ! La visite du château d'Amboise ne prend donc pas beaucoup de temps, nous avons donc décidé de faire une visite guidée pour le rendre un peu plus attractif. Guide très sympa, anecdotes sur le château et sur l'histoire de France. C'est effectivement à Amboise que Charles VIII est né et mort, d'une de ces morts stupides dont l'histoire a le secret. En effet, il s'est tout bonnement cogné la tête sur le linteau de la galerie. Quelques heures plus tard, il décède. Aujourd'hui, on parlerait de traumatisme crânien. Le plus cocasse de l'histoire, c'est que Charles VIII ne mesurait que 1m58... La question est donc : mais bon sang, comment a-t-il fait son compte ?
En 1515, lorsqu'il monte sur le trône, François Ier invite à Amboise Léonard de Vinci et l'installe au Clos Lucé, à proximité du roi. C'est ici que le grand Léonard s'éteint en 1519, et selon son souhait, est inhumé dans la collégiale du château d'Amboise (qui n'existe plus aujourd'hui). Ses ossements sont soustraits aux nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale et reposent aujourd'hui dans la chapelle du château.
Visite intéressante de ce qu'il reste du château (1/5 seulement...) et la guide nous indique ensuite le meilleur emplacement pour prendre une photo d'ensemble du château. A savoir, l'île située en face, au niveau des peupliers. C'est paraît-il l'emplacement préféré des Japonais, et quand on connaît leur amour de la photo... On a testé, on confirme !
Petite balade dans Amboise, mais bon vu la taille de la ville, c'est vite plié, et petit thé pour se réchauffer. On met ensuite le cap sur notre hébergement de ce soir. D'habitude, on va au moins cher, quitte à ce que ce soit parfois un peu spartiate mais là, on s'est accordé un hébergement plus confortable, plus original et surtout plus romantique. Nuit dans une yourte ! On arrive dans le petit village de Chançay (merci le GPS...), où Cathy et Jean-Pierre tiennent ces chambres d'hôtes sous forme de yourtes. Deux yourtes sont donc installées dans leur jardin. Ils nous ont préparé la plus petite (mais aussi la plus jolie selon nous !). Atmosphère très apaisante, déco géniale, on est ravis ! Je précise que j'avais trouvé cet hébergement via un site de tourisme dans la région, et j'avais craqué en voyant les photos. Non seulement, les photos ne mentaient pas, mais ce qu'elles ne disaient pas, c'est que l'accueil est très gentil. Le soir, on va dîner à Tours (à une vingtaine de kilomètres), dans un petit resto situé dans le vieux Tours. Le resto s'appelle "La cave se rebiffe" (mon Patrick, tu noteras le jeu de mots cinématographique). Bonne petite cuisine et accueil là encore adorable. La gentillesse serait-elle une spécialité du Val de Loire ?
La visite insolite nous a donc ouvert des endroits inaccessibles autrement, a duré deux heures et demi, était passionnante et dispensée par une guide adorable, néanmoins les finances de l'Etat français ne permettant d'allumer que deux des cheminées du truc, ça a aussi été le meilleur moyen de nous congeler définitivement.
En reprenant la route, Nico se souvient du conseil de la guide selon lequel "faites attention en conduisant, il y a beaucoup de sangliers dans le parc". Alors que je balaie cette mise en garde d'un "mais t'inquiète, les sangliers c'est la nuit, le jour ils se cachent", un beau spécimen décide de se jeter sous nos roues, et un coup de frein réactif de Nico ponctué d'un beuglement de ma part nous sauve de la collision. Ça s'appelle perdre une occasion de se taire !
Une des curiosités de Chambord est bien sûr son escalier à double révolution, dans lequel deux personnes peuvent monter et descendre sans jamais se croiser, mais en s'apercevant néanmoins à travers les ouvertures. Cependant, il était en travaux, donc perdait quelque peu de son intérêt.
Pour terminer, second McDo du séjour (le GPS nous a encore une fois baladés, nous annonçant "vous êtes arrivés à destination" au beau milieu de nulle part. Décidément, il est fâché avec les Big Macs.
vendredi 2 janvier 2015
Vilnius Bonus, le film !
