jeudi 13 juillet 2017

Bulgarie 2017 : Sofia et le monastère de Rila

Mercredi 28 juin 2017

Une fois n’est pas coutume, je commence ce journal de bord alors que je suis déjà arrivée à destination et le lendemain du jour de mon départ. Hier donc, levés à 4 :00, on se prépare, on termine les bagages et direction Beauvais en voiture. Notre nouvelle destination : la Bulgarie, et tout d’abord sa capitale, Sofia. La Bulgarie est un pays que je souhaitais visiter depuis maintenant plusieurs années, ce sera enfin chose faite ! Après Sofia, nous avons prévu de louer une bagnole et de sillonner un peu le pays (et surtout sa moitié ouest). Nous n’allons pas jusqu’à la côte et la mer Noire, contrairement à ce que tout le monde peut penser à chaque fois que je dis « Je pars en Bulgarie ».

Nous voilà donc arrivés à Beauvais, je hais décidément cet aéroport mais il faut reconnaître que leur formule de parking longue durée est pratique et bon marché. En revanche, l’odeur des toilettes laisse planer un doute quant à l’utilisation d’armes chimiques… Nous passons le contrôle (je bipe encore de je-ne-sais-quoi, ils m’inspectent moi et mes bagages sous toutes les coutures, bref la routine). Salle d’embarquement, avion. Le vol est assez désagréable, à cause de la ribambelle de gamins qui sont à bord et qui ont décidé de hurler (juste de hurler, pas de pleurer) et des vidéos qu’on leur passe (sans écouteurs) pour essayer de les calmer. Je dors quand même une petite heure, bouquine le reste du temps et arrive à Sofia la tête farcie et en espérant ne plus croiser l’ombre d’un môme pour le reste des vacances. Bref, on arrive au terminal 1, on sait qu’il faut se rendre au terminal 2 pour prendre le métro et rejoindre le centre-ville, on attend la navette pendant environ 30 minutes ( !), on arrive finalement audit terminal 2, achetons deux tickets de métro grâce à quelques billets de leva que j’ai retrouvés dans mes affaires et dont je ne me rappelle plus la provenance (Blagui, est-ce toi ?). Nous voilà donc dans le métro et l’on descend à Serdica, le centre de Sofia si j’ai bien compris. On se met en quête de notre AirBnB (on n’a quasi rien mangé de la journée à ce stade et mon estomac menace de m’intenter un procès). Après avoir un peu tourné, viré, demandé à une personne, on arrive en bas de l’immeuble (rose et mignon, surtout comparé à quelques autres de la rue). Xristiyan descend nous chercher, me monte galamment ma valise et nous arrivons dans notre petit appartement (qui fait penser à un petit placard, mais un placard fort agréable). Il commence par un escalier raide comme une échelle pour arriver sur un petit palier avec une bouilloire, une petite plaque de cuisson et un évier. A côté la porte de la salle de bains, spacieuse, douche à l’italienne (genre vraiment à l’italienne, toute la salle de bains est la douche) et la chambre, lit double, petits fauteuils et surtout une clim. Alléluia ! On le remercie, on dépose nos affaires et on se met en quête d’un endroit où se sustenter. On descend l’avenue Vitocha, piétonne et bordée de bars et de cafés plus tentants les uns que les autres. On déjeune finalement à une petite adresse hyper bobo, déco de récupération, carte moderne. Il fait chaud, et je me régale d’une salade de poulet sauce moutarde et miel, Nicolas d’une salade à base de fromage, accompagnée d’une bière. Pour moi, ce sera limonade à la fraise et au basilic (exquis !). L’estomac plein mais pas non plus trop alourdi, on commence la visite du musée d’histoire de Sofia, situé dans le superbe bâtiment des bains construit au début du XXe siècle. Le bâtiment à lui seul mériterait la visite et il est très drôle de voir des icônes médiévales exposées dans ce que l’on reconnaît clairement comme une piscine creusée. Le musée expose quelques trésors archéologiques, les icônes et des meubles et vêtements de la bonne société bulgare du XIXe et XXe siècle. Musée sympa et dont la visite n’est pas interminable. Ensuite, on décide de faire le Free Sofia Tour. J’aime généralement beaucoup ces visites guidées « gratuites » (on donne ce que l’on veut), dispensées en général par des jeunes locaux et toujours très intéressantes. J’avais déjà expérimenté à Prague, Bratislava et Budapest. Aujourd’hui notre guide s’appelle Niki, il a je pense la trentaine et vient d’une petite ville dans les montagnes des Rhodopes. On fait la visite, on apprend plein de choses que je vous restituerai probablement en temps utile. Il a avec lui un paquet de bonbons genre La Croix bleue et en distribue à ceux qui répondent bien à ses questions. Je repars avec trois bonbons haha. Il comprend rapidement que je lis le cyrillique grâce au russe (le russe a quelques lettres en plus par rapport au bulgare, mais c’est à 99% la même chose). Je dirai juste que le « signe dur » est beaucoup plus présent en bulgare qu’il ne l’est en russe où il a quasiment disparu. Après cette visite d’un peu plus de deux heures, on se dirige vers un restaurant traditionnel bulgare. Le patron est ADORABLE et je pèse mes mots. On dîne dans un petit jardin à l’arrière du restaurant, on se régale d’un chuchli burek (je noterai plus tard le nom correctement). C’est une sorte de poivron rouge farci de fromage genre feta ou faisselle un peu plus solide, entourée de pâte et frit. De la bombe. Ensuite je goûte un plat de poulet aux oignons et aux champignons. Le patron est vraiment charmant, il me taquine lorsque je commande de l’eau en me disant que l’eau c’est fait pour nettoyer et pas pour boire. (Je précise qu’il parle parfaitement anglais). Je rétorque en riant que je nettoie justement mon corps, il se marre et me dit « Haha un point pour vous ». Il est très attentionné envers ses clients et lorsque l’on repart, il nous interroge sur la suite de notre voyage et nous conseille vivement de visiter Veliko Tarnovo, ce qui n’est malheureusement pas prévu, mais on modifiera peut-être.

L’estomac plein, absolument épuisés, on retourne à notre petit appartement. L’heure de décalage horaire entre Paris et Sofia joue en notre faveur, il est 23h, je m’écroule dans mon lit et à peine trois minutes plus tard, je dors à poings fermés.

Ce matin, réveil à 7h30, petite douche et on ne va pas tarder à se diriger vers un marché que Niki (notre guide d’hier) nous a conseillé pour les petits déjeuners.

