lundi 2 mai 2016

La belle Andalouse : Séville, J4.

Dimanche 1er mai 2016


C’est notre dernier jour à Séville, et bien entendu c’est aussi un jour férié, en France comme en Espagne. On range nos affaires et on laisse nos bagages dans l’appartement puisque ce sont Yolanda et Jorge qui les récupèreront avant de nous redéposer à l’aéroport dans l’après-midi. On se dirige vers notre petit bar d’hier pour le petit déjeuner, le serveur nous reconnaît, on déjeune de nouveau en terrasse sous le soleil malgré un petit vent qui rafraîchit un peu trop l’atmosphère à mon goût. On marche ensuite jusqu’aux arènes. Evidemment, hors de question pour moi d’assister à une corrida, je suis absolument contre ce genre de pratiques d’un autre âge, cruelles et inutiles. On jette un œil à l’arène mais on ne voit rien de l’extérieur. On remarche ensuite jusqu'à la Plaza d’Espana et on loue une petite barque. Nico s’attelle à la rame car après mes exploits de Slovénie, on ne va pas prendre de risques supplémentaires. Après la barque, on se balade un peu dans le parc et on rentre déjeuner dans le centre-ville dans un petit bar à tapas que l’on avait déjà repéré mais où nous étions arrivés trop tôt la veille (12h30, ils en étaient encore au petit déjeuner…). Là, nous sommes « à l’heure », enfin à l’heure espagnole, et on commande une demi-douzaine de tapas. Je commande, je commande, et le serveur finit par me stopper d'un "mucho", qui signifie globalement, basta ma fille, tu pourras pas tout manger. Effectivement, les portions sont encore plus généreuses que la veille et on a presque du mal à finir, c’est dire ! Mention spéciale pour le salmorejo, sorte de crème de poivrons que nous avions déjà goûtée et particulièrement appréciée. Service sympathique comme partout. Enfin, c’est le moment de prendre le chemin de l’appartement de Yolanda et Jorge pour que ce dernier nous raccompagne à l’aéroport. On a préféré éviter de tester les transports en commun un dimanche et jour férié de surcroît. Jorge nous dépose à l’aéroport, on patiente un bon moment et on embarque. On est actuellement à bord de l’avion pour Paris-Beauvais et vu à quel point cet aéroport est paumé, on n’est pas encore arrivés.

(...) Après une bonne heure et demie de bus, plus vingt minutes de métro qui nous ont fait jurer de ne plus jamais arriver à Beauvais, on est bien rentrés à la maison. Petit choc thermique en sortant de l'avion (on a perdu environ 15°C...) et on garde plein de merveilleux souvenirs de cette ville magnifique qui nous a d'ores et déjà donné envie de découvrir le reste de l'Andalousie. Hasta pronto !

La belle Andalouse : Séville, J3.

Samedi 30 avril 2016

Nuit de nouveau assez agitée toujours à cause des moustiques. On se réveille finalement une heure plus tard que prévue histoire de récupérer un peu. Le soleil a finalement décidé de se lever sur Séville et j’attaque cette journée en short. On part en quête d’un petit déjeuner que l’on prendra sur une terrasse au soleil. Je parlemente avec le serveur, sans carte ni anglais pour m’aider, et je ne suis pas mécontente, même si ma prononciation de « naranja » (orange) est toujours un peu laborieuse. On marche jusqu’à la Casa Pilates, une maison construite toujours dans le style mudéjar, et absolument somptueuse. Visite guidée du premier étage en anglais et flânerie dans les jardins du rez-de-chaussée. Orangers, azulejos et petites fontaines sont une fois de plus au rendez-vous. 

