lundi 6 octobre 2014

J'ai testé pour vous... Lidice !

Bon je vous accorde que le titre craint un peu. Ouais parce que Lidice c'est pas marrant. En gros c'est le Oradour-sur-Glane de la République tchèque. Je m'explique. Le 10 juin 1942, pour se venger de l'attentat commis contre Reinhard Heydrich par des résistants tchèques, les nazis ont rasé le village et tué pour ainsi dire tous ses habitants. Le village comptait alors environ 500 habitants. Pour justifier l'injustifiable, les nazis ont accusé les habitants de Lidice d'avoir soutenu et aidé les auteurs de l'attentat. Pour autant, la participation de Lidice à la résistance tchèque et son lien avec ledit attentat n'a jamais été prouvé. Hitler avait donné pour ordre de tuer tous les hommes, d'envoyer toutes les femmes au camp de Ravensbrück. Pour les enfants, ceux qui pouvaient être "germanisés" (en gros, qui correspondaient aux critères de la "race aryenne") devaient être envoyés dans les familles allemandes, les autres devaient être "rééduqués autrement" (ce qui signifiait gazés à Chelmno). Et le village devait être rayé de la carte. Et c'est malheureusement ce qui arriva...

Les hommes ont tous été fusillés (le plus âgé avait 84 ans, le plus jeune 14...), les femmes ont été séparées de leurs enfants et envoyées au camp où beaucoup périrent. Une centaine d'enfants ont été adoptés par des familles allemandes, ont perdu leur nom, leur identité, on leur a interdit de parler le tchèque tant et si bien que beaucoup ont fini par l'oublier... Les autres enfants ont été gazés. Le village a été rasé, et dans leur barbarie, les nazis ont été jusqu'à exhumer les morts du cimetière et couper tous les arbres du village. Lidice ne devait plus exister.

A la fin de la guerre, le massacre de Lidice a compté parmi les crimes les plus atroces commis par les nazis. Le nom de Lidice a été adopté par de nombreux villages dans différents pays du monde. La reconstruction de Lidice a été entreprise à la fin de la guerre, les survivants sont revenus dans leur village, dont il ne restait plus rien, mais à Noël 1949, les premières femmes emménageaient dans les maisons reconstruites à Lidice.

Le mémorial de Lidice est un grand parc verdoyant avec un monument circulaire et un musée. Celui-ci est très bien fait, et les informations sont traduites en français. De nombreuses photos des victimes, mais aussi des témoignages des enfants envoyés dans les familles allemandes.

La rue dans laquelle j'habite à Prague signifie "rue de Lidice".

N'hésitez pas à laisser des commentaires (je sais qu'il faut s'inscrire, que c'est un peu chiant, etc) mais ça me motive à écrire ! ;)






J'ai testé pour vous... le château de Karlštejn !

Vous ne le saviez peut-être pas mais la République tchèque est le pays qui compte le plus grand nombre de châteaux proportionnellement au nombre d'habitants. Rien que dans les environs de Prague, il y a de quoi faire. Karlštejn est sans aucun doute un des plus connus, et un des plus visités. Samedi matin, nous avons donc pris le train, toujours au départ de la gare principale, direction Karlštejn (la gare s'appelle comme le château, pratique). On marche un peu, on traverse un pont, pas difficile, il suffit de suivre la colonne de touristes qui se dirige vers le château. Et oui, comme souvent lorsqu'il y a quelque chose à voir, on n'est pas les seuls. Le château de Karlštejn est perché sur un éperon rocheux, et on va vite s'en rendre compte. Pour faire simple, Karlštejn se mérite. Une bonne montée d'environ 2 km, de plus en plus raide, et ne pensez pas y échapper en voiture, c'est formellement interdit et la maréchaussée veille au grain !

Bref, on respire à fond et on y va. On arrive juste à temps pour acheter notre billet, avaler un sandwich (j'ai réussi à faire manger un sandwich à Nico et croyez-moi, c'était pas gagné) et commencer la visite en anglais. Il existe deux visites guidées différentes et malheureusement, nous ne ferons que la première (la moins longue). Karlštejn méritera donc une seconde visite pour finir le tour du propriétaire. Notre guide est jeune, blonde, parle certes anglais mais tellement vite, en avalant tellement ses mots qu'elle est difficile à écouter. Je pense qu'un CD audio serait plus vivant et plus simple à suivre. Là encore à l'intérieur du château, les photos sont interdites, vous n'aurez donc que des clichés de l'extérieur. Le château est beau, il a été bâti par le fameux Charles IV (celui du pont et de la fac), très pieux, il a fait mettre des portraits de saints dans tous les coins. On ne visite malheureusement pas la chapelle Sainte-Croix qui est pourtant le joyau de la visite mais la restauration ne permet pas plus de 12 visiteurs à l'heure et il faut pour cela réserver. J'espère avoir le temps d'y retourner pendant mon séjour ici.

