jeudi 9 juillet 2015

Tryptique balkanique : Monténégro et Bosnie !

Mercredi 8 juillet 2015
Aujourd'hui, grosse journée. On se réveille dans le four qui nous sert de dortoir, complètement desséchées, et avec une seule idée : la douche. On tourne à deux douches par jour ici, et c'est vraiment le minimum syndical. Bref, douche, petit dej, et nous voilà parties pour la gare routière, puisqu'à 10h, nous prenons le bus pour Kotor, au Monténégro. C'est parti pour 85 km de route de montagne, toujours plus sinueuse et étroite, frôlant le bord de la falaise évidemment, sinon c'est pas drôle. Heureusement, notre chauffeur semble plutôt prudent (du moins, celui de l'aller...). Arrive le passage de la frontière : premier contrôle des passeports, où le mec de la douane jette un oeil au nôtre mais ne l'embarque pas (contrôle croate, Union européenne, libre circulation des personnes, tout ça, tout ça...). Deuxième contrôle des passeports : là le mec nous les embarque et nous les rend ornés d'un nouveau tampon (contrôle monténégrin). Curieusement, alors même que le Monténégro ne fait pas partie de l'UE, la monnaie en circulation est l'euro. Allez savoir... Bref, une fois passée la frontière, on se rend vite compte que le Monténégro n'est pas aussi riche que la Croatie (région de Dubrovnik j'entends). Un bon nombre de barres d'immeuble auraient besoin d'un sérieux coup de ravalement. On constate aussi que si 70% des panneaux et indications sont en alphabet latin, il en demeure encore en alphabet cyrillique, vestige de l'époque où le Monténégro était encore rattaché à la Serbie (seul état des Balkans à écrire cette langue en cyrillique). On longe toute la baie sur 30 bons kilomètres et on est forcées de constater que les bouches de Kotor n'ont pas volé leur inscription au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Les bouches de Kotor sont considérées comme un "fjord", sauf qu'on n'est pas en Norvège ni au rayon yaourts de votre supermarché préféré. Une baie archi-découpée, entourée de montagnes, où en 10 kilomètres à peine, on plonge déjà dans une eau turquoise et transparente. Sublime. On n'a pas assez d'yeux pour savourer ce paysage magnifique. Enfin, on arrive à Kotor, petite ville fortifiée entourée d'une enceinte, dont une partie grimpe tout le long de la montagne telle une petite muraille de Chine. On fait le tour de la ville, on visite une église orthodoxe, on s'achète une glace (on a fait une petit pique-nique ce midi devant le port). Ayant rapidement fait le tour de la ville, on décide d'aller sur une petite plage qu'on a aperçu. La tentation de piquer une tête est terrible, mais la perspective de passer deux heures mouillées dans le bus beaucoup moins. Finalement on se contentera de se baigner les mollets. L'eau est délicieuse, claire à se pâmer, on lance des petits cailloux dans l'eau (plage de mini-gallets) et on savoure le paysage. Vient rapidement l'heure de rentrer, on se dirige vers la gare routière pour apprendre qu'il faut rajouter deux euros sur le billet de bus au nom de je ne sais quelle réservation chelou. Bref, on n'a pas d'autre choix, on ne peut pas rester là. On constate avec une petite angoisse que notre nouveau chauffeur ne conduit pas aussi prudemment que le premier, fort heureusement, on arrivera à Dubrovnik sans encombre. En rentrant, et parce que je bave littéralement depuis deux jours que je les vois dans la baie, on décide de craquer pour 30 minutes de jet-ski. Première expérience pour Léa, lointain souvenir pour moi, et surtout première fois pour moi aux commandes. C'est encore plus grisant que dans mon souvenir. Cette petite merveille obéit à une simple pression de mon index pour nous propulser sur l'eau. Léa adore aussi, on fait quelques petits sauts, et on profite aussi de la merveilleuse vue sur la ville et la baie que ce nouveau point de vue offre. J'ai toujours adoré les sports nautiques, ne les considérant pas vraiment comme du sport, mais plus comme une source de plaisir uniquement, j'aime la vitesse, bref, le jet-ski, si j'étais riche, vous ne me verriez plus à terre. Notre petite séance terminée, on retourne à l'auberge pour se poser un peu, finaliser mon inscription à Assas (ô joie de la paperasse étudiante) et on rencontre dans la cuisine de l'auberge, Mateus, un Brésilien jovial et tout sourire, qui achève six mois d'échange à Paris et parle un très bon français. Il se joint donc à nous pour une part de pizza sur le port, on en profite pour admirer Dubrovnik by night, et on projette déjà de se retrouver à Split (il y part demain et nous vendredi). Petite glace coco pour terminer la soirée (offerte par Mateus en parfait gentleman) et on regagne l'auberge. Petit boeuf à la guitare avec notre nouveau pote, la Brésilienne de notre chambre et un Canadien de passage. Douche, brossage de dents et dodo. Demain, la Bosnie, Mostar et une grosse part de l'histoire sanglante des Balkans nous attendent.