Comme promis, un petit vlog de mon séjour en Lituanie ! Désolée pour la qualité pour le moins médiocre de la vidéo, c'est la toute première que je fais, le montage est très moyen, mais je tenterai de faire mieux la prochaine fois ! Cette première vidéo est surtout un test.
J'espère que ça vous plaira quand même et que ça vous donnera un petit aperçu de Vilnius et de la Lituanie. En tout cas, on s'est beaucoup amusées à tourner ces petites séquences avec Julija !
Je la remercie encore une fois ainsi que sa famille pour ce formidable séjour. THANK YOU ! <3
A bientôt pour de nouvelles aventures ! ;)
mercredi 31 décembre 2014
Vilnius Bonus !
Je suis partie quelques jours en Lituanie chez une amie rencontrée à Prague. L'occasion pour moi de découvrir ce petit pays balte souvent méconnu mais qui ne manque pas de charme !
Samedi
27 décembre 2014
L'année
2014 touche à sa fin mais avant, un petit séjour en Lituanie, à
Vilnius, chez ma copine Julija, rencontrée à Prague. Il est
actuellement 7h53 du matin, je suis en salle d'embarquement à
l'aéroport de Prague. Mon vol est prévu à 9h00, j'ai une escale à
Varsovie et ensuite, Vilnius ! Une heure de décalage horaire à
signaler, j'arriverai normalement là-bas sur les coups de 13h15
heure locale. J'ai dormi quelque chose comme quatre heures, le
thermomètre annonce -12°C température locale, ça pique. Je suis
habillée comme un Inuit, doudoune en plumes, écharpe, gants, chapka
et bottes fourrées. Je déconne pas. Ma valise a eu du mal à fermer
parce que les gros pulls, bah ça prend de la place. Vous allez me
dire mais bon sang Laurianne, tu aimes te peler le c** ou comment ça
se passe ? Oui je sais, je suis hyper frileuse, je considère qu'il
fait froid en dessous de 25°C mais je trouve toujours le moyen de
partir en vacances dans des contrées bien gelées, en hiver de
préférence sinon c'est pas marrant. Promis, cet été, un peu de
soleil est au programme !
Revenons-en
à la Lituanie, et à ma copine Julija. La Lituanie sera mon premier
pays balte, vous savez ces trois petits pays qui bordent la mer
Baltique : Estonie, Lettonie, Lituanie. J'avais initialement plutôt
l'idée d'y partir quelque chose comme trois semaines en été et de
faire les trois à la suite mais ma rencontre avec Julija a changé
la donne. Julija est une adorable Lituanienne, ses parents sont
russes mais elle est née et a toujours vécu à Vilnius, sauf depuis
maintenant trois ans où elle a décidé de faire ses études (de
droit) à Lancaster en Angleterre. Elle est actuellement chez ses
parents pour les fêtes de fin d'année mais a très gentiment
accepté que je vienne squatter quelques jours pour découvrir sa
ville. Ses parents sont donc russes mais vivant en Lituanie depuis je
crois toujours, Julija parle russe avec eux même si elle m'a dit ne
pas être capable de lire et d'écrire en cyrillique, elle écrit
donc le russe en alphabet latin (étrange pour moi et surtout pour
Lisa, mais c'est comme ça). Etant née et ayant toujours vécu en
Lituanie, Julija considère davantage le lituanien comme sa première
langue. Rajoutez à ça qu'elle parle un anglais impeccable et vous
comprendrez que je vais complexer. J'ai acheté un petit guide de
lituanien même si je doute que ce soit très utile puisque Julija
sera la plupart du temps avec moi, j'ai jeté un œil et j'ai failli
pleurer. Ça ne ressemble pour ainsi dire à rien de connu, ni au
russe, ni au tchèque, ni à que dalle, donc heureusement qu'elle est
avec moi sinon on aurait eu de grands moments (ceci dit, je me ferai
peut-être quelques balades en solo, je vous raconterai...). En
lituanien, la plupart des mots finissent en -as mais je ne sais
toujours pas comment les prononcer exactement, donc ça ne m'avance
pas des masses.