On se dirige ensuite vers un autre quartier de la ville, la Plaza d’Espana et le parc Maria Luisa. On passe par le fameux quartier du Barrio de Santa Cruz, dans les petites ruelles qui font le charme de Séville. On marche un bon moment, le soleil est à son zénith, il fait de plus en plus chaud, un thermomètre affiche 30°C. On arrive enfin à la Plaza d’Espana et je tombe immédiatement amoureuse de cette place, tant elle est parfaite, harmonieuse et mise en valeur par le soleil éclatant. Un bâtiment en arc de cercle, bien dégagé, autour duquel un mini-canal permet à quelques rameurs amateurs de s’adonner à la barque. Le bâtiment date de 1929 seulement et a été construit pour l’Exposition universelle. Il est tout simplement magnifique. On se balade ensuite dans le parc, Nicolas attrape deux oranges qui poussent sur les nombreux orangers de la ville, et on finit par rebrousser chemin direction le centre pour le déjeuner. On arrive au centre sur les coups de 14h45 mais ici, on est parfaitement dans les temps. Comme on en a un peu marre de marcher, qu’on a faim, soif, chaud, on se rabat sur le premier truc que l’on croise, l’attrape-touristes par excellence, attirés par ses petites tables à l’ombre. On limite la casse en choisissant les mini-sandwichs et on s’en tire pas trop mal. On décide de s’accorder un petit dessert et pour cela, on met le cap sur un glacier signalé par le Guide du Routard, Bolas. Evidemment, comme toutes les adresses du Routard, l’endroit est pris d’assaut par les Français, haha. On choisit les parfums typiquement espagnols/andalous vantés par le guide, turron (sorte de nougat espagnol) et Sevilla Mora (mélange de cannelle, de cheveux d’ange et de je ne sais quoi, un DELICE !!!). On déguste ça dans un petit parc et on décide ensuite de s’adonner à cette grande tradition espagnole : la sieste. On rentre à l’appartement pour un petit somme, la chaleur soudaine nous ayant fatigués et la soirée s’annonçant encore chargée. Dodo d’une petite heure. Et on repart, direction la Casa della memoria, pour un spectacle de flamenco traditionnel que j’avais préalablement réservé. On récupère nos billets, on boit un petit verre dans un bar en attendant le début du spectacle et on s’installe. Les artistes arrivent, un guitariste, une chanteuse, un danseur et une danseuse. La chanteuse a un certain âge (environ 50 ans), le guitariste est plus jeune, les danseurs aussi. Le spectacle commence, la femme chante d’une voix incroyable, je ne saisis hélas pas les paroles des chansons mais le ton suffit à transmettre les émotions. Je suppose que les thèmes sont les thèmes classiques du flamenco : l’amour, Dieu, la mort, etc. Les danseurs sont géniaux, l’ambiance est très intimiste et les prestations sont saluées par les « olé » des quelques spectateurs espagnols. En ressortant, on emprunte une petite ruelle pour rejoindre un restaurant que l’on a sélectionné sur le guide. Là on entend une sorte de fanfare dans la rue. Intrigués, on jette un œil. Et on se retrouve derrière une procession, mais genre une procession de MALADE ! La procession où une dizaine d’hommes portent une sorte de statue en argent, couverte de fleurs, d’orfèvrerie et visiblement à la gloire de la Vierge ou d’une quelconque sainte. Le tout est précédé par une douzaine de prêtres, une vingtaine de personnes habillées sur leur 31, une autre dizaine de femmes âgées dont certaines arborent une mantille noire qui tombe jusqu’aux chevilles et les autres la même chose mais en blanc. Le tout est agrémenté de cierges plus gros les uns que les autres. Enfin, une fanfare d’environ 30 musiciens de tous âges ferment la marche. Le tout fait un bon 800 mètres de long. On reste bouche bée. Je savais bien sûr que les processions existaient encore en Espagne, notamment pendant la Semaine sainte (la semaine entre les Rameaux et Pâques), mais on n’est pas du tout pendant ladite semaine, et quand je demande à un Espagnol de quoi il s’agit, il me répond que c’est une procession « normale » qui a lieu semble-t-il toutes les semaines. Véridique. On s’amuse pas mal de la procession, surtout quand on voit la rangée de baskets blanches sous la statue. La dizaine d’hommes qui portent le truc sont relayés tous les environ 300 mètres et portent une sorte de torchon sur la tête pour les protéger du poids. Bref, je ne m’attendais véritablement pas à ça. On arrive enfin au resto. La carte est très variée, extrêmement alléchante, et on commande une demi-douzaine de tapas. Tout est absolument excellent et les portions sont généreuses. Nicolas finit même par commander un véritable plat, un poulpe à la plancha avec des légumes. Délicieux repas en terrasse et on rentre se coucher. 