La route qui mène au château est bordé de restos, de petits magasins de babioles destinées à vous faire dépenser votre fric. On évite tout cela et on atterrit dans une taverne avec dans l'idée de boire quelque chose de chaud, de se poser deux minutes et surtout de soulager nos vessies. On arrive par miracle dans une jolie salle avec des tables en bois, et comble du bonheur une cheminée où crépite joyeusement un feu. La grosse frileuse que je suis se réjouit. Jusqu'à ce que le serveur nous explique que les tables sont réservées (à trois heures de l'après-midi, t'es sérieux mec ?), nous emmène dans une salle beaucoup moins chaleureuse, dans un décor bleu ciel genre hôtel de la plage. Dépités, on s'installe, on n'a pas de carte ni rien, on en profite néanmoins pour aller faire pipi, et vu que le serveur semble nous avoir oubliés là, on finit par se barrer. Au moins, on aura pissé gratos. xD

Retour à Prague par le train et soirée avec Anna dans un bar où les boissons sont amenées par un petit train électrique. Véridique.



samedi 4 octobre 2014

J'ai testé pour vous... Kutná Hora !

Ce vendredi, je n'avais pas cours (comme ce sera souvent le cas ce semestre), donc on en a profité pour aller visiter une autre petite ville, sortir un peu de Prague et voir autre chose. Direction Kutná Hora ! Située à 75 km de Prague, c'est loin d'être le bout du monde et la ville est classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Jusqu'au XVIè siècle, elle rivalisa avec Prague d'où la dimension des églises que nous avons visitées. On prend le métro, direction la gare principale, puis le train, une heure plus tard on débarque. Bus, direction la cathédrale Sainte-Barbe, un des trucs à visiter à Kutná Hora. La cathédrale est canon, sa construction a été commencée en 1388 pour se terminer 150 ans plus tard. Style gothique flamboyant. On monte au balcon et on descend dans la petite chapelle puisque notre billet le permet. Direction ensuite un resto car nos estomacs crient famine. Grande salle avec tables en bois, serveuses en jupe longue et ambiance taverne. Notre serveuse parle tchèque, russe, anglais et allemand, rien que ça ! Il y a d'ailleurs énormément de Russes partout dans cette ville. On met ensuite le cap sur la deuxième cathédrale, la cathédrale de l'Assomption-de-Notre-Dame. Style gothique mais beaucoup plus sobre, elle est adossée à une usine Philip Morris ! Enfin, dernière visite de cette journée, et pas des moindres, l'ossuaire de Sedlec ! Tout l'intérieur est orné d'ossements humains. La dame à qui je tends mon billet pour le faire tamponner essaie de me donner la plaque d'explications en russe mais "en français s'il vous plaît", ce sera beaucoup mieux ! Au total, plus de 40 000 squelettes ont été récupérés pour cause d'art funéraire ! On peut notamment admirer un lustre constitué de tous les os du corps humain. Particulier mais pas trop flippant.

Quelques petites photos pour illustrer tout ça !
N'hésitez pas à partager votre expérience si vous êtes allés à Kutná Hora ou si vous avez d'autres conseils de visite en République tchèque !












vendredi 3 octobre 2014

Rentrée, galères et Giuseppe Verdi !