J'ai
donc atterri tout à l'heure à Varsovie, dans un paysage tout blanc
et enneigé. J'avais officiellement quarante minutes entre mon
atterrissage et mon embarquement pour Vilnius. Rien de trop mais vu
que le second embarquement a été un chouïa en retard, ça a été
tranquille. Les avions sont minuscules, en même temps on n'est pas
très nombreux. Tiens, il y a une fille avec le même gilet Marks&Spencer que moi. Bref, on s'en fout. Je suis donc actuellement dans
l'avion pour Vilnius, il continue de neiger dehors et mon iPhone
annonce -9°C en Lituanie. Enjoy.
[...]
Je suis donc arrivée ce midi vers 13h15 à Vilnius, l'aéroport est
tout petit, du coup j'ai récupéré ma valise très rapidement et
Julija m'attendait avec son papa. C'est donc en voiture que nous
avons fait notre première visite de la ville, son papa tenant très
gentiment à me montrer les meilleurs endroits et les plus jolies
choses de la ville. On a ensuite mis le cap sur la maison de Julija,
un peu plus excentrée, dans un mignon petit quartier résidentiel
pas loin de la forêt. Julija me fait visiter sa maison, et quand
elle ouvre la porte du cellier, je souris, attendrie. Des montagnes
de conserves maison, des gros cornichons dans la saumure, des
tomates, etc, bref la tradition russe dans toute sa splendeur. C'est
ce qui m'avait manqué durant mon voyage en Russie, partager un peu
le quotidien d'une famille, pour voir la vie de tous les jours et pas
seulement les trucs destinés aux touristes. Je me rattrape donc avec
Julija. Sa maman nous sert à manger, une salade de légumes (après
une semaine de resto à Prague, c'est une bénédiction, et je
n'aurais jamais cru dire ça). Je n'ai jamais autant apprécié une
salade de ma vie. Il faut aussi dire que depuis ce matin j'ai deux
gaufrettes au chocolat dans le coco, et que ça commence à pas
suffire. Sa maman nous sert ensuite une cuisse de poulet et pour le
dessert, un délicieux gâteau aux pommes et au tvarog (sorte de
fromage blanc russe, vite fait comparable à de la ricotta), le tout
arrosé de thé et vous n'imaginez pas à quel point ça passe bien.
Rassasiées, on se risque à remettre le nez dehors et son papa nous
reconduit au centre ville toujours en voiture (le pauvre, ça
m'embête un peu qu'il soit obligé de faire le chauffeur...). On se
balade donc dans le centre ville de Vilnius, l'opéra, le beffroi,
des églises en tous genres (catholiques, orthodoxes, etc, etc). A
Vilnius, toutes les religions sont représentées, ce qui donne à la
ville un visage assez unique. Marché de Noël sur la place, on
remonte différentes rues toutes bordées de jolis bâtiments et
Julija fait la guide. Bon évidemment, ici comme à Prague, il fait
très vite nuit. Le problème c'est que la température chute encore
plus. Mes pieds finissent par demander grâce et on se pose dans Coffee Inn, l'équivalent local de Starbucks (qui n'existe pas en Lituanie).