La belle Andalouse : Séville, J2.

Vendredi 29 avril 2016


Aujourd’hui, c’est notre anniversaire avec Nicolas. Trois ans que nous sommes ensemble. Le réveil a été un peu difficile pour Nicolas qui a passé une partie de la nuit à se battre avec un moustique tandis que je dormais paisiblement. On se lève, on se prépare et direction une jolie pâtisserie que l’on a repérée pour un petit déjeuner. On goûte les tostadas, sorte de pain grillé recouvert d’huile d’olive, et de tomate ou de jambon. Le tout arrosé de jus d’orange, ce qui signifie incontournablement ici une orange pressée. C’est bon, et on mange ça sur une petite terrasse. Malheureusement, il ne fait pas super beau, le ciel est assez couvert et il fait encore un peu frais. On se dirige ensuite vers la cathédrale, pour commencer les choses sérieuses. Quarante minutes d’attente pour pénétrer dans ladite cathédrale. Mais on ne les regrette pas, la cathédrale est incroyable, d’une taille défiant l’imagination. Il paraît que ses constructeurs auraient dit qu’ils souhaitaient construire « une cathédrale si grande que les gens penseraient que nous étions fous ». Effectivement ! On visite entre deux groupes de Chinois et de Français. Une fois de plus, nos compatriotes sont omniprésents. On monte ensuite dans la tour, la Giralda, bonne montée à pied mais ce ne sont pas des escaliers, car ceux qui l’ont construite souhaitaient pouvoir y accéder à cheval. Rien que ça ! Arrivés là-haut, on bataille pour accéder à la vue et prendre quelques photos. Une chose est absolument saisissante lorsque l’on regarde Séville d'en haut : la ville est quasi exclusivement blanche. Le blanc est la couleur archi dominante, alors que si l’on regarde Paris de la sorte, c’est plutôt le gris. On aperçoit au loin les arènes, le palais, etc. On visite ensuite le jardin attenant à la cathédrale, le Jardin des Orangers, absolument ravissant. En ressortant, direction un bar à tapas pour déjeuner. On goûte une sorte de purée de poivrons dont j’aurais pu faire une consommation industrielle ainsi que les traditionnels petits morceaux de jambon ibérique, les olives, etc. En ressortant, direction le Real Alcazar. L’entrée est hors de prix pour Nicolas (9,50 euros !!!) et beaucoup plus raisonnable pour moi (2 euros, tarif étudiant). En revanche, les audio guides sont indistinctement à 5 euros. Non seulement les audio guides sont chers mais en plus les explications ne sont vraiment pas inoubliables, quoi qu’en dise le Guide de Routard. Franchement, vous pouvez garder vos 5 euros. Le palais est magnifique, construit dans un style mudéjar incroyable, les jardins invitent à la détente et à la rêverie à coups de fontaines, azulejos et orangers. En ressortant, on décide de s’acheter un petit goûter, on tente la pâtisserie du matin mais elle est littéralement prise d’assaut, on se rabat sur quelque chose dans notre quartier, on finit à l’appartement avec trois grosses pâtisseries/viennoiseries. Elles sont bonnes, mais j’ai quand même une grosse préférence pour nos viennoiseries françaises. Après ça, Nico ayant repéré un restaurant dans le guide, on part dîner. Je mets exceptionnellement des talons, histoire de dire de ne pas y aller en Converses. En arrivant, le resto est archi bondé, on est sur liste d’attente. J’avoue que je supporte de moins en moins de devoir patienter je ne sais combien de temps pour un resto, je trouve cela très rarement justifié et ça me tape rapidement sur le système. Rajoutez à cela que je suis en talons hauts et que rester debout devient vite très pénible. 50 minutes plus tard, alors que je suis à deux doigts de porter plainte pour actes de torture et de barbarie envers mes pieds, on nous file enfin une table. Personnellement, je ne tombe pas en extase devant la cuisine dudit resto, surtout après 50 minutes d’attente debout. Leur mi-cuit de foie gras est une vulgaire mousse de canard et leurs deux croquettes ont leurs copines chez Picard. C’est pas fondamentalement mauvais, c’est raisonnable niveau prix mais ça ne méritait pas 50 minutes d’attente, car ça n’a rien d’inoubliable. En revanche, si vous voulez tester l'ambiance archi-bondée à la sévillane, l'adresse est parfaite. On décide d’aller se prendre un petit dessert sous forme de frozen yoghurt et on rentre ensuite (en clopinant en ce qui me concerne). Buenas noches !

vendredi 29 avril 2016

La belle Andalouse : Séville, J1.