Jeudi 29 juin 2017

Comme d’habitude, tout s’est enchaîné beaucoup trop vite pour que je trouve le temps d’écrire. Hier matin, nous avions donc mis le cap sur le marché couvert pour prendre notre petit déjeuner. On passe à une sorte de stand de boulangerie, on achète quelques « viennoiseries » et on se dirige vers le café au centre du marché. Sauf que la nana nous a clairement fait comprendre qu’on n’avait pas le droit de manger nos trucs sur ses tables, même si l’on commandait quelque chose à boire. Ok… Du coup, on a fini dans un supermarché à s’acheter deux petites briques de jus de fruits et dans le parc devant le musée de l’histoire de Sofia. Après le petit déjeuner a commencé la tournée des églises. La grande d’abord, la plus connue, orthodoxe évidemment, la cathédrale Alexandre Nevski, ainsi nommée en l’honneur des Russes qui ont offert les cloches si je me souviens bien. Bref, elle est magnifique, très grande et on trouve parmi les touristes, quelques fidèles qui là encore embrassent les icônes. Puis c’est la basilique Sainte-Sophie, qui sur un malentendu, a donné son nom à la ville. Nous visitons ensuite le musée des icônes, installé dans la crypte de la cathédrale. On se dirige ensuite vers l’église russe, adorable de l’extérieur mais remplie de touristes totalement irrespectueux des lieux (shorts, parlent fort, etc.). Ca a passablement le don de m’énerver. Pour le déjeuner, on se dirige vers un petit resto dans une courette, comme il fait chaud on se contente de bonnes salades et Nico ayant semble-t-il impérativement besoin d’une sieste, on rentre à l’appartement se reposer. On ressort sur les coups de 16h, direction un parc visiblement très apprécié des Sofiotes (les habitants de Sofia, oui oui), beaucoup de monde, plein de petits stands qui vendent des trucs à manger et à boire, plein de jeux pour les gamins, plein de chiens qui courent. On loue un petit pédalo sur un lac, on se balade dans le parc, et pour finir on met le cap sur un restaurant que l’on a repéré. Malheureusement ils sont complets, donc on en trouve un autre. On a attendu une heure pour avoir deux plats et ils sont finalement arrivés une demi-seconde avant que je pique une crise (je crevais la dalle). Heureusement, c’était plutôt bon. Après ça, on a voulu tester un bar dont parlait le Routard et qui se trouvait être juste à côté du resto des escargots sous tranquilisants. On arrive dans un appartement immense, on a l’impression d’être à la maison, on commande ses boissons dans la cuisine et on se vautre dans un canapé. Le bar est ultra sympa et vaut carrément le détour. Je me désaltère d’un jus de myrtilles et Nico d’un cidre à la rose (cidre sans alcool, j’ai pas trop compris mais c’était très bon). On discute rapidement avec deux Français qui font un pub crawl (une tournée des bars) et ce bar figure sur la liste. Ils ont bien aimé Sofia aussi. Après ça, retour dans notre petit placard et dodo.


Ce matin, on est allés récupérer la voiture à l’aéroport. J’appréhendais un peu qu’il y ait un souci, on m’avait parlé de certains problèmes parfois dûs à certaines cartes bancaires. Mais non, tout est allé comme sur des roulettes. On récupère notre voiture (surclassée grâce à la carte fidélité Europcar de Nico). Bref, on prend la route. On constate rapidement qu’il y a encore beaucoup de bâtiments très abîmés, de petits endroits qui témoignent que la Bulgarie est encore dans une sorte de transition économique. On quitte ensuite la banlieue de Sofia pour arriver dans les montagnes. Les limitations de vitesse sont incroyablement basses, 40 km/h quasi partout, Nico est au bord de l’apoplexie. Tout le monde ne les respecte pas, évidemment mais je préfèrerais éviter d’avoir affaire à la police bulgare tout de suite. Après avoir avalé un McDo sur l’autoroute (on n’avait pas pris de petit dej et on mourrait de faim…), on arrive au monastère. Comme on va y passer la nuit et qu’il est pour l’instant pas mal envahi par les touristes, on décide d’aller faire une grande balade en forêt dans la direction des 7 lacs (mais c’est trop loin pour qu’on les rejoigne à pied). Après deux heures de marche dans la forêt, la gadoue, les branches, les mouches et moustiques, les baskets trempées, on revient finalement au monastère. Vu qu’on n’a rien mangé depuis notre « brunch DoMac », on s’installe à un des petits restos en contrebas du monastère. La dame ne parle quasiment pas anglais, mais avec quelques mots de russe on parvient à se comprendre. L’occasion pour moi de goûter le tarator, une spécialité bulgare, soupe froide à base de yaourt, de concombre et d’aneth. Ca ressemble beaucoup au tzatziki, en version soupe. Après ça, shopska salata, que je connaissais déjà de Prague, mais elle est meilleure ici. Salade de tomates, poivrons, concombres, olives, persil et surtout le « sirene », ce fromage dans la saumure qui ressemble un peu à de la feta mais en meilleur. On rejoint ensuite le monastère, on regarde le soleil se coucher sur les dômes de l’église et on rejoint notre petite cellule monacale pour une nuit de sommeil bien mérité sous des couvertures indignes d’un Labrador. Bonne nuit les amis !

Nos bonnes adresses

Lyubimoto / Любимото - 25 ul. General Parensov
On vous le recommande aussi bien pour l'agréable terrasse dans le petit jardin, pour les poivrons frits farcis au fromage que pour l'accueil adorable et anglophone du patron !

The Little Things - 37 ul. Tsar Ivan Chichman
Déco originale à l'intérieur du restaurant, jolie petite cour, cuisine originale et bien exécutée, accueil sympa et en anglais. 

Tea House - 11 ul. Georgi Benkovski
Salon de thé très agréable, immense choix de thé, accueil sympa et plusieurs options pour les régimes végétariens, végétaliens, raw food, gluten free, etc. 

The Apartment - 68, ul. Neofit Rilski
OH MY GOD ! Il faut aller dans ce bar si vous passez à Sofia. Un bar où l'on se sent comme à la maison, on va commander sa boisson dans la cuisine, on s'installe dans un canapé ou par terre sur des coussins. Super déco, prix archi abordables et beaucoup d'options pour ceux qui ne boivent pas d'alcool, merci, coeur sur vous ! ;)

jeudi 4 mai 2017

Il Bel Paese (Bologna e Ferrara - Aprile 2017)

Une nouvelle fois, je n'ai pas voulu faire un journal de bord en bonne et due forme pendant notre court séjour, j'ai voulu en profiter à fond, mais ça ne m'empêche pas d'avoir noté dans un petit coin de ma tête plein de choses à vous dire, de remarques à faire et de bonnes adresses à vous conseiller ! 

Pourquoi cette destination ?
Commençons par le commencement. Cette année, mon cher et tendre et moi fêtons nos 4 ans de relation, nous étions donc à la recherche d'une destination sympa après Bruxelles, Istanbul et Séville. Les critères pour nos petits voyages sont toujours les mêmes : destination plutôt proche (donc a priori Europe ou Proche-Orient/Maghreb), une grande ville sympa à découvrir, riche en patrimoine et en visites intéressantes et comme on aime bien manger, une riche gastronomie est toujours la cerise sur le gâteau. 

Depuis déjà deux ans, j'avais envie de retourner en Italie. Je suis déjà allée deux fois à Rome et une fois à Venise, dans des contextes très différents et Nicolas ne connaissait pas il Bel Paese (expression de Dante lui-même, je n'ai rien inventé). Vergogna ! 
Nous avions un temps hésité avec Florence mais les tarifs plutôt dissuasifs des billets et ceux en revanche très attractifs pour Bologne ont vite fait pencher la balance en faveur de la pétillante capitale de l'Emilie-Romagne. 