Jeudi 9 juillet 2015
Ce matin, deuxième réveil dans notre four. Je suis absolument en nage, le tartinage de Biafine d'hier soir n'a rien arrangé, j'ai un mélange de sueur et de pommade sur la peau... Bref, une douche s'impose. Dernier petit déj' dans la cuisine de l'auberge, on laisse un petit mot à notre Brésilien que l'on reverra peut-être à Split et direction la gare routière. En bus cette fois, parce que pas question de se retaper les 30 minutes de marche avec les bagages. D'autant plus qu'à 8h du matin, il fait déjà 30°C. On monte à bord du bus (quasi vide), il a pour terminus Sarajevo mais nous descendrons à Mostar, notre unique étape en Bosnie-Herzégovine (et plus précisément en Herzégovine, Mostar étant la capitale de cette région). C'est parti pour trois bonnes heures de bus, ponctuées par la musique du chauffeur, le sourire de l'assistant et le quadruple contrôle des passeports (je déconne pas). Et avec tout ça, même pas un petit tampon pour témoigner de notre passage, snif ! Enfin on arrive à Mostar sur les coups de 11h30, il fait déjà 36°C, la mer est loin, subsiste un petit vent qui tente tant bien que mal de rafraîchir l'atmosphère. Immédiatement, on sent que l'on a changé d'ambiance. Les alentours de la gare sont beaucoup plus pauvres que ce que l'on a pu voir en Croatie. A Mostar, églises et mosquées se côtoient, clochers et minarets se partagent le ciel, jeunes femmes voilées et demoiselles en short également. Nous sommes de la deuxième catégorie, doit-on se changer ? Nullement. On se traîne en direction de la vieille ville puisque notre réservation se trouve à quelques mètres du vieux pont, le fameux Stari Most (qui a donné son nom à la ville, Stari Most, Mostar, vous me suivez ?). On s'engouffre dans la vieille ville au milieu d'une sorte de grand bazar, boutiques touristiques et marchands de glace se succèdent, le tout dans un décor à mi-chemin entre l'Orient et la culture slave. Pourquoi l'Orient me direz-vous ? La Bosnie a longtemps fait partie de l'Empire ottoman, la culture ottomane et donc turque a été très influente, les baklavas sont pas arrivés tout seuls. Quant à nous, on arrive en vue de notre auberge (hôtel ? Ici ils appellent ça "pansion"). La charmante jeune femme de la réception nous accueille et nous montre notre chambre, tout confort, salle de bains privative, climatisation et petit balcon. Que demander de plus ? Elle nous informe également qu'une boisson de bienvenue nous sera offerte si on se pointe au bar d'en bas. C'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd et comme on crève de soif après notre marche depuis la gare, une fois posées les affaires, on met direct le cap sur le bar. Cocktail sans alcool joliment présenté dans un décor digne d'un hôtel 4 étoiles. Une immense terrasse avec des tables, des canapés, des énormes coussins blancs et même un hamac dans lequel faire la sieste. Si le Guide du Routard conseillait cette "pansion" pour son excellent rapport qualité-prix, on ne s'attendait pas à un tel luxe. On savoure notre chance et ce petit moment de confort. On part ensuite à la découverte de la vieille ville, qui nous dépayse énormément. La vieille ville de Mostar et notamment le vieux pont sont le symbole de la coexistence des communautés, le pont reliant Mostar-Est la musulmane et Mostar-Ouest la croate. En 1993, les Croates détruisent le vieux pont... Les collines qui entourent la ville rappellent la cruauté des combats et se font désormais face les cimetières croate, serbe et musulman. Le 21 novembre 1995, les accords de Dayton sont signés, mettant fin au conflit. En 2004, la reconstruction du pont commence. En 2005, la vieille ville de Mostar est classée Patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, comme pour prendre le monde à témoin. Aujourd'hui la paix est revenue à Mostar et la sécurité ne semble plus poser aucun problème. La ville est pleine de touristes, énormément de Français, nous qui pensions être originales, raté ahah ! On décide d'aller manger un truc car nos céréales croates sont fort loin et on a repéré des adresses sympas dans le Routard. On se dirige vers un petit restaurant qui ne paie pas de mine, on est chaleureusement accueillies par le serveur (monsieur d'une bonne cinquantaine d'années), qui est aux petits soins pour nous. Burek à la viande, baklava dégoulinant de miel et petit thé, nous voilà repues pour une minuscule poignée d'euros. Petite parenthèse sur la monnaie : trois devises sont en circulation en Bosnie : la monnaie vraiment locale, le mark, la kuna croate et l'euro. Les prix sont la plupart du temps indiqués en kunas mais on peut payer avec ce qu'on veut. On se balade dans la ville, on pose notre séant le long de la rivière (fort fraîche comparée aux eaux plutôt chaudes de l'Adriatique), on regarde des jeunes Bosniaques sauter du haut du pont (à déconseiller, c'est quand même relativement dangereux). Laurianne gros boulet ne trouve rien de mieux à faire que de poser son postérieur en plein dans une flaque d'eau et sa chaussure gauche dans la rivière, mais vu la chaleur qu'il fait, c'est pas un drame. On visite, on monte de petit escalier en petit escalier, on remplit notre bouteille d'eau à la fontaine de la mosquée, on explore les ruelles, et comme il fait vraiment chaud, on finit par trouver refuge dans un bar installé dans une grotte. Oui vous avez bien lu. Ambiance rafraîchissante. Une petite glace et une balade plus tard, on a visité l'ensemble de la vieille ville, on se repose un peu au frais sur notre terrasse préférée et on attend que la chaleur se calme un peu. Sur les coups de 18h, on reprend la balade pour admirer la lumière sur les murs de la ville, on retourne à la rivière et comme on commence à avoir un peu faim, direction un petit resto en terrasse à côté du Petit Pont. Festin bosniaque à coup de feuilles de vigne farcies, de légumes farcies, de petites saucisses de viande hachée. Tout est absolument délicieux et on conclut le repas par un café bosniaque accompagné d'un loukoum. Alors le café bosniaque s'apparente à son cousin le café turc, c'est-à-dire qu'on laisse le marc. Pour quelqu'un qui n'aime pas le café, ça passe ou ça casse. Bah figurez-vous que ça passe pas si mal (même si à l'heure où j'écris, j'ai un chouïa du mal à le digérer). Mais c'est pas si mauvais. Enfin balade de nuit dans la vieille ville, et retour à la chambre où le plus beau nous attend : une douche et un bon lavage de cheveux.