Jeudi 28 avril 2016

Nouveau voyage, nouveau journal, vous commencez à avoir l’habitude. Court séjour de 4 jours dans le sud de l’Espagne, en Andalousie et à Séville plus précisément. Ce voyage sera l’occasion pour Nicolas et moi de fêter nos 3 ans de relation. Mais oui, souvenez-vous, il y a trois ans Pékin et la Grande Muraille de Chine. Bref, nous bouclons nos bagages et quittons notre appartement parisien. Ayant étudié les 1 001 façons de se rendre à l’aéroport d’Orly, j’ai évidemment retenu la moins onéreuse. Trois métros plus la quasi totalité de la ligne de tramway depuis Villejuif. Pour moi c’est gratuit, vacances scolaires et carte Imagine’R dézonée oblige, pour Nicolas, c’est 3,60 euros, on est loin des 7 ou 8 euros de l’Orlyval et des 10 euros pour aller à Roissy. Un bon plan pour les Parisiens fauchés qui seraient amenés à se rendre à Orly ;)

Bref, nous arrivons, et c’est pour moi l’occasion de pousser un mini-coup de gueule. Ce n’est pas souvent mais devant tant d’imbécillité, je me dois a minima de la signaler. Nous arrivons donc à Orly, là deux espèces de vigiles nous attendent, et nous demandent d’ouvrir nos sacs. On passera sur le fait que je suis obligée de répéter trois fois bonjour avant qu’il ne me réponde… Et on insistera sur le fait qu’ils « fouillent les sacs » (ou plus exactement jettent un coup d’œil dans ton sac à mains), par contre on trimballe notre valise au bout du bras mais jamais on ne nous la fera ouvrir. Alors très sincèrement, l’état d’urgence, laissez-moi rigoler. Dois-je également signaler qu’on ne nous demande pas nos papiers d’identité, jusqu’au dernier moment, où juste avant d’embarquer, on nous demande de les sortir avec notre carte d’embarquement et le gars y jette un regard archi-furtif en scannant notre papelard. En un mot, tout ceci n’est qu’une vaste plaisanterie qui pourrait être drôle si leurs approximations n’avaient pas fait 130 victimes le soir du 13 novembre. Je referme la parenthèse.

J’en ouvre une nouvelle pour un autre mini-coup de gueule et après, promis j’arrête de râler. Nous voyageons avec Transavia, compagnie low-cost d’origine hollandaise, que j’avais déjà pris plusieurs fois pour faire Prague-Paris et inversement. Jusqu’à présent, cette compagnie m’avait semblé tout à fait correcte. Sauf que là, est-ce à cause de la grève des contrôleurs aériens, je ne sais pas, toujours est-il que leur organisation est navrante. Nous avons droit avec notre billet à un bagage en cabine, je me suis donc décarcassée pour trouver une valise adéquate, limiter les vêtements que j’emmenais, trouver des formats voyage pour tous mes cosmétiques, et aller acheter des sachets de congélation pour les transporter. Et c’est alors qu’on m’annonce que le vol est plein et qu’il va falloir mettre ma valise (ainsi que celle d’une bonne trentaine de passagers) dans la soute. Horreur, malheur. Je suis déjà passablement agacée de m’être enquiquinée à tout trouver en mini-format, agacement qui atteindra son maximum lorsque je me rendrais compte que les coffres à bagages sont vides et qu’il était totalement inutile de nous séparer de nos bagages. Plutôt que de taper un scandale devant tout le monde, je me défoule sur Twitter, où la community manager de Transavia me répond que cela arrive en cas de vol surchargé et quand je lui envoie une photo des coffres à bagages vides en lui demandant si elle appelle ça un coffre surchargé, elle est obligée de s’excuser platement en me disant qu’elle fait remonter l’information pour que cela ne se reproduise plus. Le vol se déroule sans autre encombre, à part un mini-retard d’un quart d’heure dû évidemment à la grève et nous atterrissons à Séville sous le soleil et un thermomètre qui affiche un agréable 24°C. Je laisse tomber le Perfecto et le gilet, on récupère notre malheureuse valise, et on sort de l’aéroport.