Combien de temps ?
Nous sommes donc partis du mercredi 26 avril au soir au dimanche 30 avril (midi). En à peu près deux jours, nous avions déjà un bon aperçu de Bologne et avons décidé de consacrer notre samedi à une autre ville, Ferrare (Ferrara en italien, mais nous les Français avons cette étrange manie de franciser tous les noms). Ferrare n'étant qu'à une demi-heure en train de Bologne, c'était tout à fait faisable. Je précise aussi que cette région est un véritable foyer de villes magnifiques telles que Parme, Modène, Plaisance, Ravenne, etc. On peut donc tout à fait imaginer un séjour d'une dizaine de jours et faire toutes ces villes. Nous n'avions malheureusement pas autant de temps, nous nous sommes donc consacrés à Bologne et à Ferrare. 

Où avons-nous élu domicile ?
Comme depuis maintenant trois voyages, nous avons décidé de louer un petit appartement via AirBnB. On aime la liberté que cela permet, l'espace souvent plus important que dans les hôtels et surtout le sentiment d'être presque un habitant et pas seulement un touriste. Nous avions trouvé un adorable petit appartement dans l'enceinte des murs, Giulia nous attendait à notre arrivée, l'appartement était encore plus agréable que sur les photos, bref réussite totale ! 
Je précise d'ores et déjà pour mes amis italiens qui viendraient à passer sur ce blog que oui, l'appartement était doté d'une moka (ce que nous Français appelons une cafetière italienne) et d'un bidet, cette installation quasiment disparue des salles de bains hexagonales et qui semble absolument vitale à la moitié des Italiens que je connais vivant en France. Nous avons testé les deux, approuvé les deux, et acheté une moka (le bidet est évidemment, plus difficile d'installation...). 

Qu'avons-nous visité ?
Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu'en Italie, il y a beaucoup d'églises, toutes plus belles les unes que les autres et qu'on rate une énorme part du patrimoine italien si on ne les visite pas. 

A Bologne, nous avons commencé par la Basilica San Giacomo Maggiore, superbe et visiblement encore bien fréquentée par les fidèles. Nous nous sommes ensuite rendus à la Basilica Santo Stefano,  qui est en réalité un ensemble magnifique de quatre églises de style roman (les églises romanes en France sont plutôt rares, donc ne manquez pas celles-ci !). Atmosphère intemporelle. Dans l'après-midi et le ventre bien plein (on parlera de la nourriture plus tard, pas de panique...), la Basilica di San Domenico, où l'on peut admirer la statue d'un ange par Michel-Ange. Le deuxième jour, nous avons poursuivi notre exploration du riche patrimoine bolonais et cela nous a conduits à la Basilica San Petronio, du nom du saint patron de la ville, église où Charles Quint fut couronné empereur du Saint Empire romain germanique en 1530. 

En dehors des églises, nous avons également visité les Musei di palazzo Poggi. Le palais en lui-même mériterait presque la visite, mais ce qui nous a surtout étonnés et que nous n'avions jamais vu auparavant est une collection de cires anatomiques particulièrement réalistes. Ladite collection de cires est considérée comme la plus ancienne du monde. Un conseil : c'est tellement réaliste que mieux vaut y aller l'estomac vide. Nous sommes aussi allés voir l'Oratorio di Santa Cecilia, réputé être la chapelle Sixtine de Bologne. Jolies fresques et charmant petit cloître. Enfin, visite de l'Oratorio di San Colombano - Collezione Tagliavini. Au programme : collection de clavecins, clavicordes, orgues et pianofortes, et ils fonctionnent encore ! Le personnel du musée était particulièrement gentil, heureux de nous faire découvrir la collection et pour la plupart d'entre eux, francophones. 

A Ferrare, nous avons visité le Castello Estense. Si la bâtisse est superbe, la visite de l'intérieur ne présente pas, selon nous, un intérêt majeur. La plupart des salles sont vides et, à part quelques belles fresques, il s'agit surtout de lire les explications sur la famille d'Este et la construction du château. A donc bien prendre en compte avant de débourser les 8 euros demandés. On vous proposera sûrement aussi de payer 2 euros supplémentaires pour avoir accès à la Torre dei Leoni, ce qui permet d'avoir un joli point de vue sur la ville. Nous avons également visité la Cattedrale, dont la façade extérieure est pour le moment en travaux. Je précise que le centre de Ferrare a subi en 2012 un tremblement de terre qui a mis à mal les travaux de rénovation qui étaient menés jusque là. Du coup, certaines églises et monuments sont fermés au public pour des raisons de sécurité. Néanmoins, une promenade dans le centre de Ferrare vaut le détour, la ville est pleine de charme et si vous n'êtes pas comme moi une phobique de la petite reine, la ville se parcourt aisément à bicyclette, comme le font les Ferrarais. 

Avons-nous bien mangé ?
Quand on parle de l'Italie, il s'agit presque là d'une question réthorique. Nous avons bien mangé, beaucoup mangé et de surcroît découvert des spécialités culinaires de la région et des deux villes que nous avons visitées dont j'ignorais l'existence. Permettez-moi donc de m'appesantir quelques minutes sur la gastronomie. 
Avant toute chose, je me dois de tuer un mythe (si j'ose dire). Sachez que vous ne trouverez pas en Italie, ni à Bologne, ni ailleurs de "pâtes à la bolognaise", ce terme est impropre en italien et ne signifie rien. La recette de pâtes accompagnées d'une sauce à la tomate et à la viande se dit en italien "pasta al ragù" et rien d'autre. Ce sont des Italiens émigrés à l'étranger, qui, nostalgiques de leur ville et de sa gastronomie, ont inventé ce terme de "pâtes à la bolognaise". 
Les pâtes justement, ou plus exactement la pasta (toujours au singulier !) : la spécialité de Bologne est la tagliatelle, créée par un cuisinier en hommage à la belle chevelure blonde et ondulée de Lucrèce d'Este, débarquée à Bologne pour épouser Anibale Benti Voglio. Aujourd'hui, elle bénéficie d'une appellation contrôlée, alors pas question de faire n'importe quoi ! On trouve aussi les tortellini (sorte de pâtes farcies), ou tortellacci (même chose, mais plus gros) ou encore les célèbres lasagne. Nous avons également découvert un type de pâtes jusque là inconnu, la gramigna, servie alla salsiccia (avec une sauce à base de saucisse). Les tortellini peuvent parfois être servis dans un bouillon, on dit alors al brodo. 
La région de l'Emilie-Romagne est également connue pour sa charcuterie et ses fromages (que vous pourrez déguster en antipasti, donc avant les pâtes). Culatello di Zibello, prosciutto di Parma, mortadella, parmigiano, et bien d'autres ! 
A Ferrare, ne passez pas à côté de deux spécialités de la ville (testées et approuvées par nos soins). Tout d'abord, les cappellacci alla zucca (sortes de pâtes farcies au potiron, servies al ragù) pour un léger mélange sucré-salé du meilleur effet. Toujours au rayon du sucré-salé, goûtez le pasticcio di maccheroni. Imaginez des macaronis, de la viande, des champignons, de la sauce, le tout enfermé dans une sorte de pâte un peu sucrée. Exquis. 
Quant aux desserts, ce fut probablement là nos plus grandes découvertes. Outre les traditionnels tiramisu et panna cotta, nous avons découvert la zuppa inglese (oui, oui, si on traduit ça donne soupe anglaise). Gâteau alternant une génoise imbibée d'alkermès (un alcool), des couches de crème pâtissière et de crème au chocolat. Original, même si je n'en étais pas fan, le goût de l'alcool étant trop prononcé pour moi. On a également goûté une torta alle mandorle, recouverte de sortes de petites tagliatelles frites. Pas mauvais. 