Bon, donc lundi c'était la rentrée. Nan parce que c'est bien joli les soirées, la fête de la bière et blabla, mais Erasmus c'est quand même censé être des cours. De temps en temps. Donc rendez-vous est donné lundi à 11h à la fac de droit, antenne de l'université Charles. L'arrêt de tramway s'appelle carrément Právnická fakulta, ce qui veut dire fac de droit, oui, oui, le bâtiment est pas mal, fait assez sérieux. Je rentre, trouve sans difficulté la salle 101 et attend. Petit blabla de la responsable Erasmus, de tout un tas de gens dont j'ai déjà oublié la fonction, distribution de papiers à remplir et on nous informe qu'il faut aller chercher notre carte étudiante, qu'un code nous sera alors distribué qui nous permettra de choisir nos cours en ligne. Élève sérieuse que je suis, je commence à faire la queue pour aller chercher cette fameuse carte étudiante... Ce que j'ignorais alors, c'est que j'allais poireauter trois heures, je plaisante pas, TROIS HEURES devant ce p***** de bureau. En même temps, qui est l'idiot qui a eu la brillante idée de mettre une pauvre dame toute seule, qui ne parle pas un mot d'anglais pour 150 étudiants Erasmus, hein qui ? Carte étudiante finalement en poche, Katie et moi sommes exténuées et il nous faudra un bon gros Big Tasty Bacon pour nous remettre de nos émotions. La plupart d'entre vous le savent, la patience n'est pas ma qualité première...

Le lendemain, nous avions un petit blabla du président de l'université et vice-président qui se trouve être également notre prof de Czech Legal History (comprenez histoire juridique tchèque ou un truc du genre). Ça a duré en tout et pour tout 45 minutes et j'ai pu rentrer faire la sieste. 

Mercredi, debout aux aurores car Nicolas débarque à l'aéroport à 9h. Le chemin jusqu'à l'aéroport est plutôt simple mais prend quand même trois bons quarts d'heure. Bref, je le récupère, direction chez moi pour poser les bagages et ensuite le centre-ville pour une petite visite. Entre temps, case resto où je suis miraculeusement capable de traduire le menu du jour et de commander en tchèque sans devoir répéter quinze fois pour me faire comprendre. Y aurait-il un progrès ? Nico découvre Prague qu'il ne connaît pas, et le charme opère je crois. Je le laisse se balader ensuite car les choses sérieuses commencent et j'ai mon premier cours à 16h, le fameux cours de Czech Legal History. Le prof a l'air adorable, une cinquantaine d'années, il cherche un peu ses mots en anglais mais il a une tête tellement gentille et joviale qu'on lui pardonne sans problème. L'examen pour cette matière consistera en un devoir à rendre, 7 pages minimum sur un sujet que l'on choisira sur une liste. Plus d'infos à venir. Le cours est pas mal, présentation de la République tchèque, des régions qui la composent (Bohème, Moravie, Silésie), des minorités que compte la population (Slovaques, Juifs, Roms, Ukrainiens, Polonais, etc). En sortant du cours, direction un café avec un groupe d'Erasmus dont Fabrizio, un Italien hyper sympa de Bologne que je compte bien inscrire à la liste de mes nouveaux potes cette année. On rejoint ensuite les filles à Chapeau Rouge, un des fameux bars enfumés de la vieille ville.

Jeudi, cours de droit constitutionnel tchèque. Rien que le nom me donne des vapeurs. Le prof est très particulier, assez pince-sans-rire et ne parle malheureusement pas assez fort pour la mamie que je suis. Après ça, c'est cours de tchèque, la prof est jeune, plutôt mignonne ce qui devrait motiver la gent masculine. Par contre, on refait EXACTEMENT ce que j'ai fait pendant trois semaines. Même les pages qu'on nous distribue sont les mêmes que le cahier que j'avais. Mais bon, je révise (c'est pas non plus comme si j'étais bilingue tchèque quoi). Et le soir, opéra à l'opéra d'Etat, le même que celui où j'étais allée il y a deux ans, sauf que cette fois, c'est "Il Trovatore" (Le Trouvère) de Giuseppe Verdi. Bellissimo ! Les décors sont minimalistes mais les voix sont incroyables, surtout celle de la chanteuse incarnant Azucena, la gitane. Je pense retourner plus souvent à l'opéra, parce que c'est pas très cher ici, donc c'est carrément l'occasion.



dimanche 28 septembre 2014

J'ai testé pour vous... l'Oktoberfest !