Un chai tea latte plus tard (Laska, dédicace), on repart. Vilnius
est une jolie capitale à taille humaine. On traverse le "pont
vert" comme ils l'appellent ici et Julija m'explique la
controverse qui est apparue sur les statues qui ornent le pont. Elles
datent de l'époque soviétique et chantaient à l'époque les
louanges de l'Union soviétique. Du coup, ça plaît pas à tout le
monde qu'elles aient été installées là alors que la Lituanie est
désormais un Etat indépendant. Du coup, ça bataille pour savoir si
on les vire ou pas. Bon, pour l'instant elles y sont encore, les
partisans de les laisser arguant (à juste titre selon moi), que la
période soviétique, même si elle fût parfois terrible, fait
partie de l'histoire de la Lituanie, et que ça ne sert à rien de le
nier. On prend le bus, après que j'ai acheté une carte de transport
pour trois jours (à deux euros le truc, ça aurait été dommage de
frauder). Le papa de Julija vient nous chercher à l'arrêt de bus à
pied, parce que le chemin pour rentrer est à travers la forêt et
que c'est dangereux selon eux (même s'il ne s'est jamais rien
passé). Une petite marche en forêt par - 10°C, rien de mieux pour
vous ouvrir l'appétit, tant et si bien que quand nous arrivons et
que Valentina (la maman de Julija), pose devant nous une assiette de
gros blinis fourrés au tvarog avec de la smetana et de la confiture
d'abricots, inutile de vous dire que je ne me le fais pas dire deux
fois. Gros papotage avec Julija, et là je vais aller me coucher
parce qu'il est déjà 23h15 ici, que depuis 5h du mat' heure de
Prague, ça commence à tirer un peu. Spokoyné nochi !
PS
: On pense parfois qu'il faut aller au bout du monde pour être
dépaysé. Je peux vous dire que quand j'ai vu Julija dire bonjour à
ses copines d'un petit bisou sur la bouche, je me suis pris un bon
petit choc culturel. Je lui ai demandé si c'était courant ici et la
réponse est oui (serait-ce le fameux baiser à la russe ?). Et nous
qui pensions être les rois du "French kiss"... ;)
Dimanche
28 décembre 2014
Avant
de vous raconter la journée d'aujourd'hui, je me suis aperçu que
j'avais oublié de vous parler de deux choses importantes.
Premièrement
: le paysage. On ne peut pas vraiment dire que le paysage soit
enneigé, certes c'est plutôt blanc mais il n'y a pas non plus
trente centimètres de neige pour faire un bonhomme. Je dirais
plutôt que le paysage est glacé. Tout est blanc, ce n'est pas très
épais, par contre, c'est dur. Pour vous donner un exemple, si vous
marchez sur l'herbe, elle craque sous vos pieds. Quand à la rivière,
flottent à sa surface des morceaux de glace qui vous donnent une
idée du temps.
Deuxièmement
: la monnaie. La Lituanie a pour quelques jours encore sa monnaie
nationale, le lita lituanien. Quand je dis quelques jours, c'est
vraiment quelques jours, puisque le 1er janvier 2015, c'est-à-dire
jeudi, la Lituanie adoptera l'euro. C'est loin de faire l'unanimité
ici et les gens sont plutôt inquiets de la hausse des prix que
l'euro va engendrer. Je vais donc connaître les derniers litas de
l'histoire. A ce propos, actuellement 1 euro = environ 4 litas. Les
billets et les pièces sont tous différents et vraiment très jolis.
Dommage que ce soit bientôt remplacé par les mochetés de petites
coupures en euros...
Ce
matin, la maman de Julija nous a préparé des blinis fourrés à la
banane pour le petit déjeuner, accompagnés de smetana et de la
fameuse confiture d'abricots (exquise, soit dit en passant). Après
ça, direction le centre de Vilnius pour la tournée des églises.