Je tiens à souligner l'accueil adorable et la gentillesse toute particulière des Bosniaques. Toutes les personnes à qui nous avons eu affaire aujourd'hui, de la guichetière de la gare à la jeune femme de l'hôtel en passant par les serveurs, se sont montrés particulièrement sympathiques.

mardi 7 juillet 2015

Tryptique balkanique : Croatie !

Lundi 6 juillet 2015
Pompompom, le moment est venu de commencer un nouveau journal de bord. Ca faisait déjà longtemps depuis New York, je n'avais depuis fait que quelques jours à Vienne et à Varsovie mais ayant déjà visité ces villes, je n'avais pas jugé nécessaire de faire un journal de bord. Cette fois, je pars à la découverte de quatre nouveaux pays (oui, j'ai triché dans le titre mais sinon j'avais pas de rime). Je suis actuellement en salle d'embarquement à l'aéroport Vaclav Havel de Prague et attends mon avion pour Dubrovnik. Direction la Croatie et donc mon premier voyage dans les Balkans ! Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la Croatie est devenue ces dix dernières années une destination très touristique, pour une fois, personne ne me demandera ce que je vais faire dans ce pays. Et c'est sans doute par la ville la plus touristique du pays que nous commencerons ce périple. Nous ? Oui, je pars avec Léa, mais elle décolle de Paris dans quelques heures et nous nous rejoindrons donc directement en terre croate. Dubrovnik donc pour ouvrir ce voyage. La perle de l'Adriatique, une ville que je voulais découvrir depuis déjà quelques années. Je précise également pour les fanas de Game of thrones, au cas où vous l'ignoreriez mais j'en doute, Dubrovnik a servi de tournage pour King's Landing (Port-Réal en français, non ?). Bref, pour de multiples raisons, il me tarde de découvrir le centre historique de cette ville. Mon avion est prévu à 12h10, j'arrive à destination normalement deux petites heures plus tard. Léa en revanche n'arrivera qu'à 19h30. Je ne sais pas encore ce que je vais faire en l'attendant. Pour ceux qui l'ignoreraient, j'ai égaré mon porte-feuille il y a de cela moins d'une semaine, perdant par la même occasion ma carte d'identité et ma carte bleue française. Je voyage donc avec mon passeport et ma carte bleue tchèque, sauf que je ne suis pas persuadée que le virement soit parvenu à destination, je risque donc d'être sans le sou jusqu'à ce que les banques se décident à travailler. Sinon, petite nouveauté de ce voyage, pour la première fois, je ne voyage pas avec ma bonne vieille valise Samsonite mais avec un gros sac à dos. Ce qui m'a valu d'aller le déposer à "oversized luggage" parce que apparemment les bretelles et autres attaches ne seraient pas passées sur le tapis roulant normal. Quoi qu'il en soit, j'espère le retrouver à Dubrovnik et je porterai donc mes 10 kilos de bagages comme une tortue pour ce voyage.