Nous sommes dimanche, il est 16h47 et comme d'habitude ou presque, je suis en pyjama. Il faut dire que le week-end a été relativement intense. Tout a commencé jeudi soir par une soirée crêpes à la maison avec les filles, la fameuse K&H Team (l'équipe des câlins et des bisous), officiellement composée de Anna, Federica, Erminia, Hanne, Jana et moi. Vendredi, c'était mon dernier cours de tchèque, et un déjeuner était organisé par la direction du truc. Le resto choisi était plutôt sympa et moderne, et ça a été l'occasion pour moi de découvrir que le directeur du centre parlait français. J'ai ensuite fait un détour par le centre-ville histoire de m'acheter une robe bavaroise, car je pars à Munich samedi pour la fête de la bière. Retour à la maison, je prépare mes affaires et je rejoins les filles au centre-ville pour une soirée dans l'appart' de Simon et de ses collocs, un Anglais du cours de tchèque. L'appart est bondé et l'ambiance très sympa. Jusqu'au moment où le mélange vin blanc-vin rouge-vodka n'a pas vraiment réussi à Erminia, et on a décidé de la ramener chez elle car pas question de la laisser rentrer toute seule dans cet état. Bref, je vous passe les détails mais toujours est-il que je suis devenue une pro pour tenir les cheveux/sacs/écharpes de mes copines quand elles vomissent ou autre. Je repasse par chez moi vers 4h, pas le temps de dormir, je dois être à la gare routière à 5h30. Je retrouve Katie, Hanne et Jana qui sont aussi du voyage.

On met le cap sur Munich, je m'écroule dans le bus, la tête sur l'espèce de tablette, j'ouvre un œil quand on s'arrête pour m'acheter un maxi chocolat chaud et je me rendors. On arrive à Munich vers midi, direction l'Oktoberfest (ou fête de la bière, pour ceux que l'allemand rend malade). L'Oktoberfest se déroule sur une espèce d'énorme terrain, pas du tout dans le centre-ville de Munich. Et la première chose que l'on se dit c'est : oh la vache, c'est blindé. Clairement, il y a un monde fou, plein de stands de trucs à grignoter, de petits souvenirs à acheter et aussi bien sûr, les grandes baraques avec les tables et les bancs en bois où les bières se servent au litre. La queue pour les toilettes dépasse l'imagination, on attend patiemment notre tour quand une fille nous dépasse, la main sur la bouche et on s'écarte rapidement car là, elle va vomir, c'est sûr. La plupart des gens sont bourrés, évidemment, et il serait difficile de ne pas l'être, mais l'ambiance reste bon enfant et la sécurité veille au grain. On marche un peu dans le truc, c'est immense, les files d'attente pour rentrer sont démentes, on finit par s'acheter une saucisse à un petit stand parce qu'on a la dalle. Une currywurst plus tard, on arrive à entrer par miracle dans un biergarten. (Jana, Hanne et moi avons désormais nos robes bavaroises et cela va particulièrement bien à mes deux Belges préférées). L'espèce de videur est sympa et nous laisse rentrer. Première bière pour les filles (et ce n'est qu'un demi !). J'ai oublié de dire que Barbora, une superbe Slovaque aux yeux bleus à vous faire fondre, s'est jointe à notre petit groupe. On retrouve ensuite Pierre-Jean, un Français du cours de tchèque, dans un autre biergarten. Et là on a découvert le côté vraiment arnaque de l'Oktoberfest. PJ et les filles avaient acheté leur litre de bière (je pouvais à peine soulever le truc tellement c'était lourd), une place se libère sur un banc donc on va pour s'asseoir quand une serveuse nous fait comprendre que nous ne lui avons pas acheté la bière à ELLE mais à une de ses collègues et que donc, on ne peut pas s'asseoir. J'avoue avoir trouvé cela particulièrement exaspérant, et heureusement que je ne bois pas et que j'étais donc dans mon état normal car sinon je lui aurais versé son litre de bière sur la tronche. Bref, c'était le côté vraiment abusé de l'Oktoberfest, où il faut quand même savoir que la bière est loin d'être bon marché (11 euros le litre), ce qui après les pintes pragoises à moins d'un euro a fait tout drôle aux autres larrons. Une des attractions du truc c'est quand un participant, homme ou femme, décide de s'envoyer son litre de bière d'une traite, auquel cas il monte sur la table et sous les encouragements des autres, se descend allègrement sa chope. Déjà pour les hommes, c'est loin d'être sexy selon moi mais alors pour une femme, c'est le pompon. Ce qui est marrant, à l'Oktoberfest, c'est que c'est en gros tous les clichés que les Français peuvent avoir des Allemands qui se trouvent réunis en un seul et même lieu. Je tiens à souligner que le costume traditionnel bavarois est quasi incontournable et que nous sommes loin d'être les seuls. Je dirais que 70% des participants sont habillés comme ça. Bref, l'Oktoberfest c'est marrant, c'est à faire une fois même si on ne boit pas, mais clairement j'irais pas tous les ans et j'y dépenserais pas des fortunes comme certains.