Mes bonnes adresses
Trattoria dal Biassanot (Via Piella, 16a)
Très bon restaurant, cuisine traditionnelle bien exécutée. Il est préférable de réserver pour le samedi soir. 

Osteria Broccaindosso (Via Broccaindosso, 7a)
Excellente cuisine, n'hésitez pas à vous laisser guider par le patron. Attention, c'est copieux (et on ne gâche pas une cuisine aussi exquise !). 

Incrocio Montegrappa (Via Montegrappa, 7d)
Resto plutôt classe et pourtant prix raisonnables. Bonnes assiettes d'antipasti et de pâtes.

La Bella Napoli (Via San Felice, 40)
Si malgré toutes les autres spécialités, vous mourrez d'envie d'une pizza, celles-ci sont cuites au feu de bois, bon marché et délicieuses. Que demander de plus ?


lundi 31 octobre 2016

4 jours à Copenhague

Pour des raisons personnelles, je n'ai pas eu l'occasion de faire un journal de bord en bonne et due forme pour ce voyage. Je me contenterai donc juste de vous faire part de quelques unes de nos réflexions, de partager avec vous quelques bonnes adresses et de râler sur quelques trucs qu'on n'a pas trop kiffés (ou pas vraiment compris).

- Bon déjà, trois heures de retard au départ de Paname, soit un après-midi bouffé, merci EasyJet.
- Une super chambre, dans un super appart', dans un quartier sympa et tranquille. Merci Airbnb.
- Jolie ville, heureux mariage d'architecture ancienne et plus contemporaine. Ville très propre (bon, à part Christiania, mais on y reviendra). Cafés cosy et douillets à chaque coin de rue (hygge*). 
- Un peu déçus côté bouffe, toutes les peines du monde à trouver un endroit où goûter la cuisine danoise. On en est même arrivés à se demander s'il y avait réellement une cuisine danoise. On a quand même fini par mettre la main sur un resto où Nico puisse goûter les fameux harengs, mais ce ne fut pas sans mal.
- Un système de titres de transport très étrange. On n'a pas tout compris, notamment comment avec 130 couronnes sur notre carte, on ne pouvait pas payer deux fois 12 couronnes. Faudra m'expliquer.
- Quelques endroits vraiment sympas, branchés, je dirais presque incontournables. Un super après-midi à Tivoli (parc d'attractions en plein centre-ville). Ambiance familiale et bon enfant, des attractions pour tous les âges, décoration pour Halloween au top (je pense que la production nationale de citrouilles est exclusivement réservée à la déco de Tivoli).
- Une très belle rencontre en la personne de Cecilie (et de son mari Bjorn aussi bien évidemment), le couple qui nous a accueillis le temps de notre séjour.
- Les meilleurs chai latte de ma vie.
- La désagréable impression que tout, je dis bien absolument TOUT se paie, et se paie cher. (1,60 euro un verre d'eau dans un pays comme le Danemark, c'est de la mesquinerie). Et c'est encore plus désagréable quand ça ne figure à aucun moment sur la carte.
- De belles balades à faire le long des canaux ou de la mer.


Nos adresses coups de cœur

Sporvejen
Resto très sympa, ambiance wagon de train, où vous pourrez déguster de délicieux burgers à prix raisonnables.
Gråbrødretorv 17

Café Paludan
Super café à l'ambiance de bibliothèque. Belle assiette de brunch et excellent chai latte.
Fiolstræde 10

Next door Café
Excellente adresse pour un petit déjeuner. Excellent chai latte et bons pancakes. Prix raisonnables.

dimanche 11 septembre 2016

Hola Barcelona !

 Sagrada Familia



Tapas

samedi 10 septembre 2016

Yovo in Togo (#8) : La fin du voyage !

Dimanche 28 août 2016

Que de choses à raconter depuis que je n’ai pas écrit. Vendredi, nous sommes donc allés à Tsévié avec Emmanuel, déposer son dossier de demande de modification d’acte de naissance auprès du tribunal. On est partis en moto, mais il faut savoir que Tsévié est assez loin, la route étroite, le trafic intense. Pas forcément très agréable mais ça allait encore. On arrive à Tsévié, que là encore, Emmanuel connaît comme sa poche (bien que ce ne soit pas son bled d’origine), on patiente devant le tribunal (un bon moment…) pour un truc qui a duré en tout et pour tout une minute trente. On a ensuite profité d’être là pour qu’Emmanuel aille saluer une de ses amies, sauf que ladite amie n’était pas encore arrivée, on a vu sa maman, sa sœur, tous les enfants de la famille et du quartier, tout ce petit monde commentait mes cheveux et mes cils en éwé (Emmanuel me traduisait ce qui me concernait). On a été faire un tour au marché de Tsévié, tout aussi bordélique que les autres. Ladite amie est finalement arrivée 10 minutes avant qu’on parte mais on a quand même pu la saluer. Nous reprenons la route, de nuit. Jésus Marie Joseph, j’ai cru mourir cinquante fois. La route étroite, pas éclairée, de nuit, plein de voitures, de motos, de camions, tout ce petit monde roulant à vive allure et se doublant à qui-mieux-mieux. J’ai dû probablement broyer l’estomac d’Emmanuel, qui continuait de rire de mes gémissements apeurés. On arrive finalement sur la quatre voies qui marque le début de Lomé. Et là, c’est le pompon, tout le monde accélère, des gens traversent la route de nuit à pied et sans lumière, tout le monde se double dans un concert de klaxons. C’est un miracle qu’on soit encore en vie et qu’on n’ait tué personne. Je n’avais de toutes façons pas vraiment d’autre choix que de faire confiance à Emmanuel les yeux fermés (c’est le cas de le dire parce qu’en plus je me prenais plein de poussière et de sable dans la figure). Je ne vous parle même pas de ce qu’on a respiré pendant une grosse demi-heure mais si j’avais fumé deux paquets de cigarettes, c’était pas plus nocif je pense. Mon Dieu, c’est pas permis de polluer comme ça… Bref, on arrive finalement sains et saufs au restaurant pour rejoindre les autres. Au menu de ce soir : fufu mais avec malheureusement une sauce beaucoup trop épicée pour moi et je ne me régale pas autant que la dernière fois. Je dis au revoir à Tiffanie puisqu’elle part cette nuit.