[...] Me voilà à Dubrovnik. Enfin pour le moment à l'aéroport de Dubrovnik plus précisément. J'ai atterri il y a environ une demi-heure, récupéré très rapidement mon bagage (mes dix kilos de backpack sont arrivés à bon port), fait un tour aux toilettes pour soulager ma vessie et remplir ma bouteille d'eau. Et là, le moment de vérité : j'essaie de retirer de l'argent. Peine perdue, le virement n'est pas encore arrivé, jour férié oblige (oui, hier et aujourd'hui c'est férié en République tchèque, c'est les saint-Cyril et Méthode donc les banques sont fermées). Cela explique sans doute pourquoi je suis toujours sans le sou. Verdict : je suis condamnée à attendre Léa à l'aéroport, puisque je n'ai même pas de quoi me payer le bus jusqu'au vieux centre. Sauf qu'il est 15h30 et que Léa n'arrive qu'à 19h30 si tout va bien. Je suis donc dehors (je me pèle trop le cul dans les aéroports à cause de la clim), je bronze tranquillement au soleil en attendant le Messie, pardon Léa. Je suis avec ma bouteille d'eau, mes tranches de pain de mie (bah oui, plutôt que de le laisser moisir à Prague), un bouquin et mes bagages, une vraie clocharde.