Vers 18h, on a rejoint le groupe pour une visite officiellement guidée de la ville et c'est là que le truc est devenu un peu plus relou. En gros, les organisatrices du truc étaient plus bourrées que nous, le groupe avançait à deux à l'heure, du coup on les a largués et on est allés se faire notre petit tour de Munich nous-mêmes. On les a rejoints pour ensuite aller dans une boîte, j'avoue un blanc entre 2h et 2h30 car il me semble que je me suis endormie, toujours est-il qu'on a repris le bus vers 3h30, qu'on est arrivés à Prague à 9h, que j'ai un mal de crâne pire que si c'était moi qui avait bu de la bière mais sinon ça va. Demain, les choses sérieuses commencent, début des "vrais cours", donc fini de rigoler. Enfin c'est Erasmus quand même donc ça devrait aller. :)








mercredi 24 septembre 2014

Mes colocs et autres petites nouvelles !

Aujourd'hui 24 septembre, c'est l'anniversaire de ma coloc. Ce qui m'a fait penser que je ne vous avais pas encore présenté les deux personnes avec qui je partage l'appart' et qui seront je n'en doute pas parmi les très bonnes rencontres de cet Erasmus. Mes colocs sont donc Lisa et Igor. Lisa, ou Elisaveta pour les pas intimes, est une adorable Russe de 19 ans tout juste, qui vient de la ville de Tcheliabinsk, dans les montagnes de l'Oural. Elle est arrivée à Prague pour faire ses études supérieures, elle est donc ici depuis un an mais avait passé sa première année dans un dortoir, elle est arrivée dans l'appart une semaine avant moi environ. Elle étudie l'économie et l'informatique dans une université (pas la même que la mienne) et du coup, elle parle tchèque, en plus du russe et de l'anglais évidemment, sinon je sais pas comment on communiquerait. Elle est super et je sens que de nombreuses soirées papotage-thé-chocolat Milka sont à prévoir. C'était donc son anniversaire aujourd'hui. Debout à 7h, je sortais de la salle de bains, en étais à l'étape où je coupais consciencieusement ma banane dans mon bol quand j'entends la porte d'entrée claquer. Tiens, quelqu'un est déjà debout à cette heure ? (Sachant qu'en général je suis la première levée). Et je vois Igor, emmitouflé dans un manteau (il fait déjà un froid de gueux, 4°C ce matin, on est le 24 septembre, je flippe), un bouquet de fleurs dans une main et un gâteau au miel dans l'autre. Allumage de bougie, et on monte réveiller Lisa à coups de "Happy birthday" en russe, anglais et français.

Il me faut donc vous présenter Igor, le troisième larron. Ukrainien de 24 ans, il travaille ici dans une boîte où si j'ai bien compris il négocie avec des entreprises qui veulent vendre leurs produits dans l'Union européenne, il parle ukrainien, russe et anglais et est souvent en déplacement en Allemagne ou en Ukraine pour son job. Il est super cool aussi et je dois dire que j'ai eu beaucoup de chance pour les colocs car on s'entend bien et on rigole bien.
Petite précision culturelle, le gâteau au miel ce qu'on appelle ici et en Russie aussi je crois "medovik" est un genre de génoise garnie d'une crème au miel, c'est archi sucré mais pas mauvais. On s'est mangé ça tous les trois avec une petite tasse de thé en rentrant en fin de journée. J'ai aussi offert deux petits produits de chez The Body Shop à Lisa, parce qu'elle est vraiment chou.