Je me dois d’apporter une petite précision concernant notre hébergement. C’est la première fois que j’utilise AirBnB pendant un de mes voyages. J’ai sélectionné un petit studio sur le site, échangé plusieurs mails avec une femme absolument charmante, tout est organisé et son mari doit venir nous chercher en voiture à l’aéroport pour nous déposer à l’appartement. En effet, deux minutes plus tard Jorge arrive au volant de sa Citroën, avec un petit garçon d’environ 9 ans (Marco) à l’arrière. Nous montons à bord, Jorge porte la barbe bien fournie et des tatouages de barbelés sur les avant-bras, il écoute une sorte de pop serbe que son fils chantonne à côté de moi, il est super sympa et parle un anglais un peu hésitant mais tout à fait compréhensible. Il nous explique toutes sortes de choses sur Séville, et après une conduite un peu musclée, nous arrivons à l’appartement, qui n’est pas exactement dans le centre touristique mais dans un quartier un peu plus authentique. Nous faisons le tour du patio (on se croirait dans un film d’Almodovar), pour grimper au premier étage. L’appartement est adorable, exactement comme sur les photos, Jorge nous donne le mot de passe du wifi et nous explique toutes sortes de choses sur la carte. Pour notre première soirée, nous décidons de suivre ses conseils et allons dîner du côté de la place Almeida de Hercules, la place avec les fameuses colonnes, vaste, aérée, très agréable. On dîne dans un bar à tapas appelé Duo Tapas, c’est super bon, pas très cher et incroyablement bien présenté. Tortilles frites aux petites crevettes (que j’ai laissé à Nico mais j’ai quand même goûté et ça aurait pu passer), croquettes de poulet, aubergines frites, patatas bravas et viande de porc avec un oignon rouge dont j’aurais pu me faire exploser la panse tellement c’était bon. Le tout arrosé d’une bière pour Nico et d’un « zumo de mélocoton » pour moi. Kesako ? C’est tout simplement un jus de pêche-abricot. Petite dédicace à mes parents qui m’ont emmenée tant d’années en Espagne, sur la Costa Brava, où j’ai dû boire des litres et des litres de jus d’abricot tant et si bien que près de quinze ans après, je me souviens encore du mot. 

Petit topo sur la langue tant qu’on y est. Si l’espagnol fait généralement moins se dresser les cheveux des Français sur leur tête que le tchèque ou le polonais, pour moi il est quasi tout aussi inconnu car je n’ai jamais eu la moindre minute de cours d’espagnol de ma vie. Tout ce que je connais en espagnol vient de mes vacances de gosse, de quelques films et chansons et de ce que l’on peut connaître de manière générale d’une langue. Autrement dit pas grand-chose. Evidemment, l’espagnol, pour un francophone, c’est 1 000 fois plus facile que le tchèque ou le polonais, on est d’accord. On comprend sans effort environ 70% de ce qui est écrit, l’italien m’aide pour un 15% supplémentaire, toujours est-il que quand je demande à une serveuse si on peut juste prendre un verre et que j’enchaîne sur la commande l’air de rien, je ne suis quand même pas mécontente de moi. Je précise aussi que l’espagnol n’est pas ma langue préférée, désolée, d’où le fait que je n’ai jamais cherché à l’apprendre, mais il faudra un jour que je m’y mette, puisqu’elle ouvre les portes de l’Espagne mais aussi de la quasi totalité de l’Amérique centrale et du sud. (Je sais, exception faite du Brésil, c’est pour ça que je disais quasi). 