[...] Que de péripéties... Bon déjà j'ai donc attendu Léa pendant près de cinq heures sur mon banc, entament à pleines dents le roman que j'ai emmené pour le voyage (Le Jeu de l'ange, Sandra, merci ma biche <3), lisant de fond en comble le Guide du Routard et profitant du soleil pour parfaire mon bronzage. Enfin j'ai retrouvé ma Léa sur les coups de 19h30, on a pris le bus direction la vieille ville de Dubrovnik, bien décidées à casse une graine avant de rejoindre le domicile de notre couchsurfer. Arrivées au centre de la vieille ville, nous tombons aussitôt sous le charme de cette cité médiévale au bord de l'Adriatique. Une rapide balade dans la ville suffit à établir un premier constat : Dubrovnik, c'est MA-GNI-FIQUE. Resto en terrasse car il fait très chaud et très lourd, lasagnes à la viande (influence italienne dans la nourriture locale), petite balade et nous prenons le bus direction le port de Gruz, où habite notre couchsurfer. On marche un bon moment, on a chaud, mal au dos, au bras à cause des bagages. On finit tant bien que mal par arriver chez le gars, on hisse nos bagages au quatrième étage. Et là... HORREUR, MALHEUR. On va la faire simple, c'est un taudis. Il n'y a pas d'autre mot. Je ne suis pas sûre que l'on puisse appeler ça un appartement, le truc est "en rénovation", je dirais plutôt insalubre, crade, un bordel sans nom. On a à peine la place pour bouger tant c'est un capharnaüm, inutile de demander où est-ce qu'on va dormir, je ne sais même pas où lui peut dormir dans ce foutoir. En 1 minute 30, notre décision est prise : on se casse. Verdict : on se retrouve dehors à 23h, en n'ayant pas la moindre idée de où on va dormir. Dieu merci, il ne fait pas froid. On décide de retourner dans la vieille ville, après quelques tentatives infructueuses pour trouver une auberge ou un hôtel dans le quartier. Nous voilà reparties pour 2 kilomètres à pied, mon sac pèse un âne mort et me déchire les épaules, Léa a le bras emporté par sa valise, on est en nage, mais bizarrement, on garde le moral, le sourire et on continue de raconter des conneries. "Nan mais il a craqué lui, il a cru qu'on allait dormir là-dedans, j'suis pas un Labrador non plus". Bref, on arrive enfin à la vieille ville, sauf que le problème, c'est qu'il n'y a aucun hôtel dans la vieille ville, que des chambres chez l'habitant mais aucune n'a vraiment pignon sur rue. On cherche un moment une auberge qu'on n'a jamais trouvée, finalement on se rabat sur une autre qui figure sur le Routard. La porte est fermée, seul un numéro à appeler figure sur la porte. J'appelle, une fille me répond et me dit qu'elle arrive dans cinq minutes. Finalement c'est un mec qui arrive et qui nous annonce que pour 150 kunas chacune (20 euros), on peut avoir une chambre avec deux lits jumeaux. Au point où on en est, c'est une aubaine inespérée. Hors de question de refuser. On monte au troisième étage pour découvrir une adorable et confortable chambre, des sanitaires propres, bref, après ce qu'on a vu ce soir, c'est un véritable paradis. Soulagées, ravies, on éclate de rire en se disant qu'on s'en sort vraiment bien, et le mieux, c'est qu'il y a de la place dans l'auberge pour les deux autres nuits, ce sera en dortoir mais peu importe, c'est toujours mieux que de dormir dehors. :) Douche, brossage de dents, et dodo ! Demain, la perle de l'Adriatique nous attend !
Mardi 7 juillet 2015
Ce matin, je suis comme souvent en ce moment, réveillée aux aurores. Je laisse un peu Léa dormir mais comme on est grave motivées pour aller visiter la ville, on se lève quand même assez tôt. Douche, petit dej (compris dans le prix de la chambre), et direction la gare routière pour acheter nos billets pour Kotor et pour Mostar. La fille du guichet a l'amabilité d'une porte de pénitencier, mais on arrive quand même à obtenir nos billets. On redescend une fois de plus à pied pour économiser quelques euros. Léa se dégote un chapeau de paille en chemin. On retourne ensuite dans la vieille ville et c'est parti pour la visite ! On arpente les ruelles, les petits escaliers, les places, au détour de chaque ruelle, de chaque escalier on mitraille tellement cette ville est magnifique, tellement chaque endroit est à croquer. C'est un mélange d'Italie, de Provence, de terre slave, c'est absolument superbe et le blanc de la pierre contraste divinement avec le bleu du ciel. Oui parce que bien sûr, il fait beau, chaud, presque trop chaud. Il fait environ 30°C, ce qui certes n'est rien comparé au 45°C de Shanghai, et surtout ici le vent de la mer apporte un minimum de fraîcheur mais monter des centaines de marche sous le soleil, bah ça fait transpirer. On est vite en nage, on transpire comme des veaux, on colle comme c'est pas permis mais tant pis. Ayant arpenté chaque ruelle consciencieusement, on se dirige vers le petit port et le front de mer. Petits bateaux, terrasses avec vue sur le port, on se promet de revenir déjeuner là. Finalement, joie, je reçois un SMS de ma banque tchèque m'annonçant que mon virement est arrivé, ça y est, je suis riiiiiiiiiiiiche, je me jette donc sur le premier distributeur que je croise et peux enfin rembourser Léa et retirer mes premières kunas. Oui, je ne me souviens plus si je l'ai précisé mais, même si la Croatie a fait son entrée dans l'Union européenne en juillet 2014, elle ne fait pas encore partie de la zone euro mais a conservé sa monnaie nationale, la kuna, et elle ne fait pas non plus partie de l'espace Schengen. Bref, après une bonne balade dans la ville, après avoir rempli nos bouteilles d'eau une demi-douzaine de fois aux fontaines de la ville (eau potable et fraîche partout, alléluia), on décide de se mettre en quête d'un truc à grignoter. Pour ne pas trop fusiller notre budget, on se décide pour un gros burek, à savoir une spécialité locale, sorte de gros feuilleté assez gras farci au fromage. Le truc est super bon, nous cale bien et on le déguste avec vue sur la mer, priceless. Après ça, on décide d'aller jeter un oeil à la plage. Il faut savoir qu'il n'y a pas vraiment de "plage" au sens français du terme à Dubrovnik, surtout pas de plage de sable, et que la plupart du temps, le mot "plage" signifie une dalle de béton avec une échelle pour descendre dans l'eau. On trouve ladite dalle de béton, ok, c'est pas foufou mais ça évite le sable qui colle partout, et surtout, on se baigne aux pieds des remparts blancs de Dubrovnik, dans une eau turquoise, limpide et plutôt bonne. On n'a pas nos maillots, qu'à cela ne tienne, je me jette toute habillée dans la flotte (j'ai une robe genre bain de soleil marron, donc c'est pas bien grave). L'eau est délicieuse et ça rafraîchit après notre marche de ce matin. On reprend le chemin de la vieille ville, explorons des coins encore inconnus, repassons à l'auberge déménager nos sacs dans notre dortoir sous les combles, repartons en balade, nous arrêtons nous acheter un frozen yogurt, résistons tant bien que mal à l'appel de Pirate Candy (un magasin de bonbons à faire rêver). On quitte ensuite la vieille ville pour monter le long de la colline, la végétation, les cigales, tout nous rappelle que le climat ici est profondément méditerranéen : rhododendrons, pins, cigales et autres aloès. On redescend ensuite dans la ville pour se décider à faire le tour des remparts. On nous a vendu le truc comme scandaleusement cher pour ce que c'est. Effectivement 100 kunas c'est beaucoup, mais on arrive à obtenir la réduction étudiante, le guichetier a l'air ravi de pratiquer ses quelques mots de français avec nous, le tarif passe à 30 kunas et on attaque les remparts ravie de cette aubaine. Les remparts offrent une vue magnifique sur Dubrovnik, par contre le soleil tape, tape, tape (ce refrain qui te plaît...) et on se retrouve avec de beaux coups de soleil. Ce soir, atelier Biafine. On mitraille, on arpente les remparts, on s'extasie encore et encore, on admire les jet-skis, kayaks et autre parachute ascensionnel de la baie. En redescendant des remparts, on décide d'aller chercher nos maillots de bain pour finalement faire trempette. Le soleil a tourné, la dalle est plus à l'ombre mais on pique quand même une petite tête et on profite des derniers rayons du soleil pour se sécher. On dégote des cartes postales et des timbres (la dame de la poste comprend sans aucun souci mon tchèque de maternelle et mon croate digne d'un foetus). On va à la supérette faire quelques courses et on rentre à l'auberge. Au menu : salade fraîche (tomates gorgées de soleil absolument divines), thé et petits gâteaux. On est vannées, une petite douche, une grosse couche de Biafine et dodo. Demain excursion au Monténégro pour découvrir les bouches de Kotor. Laku noc !