Sinon, le début de semaine a été plutôt calme. J'ai déjeuné avec Katie, ma copine anglaise, dans un "Running sushi", le genre de resto avec un tapis roulant sur lequel défilent toute une série de petits plats et on prend ce que l'on veut. En général, dans ce genre de trucs, on paie à la fin selon le nombre d'assiettes vides que l'on a sur la table mais ici c'est un forfait et c'est à volonté. Les sushis ne sont clairement pas ce que je préfère, mais c'était marrant de changer et ça faisait très plaisir à Katie, alors c'était cool. Hier soir, j'étais partie pour me joindre à une énième soirée dans une boîte mais après avoir passé une bonne heure et demi dans un bar enfumé avec les filles, j'ai eu tellement mal à la tête que je suis rentrée me coucher. Je puais la clope à dix kilomètres et j'ai dû m'asperger les cheveux de shampooing sec pour ne pas m'auto-asphyxier dans mon lit. Cet aprèm, après le cours de tchèque, McDo avec Katie avant d'aller visiter le musée Mucha au centre ville. La sortie est organisée par le bureau Erasmus et est donc gratos, ce qui est toujours bon à prendre. Nous partons en compagnie d'un Cubain étudiant à Prague qui est chargé de nous montrer le chemin. Il est marrant et très bavard, et vit à Prague depuis dix ans. C'est intéressant aussi d'avoir le point de vue d'un autre étranger qui est là depuis un bon moment. Il nous laisse à l'entrée et c'est donc toutes les deux que nous faisons la visite puisque ça n'a guère motivé les foules. A tort, car le musée est super et pourtant Dieu sait si je suis difficile niveau art. Alfons Mucha est donc un artiste tchèque, qui a étudié à l'université de Munich avant d'effectuer la majeure partie de sa carrière à Paris en tant qu'affichiste (surtout pour le théâtre), pour ensuite immigrer aux Etats-Unis. Il revient finalement à Prague, où il est arrêté par la Gestapo car membre de la franc-maçonnerie. Finalement relâché, il décède quelques jours plus tard d'une pneumonie. Son oeuvre est fraîche et d'une grande douceur, principalement des portraits de femmes dans un style un peu féerique, onirique. C'est très difficile à décrire mais une rapide recherche sur Google vous en dira davantage. J'ai aussi fait un détour par la boutique souvenirs du musée, donc surveillez vos boîtes aux lettres ! Bref, j'ai vraiment beaucoup apprécié la visite et c'était drôle de voir ici la majeure partie des affiches en français et de se dire que ces belles affiches avaient jadis orné les façades des théâtres parisiens.

La fin de semaine s'annonce intense. J'organise une crêpe party demain chez moi avec les filles, suivie d'une soirée en boîte, aprèm' avec Magda vendredi et probablement une autre soirée avant de mettre le cap sur Munich samedi matin aux aurores pour l'Oktoberfest (la fête de la bière pour ceux qui seraient fâchés avec la langue de Goethe). Je pense que dimanche je dors toute la journée. Sans oublier le fait que j'ai demain mon test final de tchèque, et que je suis censée faire une présentation à l'oral de Paris vendredi (mais loooooooooool !). Ahoj !

dimanche 21 septembre 2014

Croque-monsieur, Nebe et nouvelles rencontres !

Je sais, le week-end n'est pas encore fini mais je crois que je peux d'ores et déjà commencer à vous en faire un petit résumé. Il faut dire qu'il a globalement commencé jeudi soir. Soirée de début d'année organisée par Student Zone, un genre de bureau Erasmus. La soirée est au Nebe, une boîte hyper centrale puisque située juste sur la place Venceslas. J'avais promis à mes colocs de leur faire un truc français, me voilà donc de mission croque-monsieur. Faire les courses n'avait déjà pas été simple, le jambon n'a rien à voir avec celui de chez nous, le gruyère râpé est une denrée rare et assez chère mais le pompon, c'était la crème. En gros ici, il n'y a pas de crème fraîche mais un genre de crème liquide un peu aigre qu'ils appellent "smetana". Qui n'est pas non plus ce que les Russes appellent "smetana"... Bref, je prends un pot un peu au pif sachant que je ne sais pas ce que signifie l'autre mot sur l'emballage. Mon coloc me dit que j'ai bien choisi puisque ce que j'ai pris est ce que l'on appelle smetana en Russie et du coup, je crois que je vois à peu près. Sauf qu'en fait, la smetana, qu'elle soit russe ou tchèque, n'est pas de la crème fraîche de Normandie et que pour une recette de croque-monsieur, c'est pas le top. En gros, le problème principal est que la smetana ne se chauffe pas. Dès qu'on la chauffe, ça se transforme en une espèce de lait caillé pas fou. Bref, les croque-monsieur étaient loin d'être les meilleurs de ma vie, mais Lisa l'a mangé (elle est sans doute polie) et Igor m'a dit qu'il aimait vraiment (il a même mangé le dernier qu'il restait).
J'ai ensuite pris la direction du centre-ville, accompagnée d'Igor qui devait retrouver une amie au centre-ville. J'avais mis une paire d'escarpins, j'ai frôlé l'entorse une demi-douzaine de fois, maudit les pavés pragois sur vingt générations et fini par retrouver Anna sur la place. On a rejoint les autres qui mangeaient dans un petit resto et on a fini par mettre tous ensemble le cap sur la boîte. A l'entrée on nous distribue une petite carte où il faut écrire notre prénom et le pays d'où l'on vient et se l'accrocher sur le col. J'ai l'impression d'être un gigot sur l'étal d'un boucher mais tant pis. En rentrant dans la boîte, on reste un peu dubitatifs. Il n'y a pas grand-monde, la quasi totalité de l'espace est occupé par des tables genre tables de bar. On danse où dans l'histoire ? Bref, on prend un verre, on se pose et on attend un peu. Finalement l'ambiance commence à prendre quelques temps plus tard, bientôt la boîte est pleine à craquer d'étudiants Erasmus et finalement on danse entre les tables. Je rentre vers 2h, en tramway comme d'habitude. Réveil à 7h le lendemain, aïe.