Mais avant ça, on est passé chercher la grand-mère maternelle de
Julija pour la déposer chez une de ses amies. En moins de deux
heures et demi, nous avions visité cinq églises, orthodoxes et
catholiques confondues. J'ai surpris Julija en me couvrant d'emblée
la tête avant de rentrer dans l'église et en faisant le signe de
croix orthodoxe dans le bon sens (c'est-à-dire le sens inverse des
catholiques). Eglise russe avec quelques personnes, messe orthodoxe
toujours aussi émouvante, c'est officiel la Russie me manque même
si je la retrouve pas mal ici, notamment grâce aux parents de
Julija. Ensuite, église catholique superbe, intérieur baroque
réalisé par des artistes italiens, messe en polonais et église
bondée évidemment, on parle des Polonais hein. Cap ensuite sur une
autre église et pour finir deux églises catholiques côte à côte
l'entrée de la deuxième accueillant actuellement un enclos avec un
âne et trois brebis (pas égarées). Les parents de Julija ont
ensuite gentiment proposé de nous emmener à Trakai, une autre
petite ville à 30 kilomètres de Vilnius. Elle est connue pour avoir
été à une époque la capitale du grand-duché de Lituanie, elle
attire aujourd'hui un grand nombre de touristes grâce à son
château, son lac et ses innombrables petites isbas (maisons en bois
colorées). Ni une ni deux, nous voilà sur la route direction
Trakai. Effectivement, ça valait le coup d'être vu ! Je craque
complètement devant les maisons en bois, le lac est magnifique, avec
le château en arrière plan et ma joie atteint son comble quand je
m'aperçois que le lac est gelé et qu'on peut marcher dessus. (Bon
ok, je suis pas allée bien loin parce qu'on n'était pas non plus
sûres de la solidité de la glace mais j'ai quand même fait
quelques pas à la surface du lac et je me suis prise pour Jésus
Christ l'espace de cinq minutes). A côté de moi, une jeune femme
chaussait déjà ses patins. J'ai trouvé de jolies cartes postales
et des timbres, donc surveillez vos boîtes aux lettres ! On prend
ensuite la direction du château, l'entrée ne coûte même pas trois
euros et l'exposition est vraiment riche et intéressante. Beaucoup
de pièces d'orfèvrerie lituaniennes et russes, des sceaux, des
pipes, des coffrets à bijoux, etc. L'expo est vraiment bien faite et
toutes les informations sont traduites en anglais, ce qui est très
appréciable, le lituanien atteignant des sommets d'incompréhension.
Dans la cour du château, il y a une petite scène avec des enfants
qui chantent, et des parents admiratifs qui regardent. Après la
visite du château, on rejoint les parents de Julija, et ils nous
arrêtent devant un resto le temps d'aller récupérer les kibinai.
Ce que j'ai oublié de préciser à propos de Trakai est que cette
ville compte une des dernières communautés karaïtes de Lituanie.
Karaïtes, kesako ? Ok, je dois avouer que je n'en savais rien non
plus, mea culpa. Les karaïtes sont une communauté juive, opposée
au judaïsme rabbinique car ils fondent leur religion seulement sur
la Bible hébraïque (écrite, l'Ancien Testament quoi) et non sur la
Loi orale. Il s'agit d'une minorité turque originaire de Crimée qui
fut amenée en Lituanie au début du XVè siècle pour servir de
garde rapprochée à Vytautas le Grand (grand-duc de Lituanie). Bref,
tout ça pour dire que non seulement nous avons pu admirer quelques
costumes karaïtes traditionnels dans le château mais surtout que
les kibinai sont une spécialité karaïte. C'est une sorte de
chausson de pâte brisée fourrée d'une farce faite de viande et
d'herbes aromatiques. Je commençais à crever la dalle, j'avais
froid aux mains, donc inutile de vous dire que le kibinai est arrivé
comme la manne dans le désert et qu'il n'a pas fait long feu.
Après
ça, on est allés récupérer la grand-mère de Julija pour la
ramener chez elle, et on s'est ensuite dirigés vers un immense
centre commercial. Le truc s'appelle Akropolis, c'est immense et
rempli de magasins. Session shopping puisque Julija veut trouver un
cadeau pour son neveu et son beau-frère et je dois acheter des
chaussettes chaudes parce que mes pieds kiffent pas le climat
lituanien. On reste un bon moment dans le centre commercial, on se
balade, et on finit par s'attabler dans un genre de cafétéria
self-service. Galette de pommes de terre, kacha arrosée de
champignons à la crème, escalope de porc et gros cornichon russe,
le tout arrosé de kéfir (il y avait longtemps), Julija est
impressionnée. Pour ceux qui auraient raté à la fois les
chroniques russes et mes aventures polonaises, le kéfir est un genre
de lait fermenté un peu aigre, que j'ai appris à aimer même si ma
première expérience n'avait pas été des plus convaincantes.