Nous voilà donc attablés dans notre resto à tapas, on a essayé de respecter les horaires d’ici, il est donc un bon 22h quand on sort de table, mais je crois qu’on est encore un peu en avance. On marche dans les rues, on arrive jusqu’au monument moderne en forme de champignon, on tourne un peu, l’ambiance de Séville est très particulière. Beaucoup de monde dans les rues et aux terrasses. Finalement, on rentre complètement claqués et gros dodo.


PS : J’ai oublié de le signaler mais l’appartement a, je pense, le pire vis-à-vis au monde. En tendant bien le bras, je pourrais serrer la paluche du voisin d’en face. Qui chantait en calbut en se faisant à bouffer. J’adore.

lundi 24 août 2015

Mes restos préférés à Prague !

Je quitte Prague dans trois jours, je suis déjà nostalgique, je me devais donc, avant de partir, de partager avec vous mes adresses préférées. Certains me diront qu'il n'y a pas beaucoup de restaurants de cuisine tchèque dans ces adresses mais croyez-moi, quand vous passez un an en République tchèque, vous avez parfois envie d'autre chose que de knedliky et de goulasch.

Néanmoins, commençons par les fondamentaux.

Pour de la bonne cuisine tchèque à prix corrects

Déjà, fuyez impérativement les restos du centre historique et des quartiers très touristiques, la cuisine n'est pas bonne, les prix exorbitants et l'ambiance attrape-touristes au possible.
Si vous cherchez une bonne adresse :

Kozlovna Lidická
Lidická 796/20
150 00 Praha 5
Tram : Zborovská

Un resto avec deux grandes salles, une fumeur et l'autre non-fumeur et même une terrasse aux beaux jours. Cuisine tchèque honnête et à prix raisonnables, service courtois. Leur fromage frit est vraiment top et ils ont la bière Kozel (la noire), qui a même convaincu ma mère !

Pour les meilleurs burgers de Prague

Marre des knedliky et du fromage frit ? Envie d'un bon burger et de frites maison ? Dans le quartier de Vinohrady, à quelques pas de Náměstí Míru, une excellente adresse. Les burgers sont délicieux, originaux, les frites se mangent sans faim et le service est cool. Surtout si vous avez la chance de tomber sur ma serveuse préférée, une jolie jeune femme aux airs de Daenerys, blonde platine et à l'enthousiasme communicatif. Pensez à réserver, c'est souvent blindé ! Bon appétit !

Dish
Římská 1196/29
120 00 Praha 2
Tram : Náměstí Míru / I.P. Pavlova

Pour les meilleurs sushis de Prague (et de votre vie)

Au bout de deux mois à base de genou de porc et de bœuf bouilli, vous tueriez pour un peu de poisson cru enrobé dans une feuille d'algue ? Je compatis totalement. Il faut savoir que les sushis sont loin d'être la nourriture la plus cheap à Prague, c'est souvent relativement cher par rapport au reste. Evidemment, pas d'accès à la mer, donc du poisson qu'il faut importer, etc. Fuyez les chaînes types Planet Sushis, etc, qui vous feront payer vos sushis plus chers qu'à Paname. Rabattez-vous sur cette petite adresse dans Žižkov qui ne paie pas de mine mais vaut carrément le détour ! Tenue par des Vietnamiens, leurs sushis sont fondants, frais, bref, vraiment le top ! Allez, de rien.

Sushi Tam Da
Perunova 13
130 00 Praha 3
Tram : Perunova

Pour ceux qui n'ont pas ma super recette de pancakes

Vous vous réveillez un samedi matin (jeudi, vendredi, dimanche, etc...) affamé avec une (légère) gueule de bois ? Envie d'un bon brunch style outre-Atlantique. Prague a ce qu'il vous faut ! Une adresse dans Prague 7, ok, c'est un peu loin mais leurs pancakes sont vraiment bons. Mise en garde quand vous lirez "pancakes" sur les menus à Prague en général. Il faut prendre en compte les problèmes de traduction. Parfois, sur les menus en anglais, vous verrez écrit "pancakes" mais si vous regardez le menu tchèque, c'est "livance". C'est une recette typiquement tchèque, une sorte de pancakes riquiqui, pas mauvais certes, mais qui n'a rien à voir avec les "vrais" pancakes de l'Oncle Sam qui vous calent pour un moment. Ici, ce sont les vrais. Noyés de sirop d'érable, évidemment.