La journée de vendredi a été un peu difficile, vu que tout le monde était plus ou moins crevé (selon l'heure à laquelle s'était terminée la soirée) et on avait un air encore plus bovin que d'habitude devant les questions de la prof. Je suis rentrée, je me suis fait un plat de spaghettis avec la smetana version lait caillé, et je me suis effondrée sur mon lit vers 15h pour me réveiller à 19h... Soirée à la maison en solo puisque Igor et Lisa sont de sortie.

Hier, un "ice-breaking meet-up" est au programme. Pour ceux qui seraient fâchés avec la langue de Shakespeare, une rencontre destinée à "briser la glace". Soit. Rendez-vous est donné à la sortie d'une station de métro, sauf qu'il pleut et que la version parc se transforme en "on tente de s'abriter sous les auvents mais c'est un peu merdique". La nana qui organise le truc nous distribue des étiquettes avec un mot et on doit retrouver les autres personnes du groupe. En gros, j'avais le mot "Robin Hood" (Robin des Bois), je faisais donc partie de l'équipe des films Disney et je devais retrouver les autres. Je me retrouve donc attablée avec Becky, une jolie petite Anglaise, Mayeul, un Français de Grenoble, Camille de ma classe de tchèque, un Allemand à moitié italien et une Portugaise que j'aurai envie de claquer dix minutes plus tard. Heureusement, les autres sont sympas. Ça a l'air de royalement emmerder la Portugaise qu'il y ait autant de Français (c'est vrai que l'on est clairement en grande majorité parmi les étudiants Erasmus, mais bon c'est pas non plus la théorie du complot). J'échange deux phrases en français avec Mayeul et elle lève les yeux au ciel en mode "Oh French people ALWAYS speak French" (Les Français parlent toujours français). J'ai failli lui demander si elle avait vécu une mésaventure particulière avec des Français mais j'ai préféré faire un sourire hypocrite. Cinq minutes plus tard, elle commence à déblatérer sur les Tchèques, qui sont soi-disant impolis, désagréables, qui ne parlent pas anglais et de toutes façons, le tchèque c'est impossible à apprendre, et ça ne sert à rien. Je crois que ça m'a encore plus énervée que le reste. Meuf, mais qu'est-ce que tu fais là ???
Par contre, Becky est adorable et semble très étonnée que l'on connaisse Norfolk. Ma géographie anglaise est pourtant assez limitée mais quand même... Federica, Jana, Hanne et Hind finissent par arriver, en compagnie d'une Allemande que je ne connais pas mais qui se révélera très sympa. Elles nous rejoignent à notre table, mais comme on est tous plus ou moins mouillés et qu'on a froid, on finit par quitter le parc et se réfugier dans un café beaucoup plus chaleureux. Iida, la compagne de chambre finlandaise de Becky est aussi de la partie. On prend tous de quoi se réchauffer et on finit par manger là, autour d'une grande table. Iida est très sympa aussi. Federica et les autres décident de se joindre à une fête organisée dans un appart assez loin du centre, Jana est fatiguée et rentre se coucher, Mayeul et moi on met le cap sur le centre de la vieille ville illuminé la nuit et particulièrement canon. Je finis par rentrer et papote un peu avec Lisa avant d'aller me coucher.

Aujourd'hui; le même genre de truc est prévu sauf que comme il doit encore pleuvoir, ils ont eu la bonne idée de transférer le truc dans un bar, ouf ! Récit à venir ;)