Maintenant, ça me manquerait presque. Après ça, on a fini notre
session shopping, le petit neveu de Julija aura donc une tortue ninja
et des Kinder surprise, j'ai trouvé mes chaussettes, donc direction
la maison en bus. Nous sommes actuellement attablées devant une
tasse de thé et je viens d'engloutir un surelis, une sorte de
friandise faite de tvarog entouré de chocolat et parfumé à la
vanille. Typiquement lituanien d'après Julija. La journée a donc
été une fois de plus bien remplie, j'ai encore probablement oublié
des choses qui me reviendront par la suite, je vais pas tarder à
aller me pieuter parce que nous avons encore un bon programme demain
et je ne veux pas manquer une miette de ce séjour lituanien !
Labanakt !
Lundi
29 décembre 2014
Ce
matin, les parents de Julija étaient déjà partis travailler quand
on s'est réveillées. Petit déjeuner à base de blinis et de thé,
je m'acclimate plutôt bien. Direction ensuite un cordonnier où
Julija dépose ses chaussures et direction ensuite le centre ville
pour commence l'ascension de la Colline des Trois Croix, une colline
de Vilnius où trônent effectivement trois croix blanches et qui
offre une vue assez sympa sur la ville. La montée nous réchauffe
car il fait encore une fois "freaking cold" comme dirait
Julija, ce que je traduirais pas méchamment froid. A ce moment-là,
il faisait encore un beau ciel bleu dégagé, ça s'est un peu
couvert par la suite. En redescendant, on est allées visiter la
cathédrale. Elle est spacieuse et plutôt claire à l'intérieur.
Comme dans toutes les églises que nous avons visitées jusque là,
elle est décorée d'une crèche et d'arbres de Noël. Comme on
n'avait étonnamment pas si froid que ça (mes chaussettes d'hier sont
vraiment pas mal) du coup on a entrepris de monter au château. On
l'appelle parfois le château de Gediminas, du nom du grand-duc que
l'on peut considérer comme le fondateur de Vilnius. On entreprend la
montée, sauf que comme c'est quand même méchamment en pente et
qu'il a pas mal neigé, c'est un chouïa glissant et un tantinet
périlleux. On arrive néanmoins au sommet sans que je me ramasse une
gamelle, ce qui relève proprement du miracle. (J'ai réussi à me
ramasser de tout mon long il y a quelques années sur les marches
devant l'opéra alors qu'il était tombé trois flocons). Bref, on
arrive au château et on commence la visite, qui se situe dans
l'unique tour encore debout. Là sont exposées principalement des
armes médiévales (heaumes, boucliers, épées, etc) et des photos
du château à différentes époques, selon ses différentes
destructions et reconstructions. Après ça, et comme je suis quasi
persuadée que je vais me ramasser si j'essaie de redescendre à
pied, on emprunte le funiculaire. Une fois en bas, on décide d'aller
prendre une boisson chaude bien méritée. Direction Coffee Inn une
nouvelle fois, chai latte pour moi et café pour Julija. On rencontre
alors deux touristes italiens à qui Julija donne les bonnes adresses
de Vilnius. Après on remonte une rue et on visite les nombreuses
églises qui la bordent. La première est une église ukrainienne,
qui a sans doute été superbe à une époque, mais qui aujourd'hui
est sérieusement endommagée et nécessiterait d'importants travaux.