vendredi 3 juillet 2015

J'ai testé pour vous... Karlovy Vary !

Ce nom ne vous évoque sans doute pas grand chose, néanmoins c'est une ville où beaucoup de gens de ma classe avaient été faire un tour, et il a fallu attendre la fin juin pour que je me décide. J'arrive toujours vingt ans après la guerre.

Bref, Karlovy Vary donc. Aussi connu sous le nom allemand, Karlsbad. Située à 130 km à l'ouest de Prague, deux petites heures de bus (Student Agency toujours, on ne change pas une équipe qui gagne) et me voilà arrivée. La ville a été fondée en 1358 par Charles IV (celui du pont et de la fac, toujours lui) et est donc la plus ancienne ville d'eaux de Bohême. Dès 1522, on chantait déjà les louanges des vertus médicinales des eaux de Karlovy Vary, eau que l'on récolte dans un kalíšek, un genre de tasse canard avec un bec verseur, le tout en grignotant des oplatky (sorte de gaufrettes traditionnelles, celles au chocolat sont pas mauvaises, testées et approuvées).
Petite anecdote concernant la tasse : arrivée à la première source, qui se trouvait dans une colonnade absolument superbe et furieusement romantique, je me mets en tête d'acheter une de ces fameuses tasses, pour faire couleur locale et pour le souvenir. Les fameux kalíšek étaient décrits dans le Routard comme, je cite, "curieuses tasses canard munies d'un bec verseur". Je rentre donc dans un magasin et demande à la dame où je peux trouver des tasses canard (hrnek kachna), lui parlant donc de véritable canard et elle m'a regardé comme si j'avais complètement perdu l'esprit. Elle a fini par comprendre ce que je voulais et m'a expédié derrière le bâtiment où j'ai pu acheter ma tasse. Point de canard en vue, ahah.

Petite précision concernant Karlovy Vary : la ville se trouve être un lieu de villégiature très prisé par les "nouveaux riches" russes. Verdict, on entend parler russe de tous les côtés, les liftings sont légion et le bon goût pas toujours de mise. Quand je tentais d'aligner trois pauvres mots de tchèque, on me répondait en russe, et il fallait que je précise que nan, je ne parlais pas russe, par contre l'anglais, ils étaient pas très au point.

Bref, balade dans Karlovy Vary, arrêt réglementaire aux différentes sources, montée en funiculaire sur la colline (j'ai jamais trouvé le chemin pour monter à pied), visite de l'église russe et petit cierge habituel, etc, etc. Honnêtement, la ville est vraiment jolie mais pas très grande, une journée vous en donnera un bel aperçu et me semble suffire. Musée de la Becherovka pour les intéressés, le fameux alcool tchèque à base de plantes étant originaire de là.

Très belle architecture, promenades et colonnades romantiques à souhait.






mercredi 24 juin 2015

Český Ráj - Le Paradis de Bohême

Bon, le Guide du Routard appelle ça le Paradis de Bohême mais si on traduit littéralement, il semble que ce soit plutôt le Paradis tchèque. Bref.

Il s'agit d'un parc géologique, qui renferme de véritables villes rocheuses, formées de groupements d'aiguilles et d'arêtes autour de gratte-ciel naturels. Un vaste champ d'énormes rochers, dont le processus de formation a commencé il y a 100 millions d'années et se poursuit encore aujourd'hui (ils prennent leur temps).

L'occasion d'une randonnée en pleine nature, qui m'aura valu une semaine de courbatures (et en plus ça rime).




vendredi 10 avril 2015

Tu sais que tu commences à avoir Prague dans la peau quand...

- Les noms imprononçables des stations de métro et de tram sont devenues douces et familières. Zborovská, Staroměstská et autres Národní třida n'ont plus de secret pour toi. Même si chacun a encore sa façon de les prononcer, pas toujours très au point...