Bohemia Bagel Holešovice
Dukelských Hrdinů 906/48
170 00 Praha 7

N'hésitez pas à partager vos bonnes adresses en commentaires ! <3

mercredi 19 août 2015

Beautiful Istanbul #2

Lundi 17 août 2014
Une fois de plus le temps est passé tellement vite que je n'ai pas eu le temps d'écrire. Je suis actuellement en salle d'embarquement, j'attends mon avion pour rentrer à Prague. Samedi matin, nous avions décidé de nous accorder une croisière sur le Bosphore, tout le monde nous le conseillant. On chope le bus hop-on, hop-off, on s'en sert comme d'un taxi pour nous emmener au port où on achète nos billets. On embarque sur un gros bateau, direction le Bosphore jusqu'à son embouchure qui donne sur la mer Noire. Le long du trajet, c'est l'occasion de découvrir quelques uns des monuments les plus somptueux d'Istanbul comme le palais de Dolmabase, la mosquée qui jouxte le palais, etc, etc. Temps magnifique, petite brise rafraîchissante, que demander de mieux. Ah si, si on avait pu éviter la horde de Chinois visiblement atteints d'une grave maladie dont le premier symptôme est la prise frénétique de photos, ça aurait été mieux... Mais la perfection n'étant pas de ce monde, on doit faire avec les Chinois hystériques. On arrive à un minuscule port juste avant la mer Noire, pas grand chose à faire dans le coin à part quelques restos hors de prix et attrape-touristes à souhait qui ont juste le privilège d'être au bord de l'eau. On tourne vite en rond dans le port minuscule, donc après une glace et un verre en bord de mer, on décide de traverser et de poursuivre le trajet en bus. On traverse donc pour un autre minuscule port, on dégote le bus, et c'est parti pour 40 bonnes minutes debout, avant de finalement descendre à Dolmabase, pour reprendre notre bus touristique et faire enfin le trajet presque en entier. Avec le bus, on traverse le pont du Bosphore, et sa vue magnifique. On passe par la place Taksim mais ce sera pour le lendemain. De retour au port initial, on décide de reprendre un autre bateau pour se rendre cette fois sur la rive asiatique. Istanbul étant la seule ville au monde à être établie sur deux continents, c'est marrant de se dire qu'on va faire un tour en Asie. Nous voilà donc aux bornes où acheter les jetons pour le bateau. Je mets un petit billet de 10 livres turques, mais la machine ne me rend pas ma monnaie. Un gamin qui tourne autour des machines me dit qu'elle ne marche pas. Je n'ai récupéré que deux des six livres que j'étais censée avoir. Je suis sur le point de laisser tomber, on s'éloigne un peu quand on se rend compte que ce petit connard de môme a en réalité foutu un chewing-gum dans la machine pour empêcher les pièces de tomber et que ce petit con est en train de récupérer notre monnaie. Nicolas lui tapote sur l'épaule "C'est ma monnaie ça.", "Ah bon, vous êtes sûrs...", "Ouais ouais". On récupère donc notre monnaie mais soyez vigilants à ce genre d'arnaques si vous allez à Istanbul. On part sur la rive asiatique, mais il n'y a pas grand chose à faire dans le quartier où on arrive, à part une mosquée. On finit par trouver une sorte de café qui s'est installé sur les marches qui descendent sur la mer, coussins et petits verres de thé, le soleil se couche doucement en face de nous, petit moment de détente. Au moment de regagner la rive européenne, et donc de racheter les fameux jetons, on est nettement plus méfiants. Et quand une môme qui machouille un chewing-gum à côté des machines commence à nous observer, on prend la poudre d'escampette. Finalement, on arrivera à acheter nos jetons sans problème, et on regagne la rive européenne. Resto dans le vieil Istanbul, qui est l'occasion pour nous de fêter à la fois le nouveau poste de Nico et ma licence de droit. On se fait donc plaisir, Nico teste le raki (alcool turc au goût d'anis très similaire à son cousin grec, l'ouzo), moi l'ayran et le jus de pastèque. Mousaka, pièce de boeuf recette ottomane pour Nico, la soirée se termine paisiblement dans une petite ruelle de Sultanahmet.