On continue par une église orthodoxe, la seule de Vilnius qui ait
encore un couvent. Il fait déjà nuit, mais de nombreux petits
cierges parfumés brûlent dans l'église. Elle est magnifique,
l'intérieur est principalement vert. Il règne décidément dans les
églises orthodoxes une ambiance inimitable qui me rend toujours
"very emotional" comme dirait Julija. Il est normalement
interdit de prendre des photos mais j'en vole une d'un présentoir à
cierges (aucune idée de comment on peut appeler ce truc, Julija non
plus, si quelqu'un sait, merci de nous le signaler, on se couchera
moins bêtes). On finit par une autre, catholique cette fois,
polonaise de surcroît et magnifique également. En sortant de
l'église, on peut admirer la Porte de l'Aurore, seul vestige restant
des cinq portes de l'enceinte qui entourait jadis la ville. On peut y
admirer une superbe icône de la Vierge Marie, et on assiste au début
d'une messe en lituanien. En ressortant, et comme on commence à
avoir la dalle (surtout moi, inutile de le préciser), on décide
d'aller tester le nouveau resto à la mode, Jurgis ir drakonas. En
fait, ce resto est un genre de pizzeria mais il a été mis à la
mode par Andrius Užkalnis, critique gastronomique lituanien plutôt
influent. Ah bah on a vite compris que c'était à la mode, parce que
c'était plein quand on est arrivé, heureusement on n'a pas attendu
trop longtemps pour avoir une table, et c'était juste blindé quand
on est ressorties, avec une file d'attente digne d'un premier jour de
soldes. Les pizzas étaient bonnes mais rien d'extraordinaire mais
l'endroit était sympa. On est ensuite allées regarder le conte de
Noël qui est diffusé en ce moment sur les murs de la cathédrale,
une histoire de renne à neuf bois un peu fantaisiste mais mignonne,
le tout traduit par Julija parce que le lituanien, c'est pas encore
ça (je sais pour l'instant dire bonjour et merci, même au revoir
reste compliqué). Et ensuite, on a pris le bus pour aller rejoindre
ses amis dans un resto style Courtepaille, mais c'était juste
histoire de prendre un verre et de faire leur connaissance. Trois
d'entre eux font leurs études à l'étranger, en Angleterre ou aux
Pays-Bas, la dernière est restée à Vilnius et étudie
l'architecture. Ils parlent un anglais tellement excellent que j'ai
parfois du mal à suivre et que je complexe. Quoi qu'ils en soient,
ils sont vraiment très cool. On rentre ensuite en taxi (pour deux
euros, ça aurait été dommage) et nous sommes une fois de plus
attablées devant une tasse de thé pour papoter.
Mardi
30 décembre 2014
Ce
matin, direction en premier lieu le coiffeur parce que Julija a
rendez-vous pour une coupe de cheveux et une épilation des sourcils.
Son salon se trouve dans un complexe sportif, genre salle de sport et
salon de beauté. Je patiente pendant qu'elle se fait couper les
cheveux et ensuite, direction la tour de la télévision en bus. Bon,
on a attendu le bus un bon moment (le bus n°7 à Vilnius, c'est la
ligne 13 du métro parisien), tant et si bien que quand on est
arrivées à la tour, mes doigts me faisaient cruellement souffrir.
Bref, on monte dans la tour pour quelque chose comme 4 euros, et en
haut (au 19ème étage), ils ont installé un genre de restaurant
panoramique qui tourne sur lui-même. L'idée est plutôt sympa et
faire un tour complet vous prendra 55 minutes. On commande une
boisson traditionnelle lituanienne faite à base d'avoine, ça donne
une sorte de boisson lactée avec un goût plutôt sympa mais le
serveur a l'air proprement outré qu'on lui demande du sucre pour
mettre dedans. Désolée gars. Bref, on se pose un moment, on admire
la vue sur tout Vilnius enneigé, et ensuite on redescend visiter
l'exposition. La tour de la télévision à Vilnius est tristement
célèbre pour les événements qui s'y sont déroulés le 13 janvier
1991. Après que la Lituanie a déclaré son indépendance l'année
précédente, le 11 janvier 1991 les Russes envoient les chars pour
écraser les revendications d'indépendance. Ils se heurtent à une
farouche résistance de la part des Lituaniens. Le 13 janvier, les
Russes partent à l'assaut de la tour de la Télévision appuyés par
des chars T-80. Les Lituaniens résistent. Les combats font 13
victimes, dont les noms figurent aujourd'hui sur une plaque
commémorative devant la tour de la télévision. 12 hommes et une
femme, Loreta Asanavičiuté (la rue adjacente porte aujourd'hui son
nom). Toute la Lituanie porte le deuil des treize victimes. Les
Russes occupent la tour et ses environs jusqu'à finalement être
contraints de retirer leurs troupes. La Lituanie accède finalement à
l'indépendance.