Samedi, j’ai profité de ma journée pour faire mes bagages, profiter une dernière fois de la plage. Madame Brigitte m’a invitée ainsi que Martin et Salomé (et Aleysha mais elle n’a pas daigné venir). Petit repas chez elle à base de brochettes et de koliko (frites d’igname) avec une sauce à base de poivrons et de piments mais c’était vachement bon. Ils m’ont offert un collier et des boucles d’oreilles, ainsi qu’un certificat de travail au sein de l’ONG. J’en ai aussi profité pour aller donner sa peluche à la petite Elisabeth. Au moment de dire au revoir (ou plutôt adieu…) à cette petite gosse, je me suis mise à pleurer. Le soir j’ai dîné avec Emmanuel dans un resto, plat de spaghettis officiellement à la bolognaise mais je dirais plutôt à l’arrabbiata version togolaise, c’est-à-dire que ça arrachait de fou et je me demande comment je n’ai pas craché du feu. Au moment où Emmanuel me ramène chez moi pour que je termine ma valise, on se fait arrêter par la police. Il faut savoir qu’il y a deux jours il y a eu des vols de motos et trois meurtres dans ce quartier, du coup la police a mis en place des sortes de barrages de nuit pour vérifier que les motos appartiennent bien à ceux qui les conduisent. On s’arrête, Emmanuel montre les papiers de la moto, ça ne semble pas suffire au policier qui commence à dire à Emmanuel de descendre de la moto. Emmanuel lui explique qu’il doit m’emmener à l’aéroport pour prendre mon avion (en fait il doit d’abord me déposer chez moi et je pars à l’aéroport en voiture mais ça revient au même), le flic lui répond qu’ils vont trouver quelqu’un pour m’accompagner. Il n’en est évidemment pas question, primo je ne fais confiance qu’à Emmanuel pour conduire la moto, secondo, je ne pars pas avec n’importe qui en pleine nuit sur une moto, tertio la police ne m’inspire pas particulièrement confiance. Bref, on refuse. Comme c’est bien évidemment de l’argent que le flic veut pour nous foutre la paix, Emmanuel lui sort 500 francs, ça n’a pas l’air d’être suffisant, du coup je fais semblant de me mettre à pleurer. Je dois être plutôt bonne actrice puisque même Emmanuel y croit. Bref, le flic empoche les 500 francs, abandonne le reste, tenterait presque de me « consoler ». Cent mètres plus loin, je demande à Emmanuel si j’ai bien fait de faire semblant de pleurer. Il rigole et me dit « Ah oui c’était très bien ». Bref, on arrive chez moi, je boucle ma valise. A 2h du matin, Delphine débarque en voiture avec Koffi et un autre gars que je ne connais pas. On s’entasse tous dans la bagnole. On démarre sur les chapeaux de roues, les feux rouges semblent être purement décoratifs pour Koffi, on arrive à l’aéroport. Delphine me dit au revoir, repart avec Koffi. Emmanuel reste avec moi jusqu’à ce que je doive passer le contrôle aux frontières. Je lui dis au revoir, passe le contrôle, m’installe en salle d’embarquement. A l’heure où l’on devrait commencer à embarquer, toujours pas d’avion en vue. Ca promet. A l’heure où l’on est censé décoller, toujours pas d’avion et ils annoncent du retard. Dix minutes après, on nous annonce que le vol est « reporté ». A quand ? A la Saint-Glinglin visiblement, puisque le personnel de l’aéroport commence à répartir les gens selon qu’ils peuvent rentrer chez eux ou doivent aller à l’hôtel. Je rappelle le pauvre Emmanuel (qui rentre chez lui à pied et je vous explique même pas comment c’est loin…). Il appelle Kwame (le président de Projects Abroad au Togo). Je sympathise avec une jeune fille dans la même galère que moi. Je récupère finalement ma valise, ressort de l’aéroport. Kwame vient me chercher, me redépose au bureau. Delphine me raccompagne finalement chez moi. A l’heure qu’il est, je n’ai toujours aucune nouvelle de Royal Air Maroc, ni de mon « vol », ni la moindre idée de quand je rentrerai chez moi. Je n’ai plus de crédit sur mon téléphone togolais, plus d’argent, mais sinon tout va bien.

(…) J’ai passé une bonne partie de mon après-midi au téléphone avec le bureau de Projects Abroad qui s’occupe des problèmes de vols, situé en Afrique du Sud, je n’imagine même pas la note que je vais me taper en rentrant. La nana me dit qu’elle me place sur le vol de mardi matin. A ce jour, j’attends toujours son mail de confirmation (on est lundi soir). Après ça, j’appelle Delphine pour la prévenir que je pars normalement mardi. Je lui dis de demander à Emmanuel de venir me chercher. Emmanuel arrive, on part chercher de l’argent et du crédit. Alors que je viens de retirer de l’argent, je reçois un message de Emilie, une jeune fille avec qui j’ai sympathisé à l’aéroport, qui m’informe que notre vol est programmé pour le lendemain à 8h. J’appelle le chef d’escale pour avoir confirmation « Oui, demain 8h Inch’Allah ». Je retéléphone à Delphine, qui m’annonce qu’elle sera chez moi à 5h30. Je finis par m’endormir comme une masse. Réveil à 4h30, je boucle ma valise pour la seconde fois, Delphine, Emmanuel et Koffi arrivent, direction l’aéroport. Je retrouve tous mes compagnons de galère d’hier. Je tiens à remercier Emilie de m’avoir prévenue, car si j’avais attendu que Royal Air Maroc me prévienne, je crois que je serais toujours à Lomé. Delphine et Koffi repartent, Emmanuel attend avec moi, probablement inquiet que le scénario d’hier se répète. Je finis par embarquer à bord de l’avion (minable pour un vol de plus de quatre heures). Je sympathise avec Olivier, le jeune homme assis à côté de moi. On m’a programmée pour faire Casablanca-Paris sur un vol qui décolle de Casablanca à 10h45, alors qu’il est absolument impossible que j’y sois. On arrive finalement à Casablanca. Dans le bus qui nous emmène au terminal, on sympathise avec Floriane et Sarah, deux autres passagères en galère. On arrive au bureau de transit de Royal Air Maroc, le même bureau où j’avais bataillé pour obtenir ma place à bord du vol Casa-Lomé. Et là commence un sketch d’une heure et demi dont je me serais bien volontiers passée. Environ 150 personnes surexcitées, brandissant cartes d’embarquement et passeports. Tout le monde a bien évidemment raté les correspondances ridicules qu’on nous avait données à Lomé. Bref, tout le monde est bien à cran. Un vol supplémentaire a été annulé, ce qui ne fait que rajouter au bordel général. On piétine une heure et demi devant une espèce de gourde, totalement empotée, qui ne connaît visiblement rien à son taf, obligée de demander sans cesse au seul mec qui semble connaître quelque chose au schmilblick. Floriane finit par obtenir une place sur le vol de 18h30, je baratine la nana en lui disant que Sarah, Olivier et moi sommes tous les trois ensemble. Elle finit par nous dégoter trois places supplémentaires. Autour de nous, tout le monde vocifère, menace, s’emporte. Un merdier indescriptible. Il fait une chaleur à crever, je dois faire appel à une patience que je ne soupçonnais pas pour ne pas arracher la tignasse de la gourdasse qui doit me sortir ma putain de carte d’embarquement. Très honnêtement, et je suis navrée d’avoir à dire ça, mais Royal Air Maroc est à ce jour la pire compagnie avec laquelle il m’ait été donné de voyager. Je n’ai jamais vu autant d’incompétence, de nonchalance et d’amateurisme combiné. Je précise également que les avions sur lesquels nous voyageons sont sales, personne ne se donne la peine de ramasser les papiers laissés par les voyageurs précédents. Je suis actuellement dans mon avion pour Paris, j’attends qu’il décolle et s’il ne s’écrase pas quelque part, je m’estimerai heureuse. Pour mes bagages, je prie. Inch’Allah comme on dit ici !