- Tu envisages de demander un abonnement au Dog Bar (le nouveau) et au Popo Café qui inclurait bière à volonté et surtout une table réservée à toute heure du jour et de la nuit (surtout de la nuit en fait, le jour tu dors). 

- L'odeur de la weed est devenue si familière que quand tu ne la sens pas, tu te dis qu'il manque un truc. Tu as aussi pris l'habitude, en revenant de soirée, de mettre automatiquement toutes tes affaires à la machine, parce que le parfum "fond de cendrier", pas très glamour. Pour les cheveux, tu as déjà descendu trois flacons de shampoing sec. *

- Tu as depuis longtemps abandonné le port de talons pour sortir (et quand tu as une rechute, tu le regrettes amèrement). Les pavés des rues pragoises t'ont découragée depuis longtemps, vivent les ballerines et les baskets !

- Tu n'aimes toujours pas les knedliky et tu fais rapidement une overdose de goulash, en revanche, tu as tes habitudes en sushis, pizzas et autres burgers. Surtout la part de pizza de 1h30 du mat', incontournable.

- Tu te mets à haïr les touristes, surtout français, et quand tu en croises, tu hurles à l'invasion.

- Tu ne t'étonnes même plus de voir ta fac envahie de jeunes femmes en jupe fendue et talons hauts. Si elles arrivent à marcher comme ça ! 

- Il est inutile que tes amis te donnent rendez-vous avant 22h, tu ne seras pas réveillé de ta sieste, et de toutes façons, personne ne se pointera avant 22h45.

- Ta consommation de McDo, Burger King, KFC et autres junk food dépasse celle des habitants du Missouri et de l'Oregon. Réunis.

- 8h du matin est désormais synonyme de fin de soirée ou au mieux de milieu de la nuit. Heure du réveil ? Non désolée, jamais avant 11h. 


* Pour info, la République tchèque a adopté une politique de tolérance envers le cannabis. Est autorisée la possession de petites doses, ndlr.

dimanche 29 mars 2015

Mes 24 ans à Prague !

Comme la plupart d'entre vous le savent sûrement, j'ai fêté mes 24 ans vendredi dernier (soit le 27 mars).

Un grand merci à mes proches (famille et amis de la famille) pour les colis de gâteaux français toujours fort appréciés parce que, si la République tchèque est un pays auquel je m'attache de plus en plus, ils ont quand même un certain problème de biscuits. Merci pour les cartes d'anniversaire qui ont traversé les frontières. Merci à mes adorables colocs pour le bouquet de fleurs et le gâteau. Merci à mes amis pour les petites pâtisseries (un Paris-Brest à Prague, si si), les chocolats, les cadeaux en tous genres (Pauline si tu passes par là, ton anniversaire est le 27 mai, compte sur moi pour m'en souvenir... ahah), merci à tous pour les messages reçus par tous les moyens de communication mis aujourd'hui à notre disposition. Merci aussi à mes potes d'ici pour la soirée, et la nuit qui a suivi ahah. Une spéciale dédicace à Jordan, mister Party, le mec à connaître quand on veut sortir.

J'avoue me sentir particulièrement vieille cette année puisque la plupart de mes amis ici ont entre 20 et 22 ans, à part Mario (il nonno di Praga ahah), mais quoi qu'il en soit, ces 24 piges ont été fêtées dignement.

THANKS TO ALL OF YOU ! <3


Mario, mon Romain préféré

Fred, le Lillois

Jordan, entre Lille et les Ardennes 

Pauline, Parisian girl <3

Pierre, notre banlieusard préféré :P

Igor et Lisa, Ukraine et Russie, mes colocs chéris

Quentin, le Toulousain(g)

Ola, ma belle Polonaise

Ewa, ma deuxième belle Polonaise

Sandra, de Reims, future Parisienne peut-être 

Lily, from Australia with love

Samantha, l'accent so british

Gaetan et Benjamin, French guys :)


lundi 16 février 2015

Mes cafés préférés à Prague !

Bientôt six mois que j'ai emménagé à Prague. J'ai assidûment fréquenté les cafés, restos, bars et autres de la ville, notamment grâce aux prix très bas des consommations et plats en République tchèque. Petite précision cependant : la République tchèque est malheureusement un des derniers pays de l'Union Européenne où il est encore autorisé de fumer dans les lieux publics. Résultat : la plupart des bars de Prague sont de gigantesques aquariums où il est quasiment impossible pour moi de respirer. On ressort à moitié intoxiqué et avec une odeur capable de décimer une meute de chacals. Très peu pour moi. Certains restaurants ont encore la technique de séparer les salles fumeur et non-fumeur. Pas tous hélas. Quand aux bars et aux boîtes, c'est nécessairement fumeur (on plaint le personnel...), ça sent au mieux la clope, au pire le joint. Quand ce n'est pas le cigare (du vécu il y a quelque jours dans un resto... Le havane en plein repas, pas jouable pour moi. Honnêtement, j'ai eu des envies de meurtre). Bref, l'avantage des cafés à proprement parler, c'est qu'ils sont plus enclins à être non-fumeurs, soit un très gros avantage pour moi. 