En
ressortant de la tour, on met le cap sur la synagogue, mais elle est
déjà fermée quand on arrive, on ne la voit donc que de
l'extérieur. Avant la Seconde Guerre Mondiale, Vilnius comptait une
centaine de synagogues. Il n'est reste plus qu'une aujourd'hui... En
face de la synagogue a ouvert un café à chats, ce concept japonais
lancé désormais un peu partout en Europe (j'avais testé celui de
Prague avec Anna). Julija qui a une course à faire et qui se sent
moyennement à l'aise entourée de matous, me laisse gagater le temps
d'aller faire un petit tour chez Mango à la recherche d'un cadeau.
Je m'installe donc devant une tasse de thé et un muffin. La jeune
femme assise dans le canapé à côté de moi a un chat endormi sur
ces genoux, et quand elle part, elle me donne la bête qui dort donc
pendant quelque chose comme une heure et demi sur mes genoux. Mon
bonheur est complet (il ne ronronne pas comme ma Biboune, mais c'est
mieux que rien). Le chat s'appelle Milka m'informe le serveur, parce
qu'il est noir et blanc. Après avoir bien gagaté, Julija revient et
nous continuons notre promenade jusqu'au Parlement et à la
bibliothèque nationale. Sur le chemin, on s'arrête pour manger un
burger dans un petit resto tendance et très sympa. Le burger est
absolument délicieux. Enfin, on rentre à la maison pour passer un
peu de temps avec la maman de Julija. Je pars demain matin très tôt,
mais le voyage va être un peu long vu que j'ai une escale de quatre
heures à Varsovie, et que je ne serai à Prague qu'en début
d'après-midi.
Mercredi
31 décembre 2014
Ce
matin, debout à 4h du matin, le taxi commandée hier par Julija
m'attend en bas de chez elle. C'est un taxi officiel, dûment réservé
via une application, un truc sûr, où le chauffeur met le compteur
et où il n'essaie pas de vous arnaquer. Oui parce que soyons francs,
les chauffeurs de taxi lituaniens (et ils ne sont pas les seuls) sont
d'après Julija assez prompts à essayer d'arnaquer les touristes. Du
coup j'angoissais un peu, mais Julija m'a réservé le must du taxi
lituanien et tout s'est bien passé. Ça m'a coûté 55 litas et en
une vingtaine de minutes, j'étais à l'aéroport. J'ai décollé à
6h40 heure locale, pour arriver à Varsovie à 6h45 heure locale. Mon
vol pour Prague était prévu à 11h en porte 30, je me pose donc
dedans, et je m'assoupis allongée sur un banc comme une clocharde.
Mea culpa mais j'étais crevée. Finalement mon vol a été déplacé
en porte 43 et on a décollé à l'heure. On est arrivé à Prague à
midi, j'ai rapidement récupéré ma valise et je suis rentrée me
faire à manger parce que c'est pas les deux gaufrettes au chocolat
et le verre d'eau de LOT (bande de rats) qui pouvaient me caler
l'estomac. Ces quelques jours en Lituanie ont été vraiment
parfaits, rien à redire, le plaisir de découvrir un nouveau pays,
une nouvelle langue, une nouvelle ville, mêlée au plaisir de
retrouver l'ambiance et la culture russes grâce à la famille de
Julija. 2014 s'est terminé avec un magnifique voyage, j'espère que
2015 me réserve de toutes aussi belles expériences.
Julija, honey, thank you so much for these amazing days in your city and your country! You made this trip unforgettable! <3
Pour la première fois, je me suis essayée à vous faire une sorte de "vlog" de mon voyage, c'est-à-dire à filmer un petit peu ce que je faisais, des petits morceaux et j'espère réussir à en faire un petit film. Mais pour l'instant c'est pas gagné parce que je suis nulle en montage et je pense que ça va me prendre un peu de temps. Néanmoins, c'est en projet et vous serez bien sûr les premiers informés ! :)
Inscription à :
Articles (Atom)



























.jpeg)
.jpeg)
.jpeg)