(…) J’ai finalement atterri hier soir à 22h30 à l’aéroport d’Orly. Un monde épouvantable aux tapis roulants pour récupérer les bagages. Ma valise était au rendez-vous, Royal Air Maroc a finalement dû s’apercevoir que ça allait leur coûter trop cher s’ils devaient me dédommager pour tout. Nico est venu avec la voiture, on embarque Olivier que l’on déposera à une station de métro et enfin, retour à la maison !

Le retour m’a fait un sentiment étrange. L’impression de retrouver un endroit à la fois familier et nouveau. Quelques jours seront sans doute nécessaire pour que je récupère ma vitesse de marche parisienne, mon débit de parole franco-français et le réflexe de boire l’eau du robinet. Un grand merci à tous ceux qui ont suivi ces aventures d’une Yovo au Togo (même si souvent en différé à cause des problèmes de connexion). Je vous retrouve très bientôt pour de nouvelles aventures !

mercredi 7 septembre 2016

Yovo in Togo (#7) : La dernière semaine

Samedi 20 août 2016

Désolée, déjà deux jours que je n’ai pas écrit. Hier, pas grand chose de très excitant au travail. Aleysha n’était pas là car elle devait aller au service de l’immigration récupérer son visa. J’ai donc passé ma mâtinée à discuter avec Salomé, de tout et de rien. Les enfants sont arrivés à 11h30, surexcités, difficiles à gérer, au moins 35 gamins dans une pièce de 25 mètres carrés à tout casser. On leur a proposé de nous dire les métiers qu’ils voulaient faire plus tard, et de les mimer avec une petite improvisation. Certains ont révélé de véritables talents d’acteurs. Il faut que j’achète un ballon dans la semaine et vendredi prochain, on leur fait faire des jeux dehors ! Je suis rentrée déjeuner, et l’après-midi, je suis allée acheter un drapeau pour que tout le monde signe dessus. Emmanuel avait préalablement négocié le prix sans moi (« Parce que s’il voit que c’est toi qui achète, ça risque d’être plus cher… »). Haha, j’ai donc évité le « prix Yovo ». C’était aussi le jour du départ de Sidney, une autre volontaire, du coup on est allé l’accompagner à l’aéroport et attendre un peu avec elle. Elle n’avait pas du tout envie de partir, a pas mal pleuré et ça m’a fait penser que je pars également la semaine prochaine, et que je n’ai pas du tout envie de partir non plus. Le soir, on est allés prendre un verre au « bar camionnette » avec tous les autres volontaires. Tout le monde a signé mon drapeau, de petits mots adorables qui m’ont fait chaud au cœur. Merci ! <3

Ce matin, départ de bonne heure pour Togoville, avec Aleysha et Diana. On se rejoint à l’hôtel Palm Beach, Koffi nous négocie un taxi partagé, et c’est parti. Une fois de plus, on a fini à sept dans la bagnole, avec une douzaine d’arrêts sur 30 kilomètres, et j’ai fait une partie du trajet assise sur le frein à main. On the road again ! On arrive au bord du lac Togo, il faut traverser en pirogue pour rejoindre Togoville. Et là, il a fallu négocier avec les piroguiers. Vous connaissez mon talent en marchandage, proche du néant intersidéral. Bref, Aleysha, Diana et moi nous y mettons. Il faut savoir que le prix pour les locaux est de 200 F. CFA par personne pour un trajet. Quand on lui demande le prix, le mec nous annonce : 15 000 F. CFA pour nous trois, aller et retour, soit un peu plus de 10 fois le prix. N’ayons peur de rien ! On rigole et on lui fait clairement comprendre qu’on ne paiera jamais ce prix-là. Soudainement, le prix tombe à 6 000, mais c’est encore trop cher. On paiera finalement 4 000 pour nous trois, aller et retour. Anna qui y est allée il y a environ trois semaines, a payé 3 000 par personne. On s’en tire pas si mal ! On monte donc à bord de la pirogue, trois autres personnes avec nous et une moto. Heureusement, le lac n’est pas profond. On arrive à Togoville, on se fait alpaguer par un guide, les filles ont l’air de trouver ça nécessaire, c’est pas bien cher, allons-y. Il nous montre la maison du « roi », j’ai pas exactement compris de qui il s’agissait, toujours est-il qu’il n’était pas là. On part ensuite voir la statue symbolisant l’amitié germano-togolaise. Deux femmes sont représentées, l’Allemande à gauche, la Togolaise à droite (assez facile à identifier, il suffit de regarder les nez des deux statues). On monte ensuite vers l’église, construite en 1910 pendant le protectorat allemand, peinte par un peintre italien et qui reçut la visite de Jean-Paul II (premier et dernier pape à s’être rendu à Togoville à ce jour) en 1985. On visite ensuite le centre artisanal et sa boutique (Aleysha craque pour une petite chèvre en bois). Commence ensuite la partie « vaudou » de la visite. Façade de maison ornée d’un fétiche censé éloigner les mauvais esprits, arbres à fétiches avec des pagnes en guise d’offrandes, fétiche masculin aux organes sexuels respectables, fétiche féminin, etc. Le tout commenté par notre guide. Les histoires de mauvais esprits, de féticheurs et autres me laissent toujours aussi dubitative, mais il faut être conscient de la place que cela occupe ici dans les mentalités. Par contre, quand le guide commence à nous parler d’aller rendre visite à la princesse sacrée de la forêt, en nous expliquant qu’il faut acheter une bouteille de gin, de je-ne-sais-quoi et tout un tas de trucs, je me dis que les princesses sacrées des forêts togolaises ont l’air d’avoir une sacrée descente. Bref, véridique ou pas, on n’a pas autant d’argent à mettre dans des pratiques vaudous plus ou moins authentiques. On réembarque à bord de la pirogue, à bord d’un autre taxi (on se serre à quatre à l’arrière) pendant que je laisse les joies du frein à main aux autres passagers devant. On mange un petit quelque chose à Breakfast to Breakfast (un hamburger en ce qui me concerne, et c’est probablement le truc le moins bon que j’ai mangé depuis que je suis arrivée ici). Emmanuel me ramène, petite sieste, et on repart en ville pour que je change de l’argent. Il s’est renseigné pour moi auprès de Delphine, on cherche un certain Kokou. On se fait alpaguer par d’autres changeurs devant la banque, Emmanuel s’occupe de mettre la main sur le fameux Kokou pendant que je me fais gentiment draguer par les autres. « Vous êtes très jolie. _ Ah merci. _ Française ? _ Oui. _ Vive la France alors ! ». Emmanuel finit par dénicher le fameux Kokou, qui m’échange mes euros en francs CFA avec la liasse de billets qu’il a à la main sur le trottoir. (PS : Ne faites jamais ça, mais passons). J’ai mon blé, retour à la maison, bananes plantain bouillies pour le dîner. Je suis crevée et demain je dois me lever aux aurores pour la super compétition de course sur la plage. Merci Koffi !