Voici donc mon top 5 des cafés les plus sympas de Prague (sachant qu'il me reste encore 6 mois pour allonger la liste). Adresses à noter si vous envisagez de venir dans la Ville aux cent clochers ! (oui, c'est un des surnoms de Prague pour ceux qui l'ignoreraient).

Kavárna Pražírna

Dans le quartier de I.P. Pavlova, un adorable petit café installé en sous-sol (dans un genre de cave voûtée). Service aimable et consommations bon marché. Bonne adresse pour une petite pause goûter (boissons chaudes et pâtisseries). Attention si vous voulez un chocolat chaud : le chocolat chaud à proprement parler est en fait une tasse de chocolat fondu, taille expresso. En revanche, la "Chocomella" est une tasse de chocolat chaud aux épices absolument divine ! Si vous pouvez réserver c'est mieux, c'est tout le temps blindé !

Lublaňská 676/50
120 00 Praha 2
+420 720 385 622
Tram : I.P. Pavlova (la rue qui fait l'angle avec la boulangerie Paul)






Kavárna Dobrá Trafika

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'extérieur ne paie pas de mine. Ça ressemble à une banale "trafika" (mot tchèque qui désigne la petite boutique où l'on peut acheter un peu de tout comme des clopes, des timbres, des tickets de tram, etc). Mais l'arrière-boutique est transformée en petit café hyper sympa, avec musique rétro et déco de bric et de broc. A Paname, ce serait méga bobo. Pâtisseries si vous avez une petite faim, et surtout mention spéciale pour leurs chocolats chauds, parfum au choix entre cannelle, noisette, noix de coco, etc, etc. 

Korunní 1174/42
120 00 Praha 2 - Vinohrady
+420 737 907 635
Tram : Šumavská



Patisserie Jolie

En français, s'il vous plaît ! Petit café/pâtisserie quelque part entre la place Venceslas et la place de la Vieille Ville, le long d'un marché de tout et n'importe quoi. On n'y va pas pour le cadre, qui n'a rien d'exceptionnel mais pour les pâtisseries qui sont très bonnes, assez large choix en général, boissons chaudes également. Le serveur parle tchèque, anglais et français ! Ça se veut français dont c'est un chouïa plus cher, mais rien d'affolant, on est à Prague, faut pas rigoler non plus. Adresse idéale pour un tea time. 

Havelská 4
110 00 Praha 1 - Staré Město
+420 222 212 696
Métro : Můstek



Literární Kavárna Týnská

En plein cœur de la Vieille Ville, une adresse très peu touristique, dans une petite rue derrière l'église Notre-Dame-de-Týn, la seule adresse du quartier où vous paierez votre café au juste prix pragois. Le cadre n'a rien de fou, même si le café est dans une sorte de cave, petite cour aux beaux jours, et surtout bibliothèque à disposition mais si vous parlez tchèque, parce qu'il n'y a pas d'ouvrages en langues étrangères me semble-t-il. Même la carte est uniquement en tchèque ! N'hésitez pas à tirer sur la porte en bois, parce que sinon vous penserez que c'est fermé ! 

Týnská 630/6
110 00 Praha 1 - Staré Město
+420 224 827 807
Métro : Staroměstská


Kočkafé

Si vous voulez vous essayer à l'expérience des "cafés à chat", nul besoin d'aller jusqu'au Japon ! Prague a le sien, caché dans le quartier de Žižkov, le quartier de la tour de la télé mais aussi des bars et restos tendances. Bon, certes, les chats sont un peu farouches (du moins aux dernières nouvelles), mais ils sont mignons et les chocolats chauds aux marshmallows sont délicieux. N'hésitez pas à réserver, les places sont chères ! 

Bořivojova 1102/43
130 00 Praha 3
+420 222 722 959
Tram : Lipanská



Dernier conseil : d'une manière générale, pensez à réserver ! Les Tchèques réservent tout, même les cafés ! Généralement, le personnel des cafés parle anglais, du moins suffisamment pour prendre une réservation. Enjoy ! 

J'ai oublié de le préciser, mais tous ces cafés sont équipés d'un wifi qui marche nickel, parfois le mot de passe est à demander à la serveuse. C'est toujours pratique pour poster des photos sur Instagram. Oh faites pas genre, tout le monde le fait. :P