Dimanche, on décide de visiter enfin la citerne-basilique, c'est une citerne qui date de l'époque romaine, et est en réalité une forêt de colonnes de marbre. L'endroit vaut vraiment la visite malgré le tarif d'entrée un peu cher (et non compris dans le Istanbul Pass). Petite remarque : nulle part à Istanbul, je n'ai vu de tarif étudiant à l'entrée des monuments ou des choses à visiter. Les tarifs sont relativement élevés, heureusement les mosquées sont gratuites. Bref, la citerne-basilique vaut vraiment le coup d'oeil, elle est partiellement remplie d'eau et surtout de poissons notamment des carpes assez énormes (de quoi nourrir toute une famille tchèque pour Noël). En ressortant, on décide de partir enfin visiter la ville moderne. On reprend notre bus touristique préféré, et nous voilà partis direction la place Taksim. La place est grande, et est le centre de la vie à Istanbul. On redescend une longue rue piétonne et commerçante, petit tour dans les boutiques mais à part un stand The Balm, rien de fou. On tombe finalement sur un Shake-Shack, mais si vous savez ce fast-food new-yorkais qui m'avait fait saliver en février. Pause déjeuner avec les fameuses cheese fries. On reprend la balade, et on finit par tomber sur un tekke, une communauté de derviches-tourneurs. Les derviches-tourneurs sont une communauté musulmane dont les membres effectuent une sorte de danse, tournant sur eux-mêmes jusqu'à l'extase. Ils dansent une main levée, celle qui reçoit la parole divine, et une main vers le sol, celle qui la transmet aux hommes. Ils sont vêtus de sortes de tuniques à jupe blanche en forme de corolle, qui tourne au rythme de la danse. Atatürk ayant interdit les derviches-tourneurs dans les années 1920, il n'en existe plus aujourd'hui que quelques communautés, à Konya et à Istanbul. L'occasion donc de découvrir cette prière qui m'a toujours fascinée. Le spectacle est à 17h, on en profite pour faire un petit tour dans les ruelles adjacentes, s'accorder une pause chocolat froid-cartes postales dans une petite cour, et on assiste ensuite au spectacle. Ca a sur moi un effet à la fois hypnotisant et soporifique. Je suis fascinée par le spectacle et en même temps, cette vision de vêtements blancs tournant tous ensemble m'empêche de laisser mon regard au même endroit, sous peine de m'assoupir immédiatement. En ressortant, on décide de descendre les ruelles jusqu'à la tour de Galata, pour ensuite rejoindre Sultanahmet par le pont de Galata. On arrive sur le port au moment où les pêcheurs reviennent, et font cuire le poisson qu'ils servent ensuite en sandwich. La chose a l'air populaire et une véritable foule se presse sur le quai du port. Avant de rentrer à l'hôtel, petit passage chez Hafiz Mustafa, le spécialiste du baklava et du loukoum depuis 1840 (?). Razzia, on rentre ensuite à l'hôtel et gros dodo bien mérité.


Je suis rentrée à Prague depuis quelques jours. Notre dernière matinée à Istanbul a été plutôt relax, on a profité d'être ensemble, fait un dernier tour dans Sultanahmet et dégusté une orange pressée (boisson courante et bon marché en Turquie). On a ensuite rejoint l'aéroport en transports en commun (économisant au passage 35 euros...), et nous avons pris nos vols respectifs pour Prague et pour Paris. Vol agréable de nouveau avec Turkish Airlines et retour à Prague avec une météo digne d'un mois d'octobre (15°C et pluie sans discontinuer, la météo est schizo dans ce pays). Istanbul aura clôturé en beauté les voyages de cette année, d'autres destinations viendront probablement mais le rythme sera évidemment moins soutenu pour cause de cours dignes de ce nom (master 1 droit international à partir de fin septembre). Merci à tous pour avoir suivi ces aventures stambouliotes, et à très bientôt ! Peace.