Lundi 22 août 2016

La journée d’hier a été trop longue et trop épuisante pour que je vous la raconte le soir-même. Je me suis donc réveillée à 4h30 (un dimanche matin, Seigneur Jésus), Emmanuel m’attendait devant chez moi à 6h00, direction l’hôtel Palm Beach où nous retrouvons Diana, Koffi et Papi. Je me rends immédiatement compte que je n’ai pas pris suffisamment au sérieux le challenge lancé par Koffi. Moi qui croyais faire deux fois 100 mètres sur la plage avant de m’affaler sur ma serviette et de glander, je m’étais lourdement trompée. Ils sont tous en fringues de sport (des tenues de footballeurs pour la plupart, Papi aux couleurs du Togo, Emmanuel à celles de l’Espagne et Koffi d’un club allemand que je ne connais pas). Diana aussi. Et moi évidemment gros boulet, je suis en jupe avec mes sandales. Qu’à cela ne tienne ! Impossible n’est pas français et encore moins togolais. On part en petites foulées, de l’hôtel Palm Beach jusqu’à la frontière avec le Ghana. Ca fait environ 2 kilomètres. Dans toute la ville, des groupes de centaines de jeunes hommes au petit trot, en chantant et au rythme de la musique. Une fois que vous avez vu ça, vous savez pourquoi ce sont toujours des Africains qui gagnent le marathon aux JO… Quand on arrive finalement à la frontière, je suis pas loin de demander une assistance respiratoire et le rapatriement immédiat vers la France, mais je finis quand même le truc. On revient en marchant, sauf pour Diana et Koffi qui continuent de se défier. Diana a d’ailleurs vaillamment défendu les couleurs de l’Europe dans cette petite compétition. Finalement, Koffi décrète que tout le monde a gagné, le Togo un peu plus que les autres quand même, et on va s’affaler sur la plage et prendre des photos pour immortaliser ce moment. En retournant prendre les motos, Koffi nous offre à tous un Fan Milk, l’espèce de glace étrange dont Anna raffole. Perso je n’ai jamais vraiment goûté, donc je prends celui au chocolat. Bon, très honnêtement, c’est pas inoubliable et je ne pense pas que ça ait un jour droit de séjour en France. En gros c’est un glaçon au chocolat avec beaucoup de sucre et de produits chimiques. Tu peux à peine le tenir tellement c’est froid, tu dois attendre que ça fonde pour le boire ou alors y laisser tes dents et la paroi interne de ton œsophage. Bref, je tente de manger le truc, m’en renverse la moitié sur ma jupe (qui était propre), j’en ai plein les mains, je finis par avaler le dernier morceau qui tombe comme une pierre dans mon estomac et heureusement qu’Emmanuel est en train de mettre de l’essence dans la moto, sinon il aurait fallu qu’on s’arrête. J’ai les mains dégueulasses, pleines de sable, de charbon, de Fan Milk fondu et de poussière. Je me laverai finalement les mains à la lessive, une grande première. L’après-midi, direction une plage privée, Tiffanie qui est revenue de Kpalimé est avec nous, les garçons nous offrent généreusement l’entrée. Koffi a amené un ballon, on joue dans l’eau (qui n’est vraiment pas chaude), puis Tiffanie, Diana et moi on va sécher sur le drap que Papi a apporté, jusqu’à ce qu’une vague plus puissante que les autres ne vienne tout tremper. Le soir, dîner à la maison et je ressors pour aller prendre un verre avec les autres. On arrive dans un bar enfumé qui me rappellerait presque Prague, un bar à chicha (ce qui figure dans le top 5 des endroits que je déteste le plus au monde), avec des expats qui jouent au billard et d’autres qui te regardent comme un bout de viande sur pattes, beurk. On ne tarde pas à sortir parce que Anna peut à peine respirer à l’intérieur et finalement, je rentre à la maison pour aller m’écrouler de fatigue dans mon lit et m’endormir comme un bébé.

Ce matin, en posant le pied par terre, mes jambes m’ont douloureusement rappelé qu’il ne fallait pas se mesurer aux Togolais sur le plan de la course à pied, je me suis traînée jusqu’à la table du petit déjeuner. Aleysha est malade et ne viendra pas travailler aujourd’hui. Martin pareil. Il n’y a que Salomé et moi au bureau, je commence à écrire mon « rapport de stage » et j’en profite également pour vous écrire ce journal.

La matinée s’est passée sans rien de particulier à noter, j’en ai profité pour commencer mon rapport de stage que je dois rendre avant de partir et pour discuter un peu avec Salomé. Je suis ensuite rentrée déjeuner, j’ai profité d’avoir du temps pour me laver les cheveux et Emmanuel est venu me chercher. Je devais tenter de retirer de l’argent à un distributeur. Le problème est que officiellement la Mastercard ne fonctionne pas au Togo (si on en croit le Guide du Routard et le site de Projects Abroad). Mais quelques recherches sur Internet m’ont permis de constater que la Banque togolaise du Commerce et de l’Industrie prenait également les Mastercard. Effectivement, je retire sans aucun problème. Je vais ensuite au bureau faire un autre feed-back avec Mar. Mar est vraiment une personne adorable, douce, souriante et une des belles rencontres de ce voyage.

Mercredi 24 août 2016

Les journées passent vite et je n’ai pas toujours le temps d’écrire (ou parfois je suis juste tellement claquée que je m’affale comme une loque et que je m’endors direct). Les journées passent vite disais-je donc. Trop vite. Je pars déjà dimanche et le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout envie de partir. Il est plus que probable que je fonde en larmes à l’aéroport au moment de dire au revoir à tout le monde, car à moins de revenir ici prochainement, il est probable que je ne reverrai pas toutes les personnes que j’ai rencontrées ici…

Hier, nous sommes allées travailler une demi-heure plus tôt que d’habitude, pour partir au village de Légbassito. On prend une voiture (à 5, ce qui semble normal en France mais est singulièrement confortable au Togo). Le chauffeur sourit en voyant mon bracelet aux couleurs de l’Afrique (vert, rouge, jaune et noir). Il a lui-même une décoration des plus originales sur son tableau de bord. Un drapeau togolais côtoie un drapeau américain, une sorte de main pendouille aux couleurs du Ghana aux côtés d’un perroquet multicolore. Le reste du tableau de bord est recouvert d’une sorte de fourrure synthétique qui ressemble un peu au tapis de mon salon en plus vieux et un peu plus déplumé. Bref, on embarque, direction Légbassito. La route est dégueulasse, des nids d’autruche de partout, Dieu merci je suis montée devant et me suis aussitôt jetée sur la ceinture de sécurité. Le chauffeur s’amuse de mes gémissements quand la voiture heurte la quatorzième ornière en un quart d’heure. Bref, on arrive au dispensaire de Légbassito. La directrice nous accueille, très gentille, explique aux femmes venues faire vacciner leurs enfants la raison de notre visite. On commence notre petit speech, Martin présente l’association, j’explique la démarche des actes de naissance, Salomé traduit en éwé. Il semblerait que les enfants ici présents aient tous un acte de naissance, ce qui n’est en revanche pas toujours le cas de leurs parents. On explique alors aux mamans comment elles peuvent elles-mêmes obtenir un acte de naissance. On remercie les femmes pour leur attention, mon fameux « Akpélo » fait de nouveau sourire et nous partons. Retour au bureau, comme c’est mardi on part à midi, bananes plantain et petits pois pour le déjeuner. Emmanuel vient me chercher pour m’emmener au bureau de Projects Abroad. Au programme du jour : atelier de peinture selon la technique batik. En gros, on a un genre de toile enduite et on doit peindre dessus. On nous prépare les toiles en nous faisant un petit dessin. Le mien représente un village avec des cases, un palmier et un petit chemin. Je décide de transgresser un peu les règles de l’art et de peindre tout le tableau dans les tons rouges, orangés et jaunes. Gilbert qui anime l’activité a l’air de penser que je suis tombée sur la tête. Si vous connaissez mon quota de patience et mon intérêt pour les travaux manuels, vous vous doutez que j’ai tout fait pour finir le truc le plus rapidement possible. Pour ceux qui ne me connaissent pas plus que ça, je déteste peindre. En fait, je déteste tout ce qui est travaux manuels. Mais je me dis qu’une fois n’est pas coutume et que c’est l’occasion de tester quelque chose de nouveau. Bref, j’ai fait de mon mieux, le résultat est ignoble mais passons. Le soir, on va dîner dans une sorte de pizzeria avec tout le monde puisque c’est le dernier soir de Diana, elle part demain. Bon, on passera sur la pizza qui n’aurait pas droit de séjour en Italie, mais on passe un bon moment. Je discute avec Mar, qui m’explique qu’elle est venue ici la première fois car elle rédigeait son mémoire sur les coutumes de veuvage au Togo. Et elle m’explique quelques unes de ces coutumes, plus ou moins surprenantes pour un esprit occidental. Par exemple, dans certaines ethnies ou certains villages, la femme doit rester recluse pendant un certain laps de temps qui suit le décès de son époux. Ledit laps de temps peut aller de quelques semaines à plusieurs mois… Elle me confirme aussi ce que j’avais déjà entendu dire, qu’à certains endroits, lorsque le mari décède, sa femme épouse le frère de son mari défunt. Koffi m’a fabriqué un bracelet aux couleurs de la France et du Togo, c’est trop mignon et il est venu s’ajouter à celui que j’avais déjà fabriqué il y a deux semaines. Diana m’offre également un de ses pantalons sur lequel j’avais flashé quand elle est arrivée. Diana est un amour et également une des belles rencontres de ce voyage. J’espère la revoir très vite, en Espagne, en France ou ailleurs.

Jeudi 25 août 2016

Hier, nous avons donc dit au revoir à Diana. Koffi (son chauffeur) était visiblement très triste de la voir partir, il avait perdu son habituel grand sourire et semblait traîner la patte à l’idée de partir à l’aéroport. Le matin, nous n’avions rien fait de particulier au travail, j’avais une sorte d’aigreur dans l’estomac qui me donnait envie de vomir (la Malarone, probablement, mais c’est la première fois que je ressentais un quelconque effet secondaire). Toutefois, une bonne assiette de riz à la sauce plus tard, le problème était résolu. Emmanuel m’a emmenée au bureau dire au revoir à Diana, et ensuite nous sommes partis à la recherche de produit à lentilles, une denrée visiblement rare au Togo. Evidemment, il m’en manque pour finir le séjour. Après avoir demandé le matin à la pharmacie de Djidjolé (ils n’en avaient pas), Mar m’avait conseillé d’aller à la pharmacie des étoiles. C’est une pharmacie visiblement tenue par une Française et ce sont exactement les mêmes produits qu’en France. Mais ils n’avaient pas non plus de produit à lentilles. Ils m’ont conseillé d’aller chez Krystal Optic, un opticien non loin de là, exactement comme en France là encore, où j’ai payé mon produit à lentilles un prix supérieur à ce que j’aurais payé en France. Mais peu importe. C’est la loi de l’offre et de la demande finalement. Une fois de plus, Emmanuel connaissait absolument tout, je cherche encore à le coller, mais en vain. Il m’explique que s’il connaît aussi bien les magasins, restaurants, bars, etc. c’est parce qu’il fait en général le taxi dans le centre-ville. « Et quand j’ai commencé à faire le taxi, je cherchais ardemment de l’argent pour rembourser la moto, alors j’allais partout ». C’est le père d’un de ses amis qui lui a acheté la moto, et il l’a remboursé petit à petit. Ca fait quatre ans qu’il vit ici et je crois que je ne connais même pas un quartier de Paris aussi bien qu’il connaît Lomé. Je rentre dîner à la maison de bananes plantain et de haricots verts. Gros dodo.

Vendredi 26 août 2016

Hier matin, nous sommes allées au tribunal avec Salomé, pour voir s’il y avait un procès. Malheureusement, il n’y en avait pas, mais nous avons pu rencontrer le juge des enfants, discuter un petit peu avec lui dans la glacière qui lui servait de bureau (la clim à 17°C, ce qui faisait un bon 10 degrés d’écart avec l’extérieur). Il nous a expliqué deux trois trucs sur le système togolais et on est ensuite rentrées au bureau. Le midi, on a mangé des pâtes à la maison, j’ai presque eu l’impression d’être de retour à Paname. Après une petite sieste réparatrice, Emmanuel m’a emmenée à Amnesty International. Le directeur n’était pas là, mais on m’a donné un numéro que je pourrai appeler pour quémander un stage. Le soir, on est allés dîner dans un restaurant à côté de chez moi, où la spécialité est du poisson braisé. Du coup, j’ai mangé des bananes plantain frites. Si ça continue, je vais me transformer en banane plantain.


Ce matin, petite douche et dernier lavage de cheveux à l’eau froide avec les seaux. Mes cheveux font sérieusement la gueule et ne semblent pas aimer l’Afrique autant que moi. Un petit tour chez le coiffeur en rentrant s’imposera. Aujourd’hui, c’est mon dernier jour de travail. J’ai apporté mon drapeau togolais au bureau pour le faire signer à Martin et Salomé. Les enfants viennent normalement à 11h et à midi, je dois rentrer car Emmanuel vient me chercher à 13h, direction Tsévié, où nous allons au tribunal pour faire modifier son acte de naissance.